Editorial n°942
En cette fin d’année
Le projet de loi sur les OGM reprend les
principales recommandations du Grenelle de l’Environnement en garantissant
notamment les principes de précaution et la responsabilité des producteurs. Le
texte transmis ces derniers jours au Conseil d’Etat annonce la couleur en
prévenant d’entrée que les Organismes Génétiquement Modifiés ne peuvent être «
commercialisés, cultivés ou, utilisés » que dans le respect de l’environnement
et de la santé publique et « en toute transparence ».
Le projet de loi institue un registre public des parcelles concernées. Enfin, il
est prévu d’instituer un comité de préfiguration d’une haute autorité sur les
OGM. Il est légitime de penser que dès avant la fin de l’année, une présentation
sera faite en Conseil des Ministres et que le Parlement adoptera cette loi avant
la fin de la prochaine session. Celle-ci se terminant le 9 février 2008, les
agriculteurs français pourront alors acheter des semences OGM, le délai pour
effectuer les semis étant suffisant.
Il est donc pratiquement acquis que nous aurons ce type de cultures dans nos
campagnes, sans que pour autant les risques de dissémination soient connus et
quantifiables à ce jour. Quant à proposer une assurance pour ces risques,
sachant que les réassureurs des compagnies excluent de les couvrir, les
souscripteurs se trouveront devant un niveau de prime que personne ne pourra
supporter.
Enfin qui assurer ? Celui qui sème ou celui qui pourrait être touché par une
contamination ?
Et nos ruchers dans tout cela, comment seront-ils traités par rapport aux
implantations des cultures de maïs ?
C’est pour ces motifs et afin de savoir ce que pensent faire nos élus nationaux
que nous avons adressé à chacun d’eux un courrier. Nous avions déjà agi de la
sorte au niveau des parlementaires européens, voici quelques semaines, bilan :
une réponse. N’était-il pas plus sage de se donner une année de réflexion
supplémentaire ?
L’intérêt des pollinisateurs, de l’abeille en particulier, nous semble bien loin
des préoccupations du législateur…
Au niveau européen, tant à Madrid qu’à Bruxelles, le groupe de travail « miel »
du COPA COGECA s’est également intéressé aux OGM, non pas en prenant position
pour ou contre mais en tentant de définir ce que l’on attend en terme de tests
d’homologation, de contraintes liées aux emplacements des ruches, de
responsabilité juridique de l’apiculteur en cas de contamination d’un champ
conventionnel ainsi que d’étiquetage.
Concernant ceux produisant des pesticides, ils devraient être homologués
uniquement après avoir subi les tests requis lors de l’homologation des
pesticides eux-mêmes.
Mais la difficulté réside dans le fait qu’il n’existe pas de tests définis pour
évaluer l’impact des pesticides systémiques sur les abeilles. Cela pose problème
pour évaluer celui par exemple des OGM de type BT.
A l’issue de ces deux réunions, un projet, en fait une proposition a été
adoptée. Reste à en connaître son devenir ?
Côté France, la menace que représente Vespa Velutina se confirme avec
malheureusement pas de responsable désigné pour intervenir, chacun des
Ministères se passant « la patate chaude »…. alors que voici trois ans, il eut
été aisé de stopper cette invasion.
Et l’on reparle également pour les apiculteurs d’un guide de bonnes pratiques.
Voici deux ans, nous avions déposé un projet qui s’est depuis beaucoup amélioré,
totalement finalisé. L’Administration nous demande maintenant de le partager
avec d’autres, au motif qu’elle n’en retiendra qu’un seul.
Décembre est traditionnellement le mois de la sérénité et de la joie. Oublions
le quotidien et consacrons-nous pour quelques temps au bonheur et à la joie de
nos familles.
Bonnes Fêtes à tous et en particulier aux enfants.
Y. VEDRENNE
Editorial n°941
Grenelle… Grenelle ?
Grenelle, lieu symbolique : il me rappelle
ces acquis sociaux et inespérés, effectivement mis en place, au siège du
ministère des Finances de l’époque…
Grenelle de l’environnement : symbole habillé de vert à l’issue duquel le
Président de la République devait notamment déclarer : « Je veux revenir sur le
dossier des OGM : la vérité est que nous avons des doutes sur l’intérêt actuel
des OGM pesticides ; la vérité est que nous avons des doutes sur le contrôle de
la dissémination des OGM ; la vérité est que nous avons des doutes sur les
bénéfices sanitaires et environnementaux des OGM. Je ne veux pas me mettre en
contradiction avec l’Union Européenne. Mais, dans le respect du principe de
précaution, je souhaite que la culture commerciale des OGM pesticides soit
suspendue. Ceci en attendant les conclusions d’une expertise à conduire par une
nouvelle instance qui sera créée avant la fin de l’année ».
Et d’ajouter : « Il est grand temps de prendre au sérieux l’usage croissant des
produits
pesticides dont les agriculteurs sont les premières victimes ».
Plutôt que de parler OGM qui dans certaines situations bien encadrées et
sécurisées, permettent notamment de créer de nombreux médicaments, ne devrait-on
pas dire PGM (plantes génétiquement modifiées), comme par exemple le maïs BT.
Celui-ci est résistant aux pesticides. Ceux-ci circulent dans la plante, s’y
accumulent dans toutes ses parties.
Que deviennent-ils même à des doses infimes dans le lait ou la viande ? Quels
sont leurs effets sur nos abeilles ? Y aura-t-il une procédure d’homologation de
ces substances concernant leur innocuité pour nos abeilles ?
Nous avions demandé, voici de nombreuses semaines dans les ministères concernés,
la mise en place d’un projet de recherche : silence radio.
Finalement, ce Grenelle de l’environnement fut d’abord celui de la communication
environnementale et nous nous acheminons vers un projet de loi. Comment
pourra-t-il dans sa rédaction protéger par exemple les agriculteurs « bio » (20
% dans les années à venir, a-t-on entendu),
préserver le libre exercice de l’apiculture… sans être en contradiction avec
l’Union Européenne, tout ceci naturellement avant les semis de printemps comme
le souhaite le président de la FNSEA.
Les scientifiques, les professionnels de l’économie, les élus entrent en lice.
Discrète, mais bien présente,
l’administration reste aux commandes. Aura-t-elle le dernier mot ?
Tout reste à écrire, tout reste à recommencer… mais avec quel budget ?
Y. VEDRENNE
Editorial n°940
Confort et avenir ?
Ce confort relatif dans lequel notre société s’est progressivement installée
est un confort qui se paie et, pour les prochaines décennies, au prix fort.
Au plan national, il s’agit maintenant de choisir si nous persistons dans une
certaine forme d’erreur ou si au contraire nous voulons contribuer à l’avenir de
nos enfants. La France, avec son « Grenelle de l’Environnement », ne peut
prétendre vouloir tout régler tout au moins dans ce domaine, à moins que cela ne
soit un moyen de mieux s’affirmer lorsque notre pays assurera la présidence de
l’Union Européenne.
Dans l’instant, ce processus qui se poursuit avec la publication des synthèses
des travaux des 6 groupes et des deux ateliers inter groupe a laissé peu de
place aux abeilles. Tout juste, une fiche de proposition du groupe de travail n°
2 figure à l’annexe 13.
Encore faut-il constater que cette proposition émane d’une association avec
laquelle le SNA entretient d’excellentes relations. Votre syndicat national, en
particulier, malgré de multiples demandes et offres de participation, n’a pas
réellement été entendu.
À l’évidence, les mesures visant à limiter ou exclure certains pesticides et OGM
n’ont pas soulevé l’enthousiasme des Chambres d’Agriculture non plus que de la
Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants. Les réserves formulées par ces
deux organismes ont permis que cette annexe 13 ne soit pas débattue en séance.
Elle existe et il faudra bien qu’on y revienne.
Dans cette perspective, le Sénateur de la Manche, président de l’inter groupe
sur les OGM, a fait l’objet d’une démarche par notre Administrateur, ancien
président des apiculteurs de ce département.
À bien y regarder, les groupes de travail n’ont pour la majorité, pas encore
fait de propositions concrètes susceptibles d’un consensus conduisant à une
vraie rupture avec les politiques actuelles.
Les rapports posent des principes et font un état des lieux des positions des
différents acteurs. À ce stade, les apiculteurs sont frustrés.
À l’issue de cette première phase, France Nature Environnement inscrit entre
autres à l’actif des participants une proposition de projet de loi sur les OGM
avec plusieurs consensus sur les points clés de son contenu, une proposition de
relance de l’agriculture biologique. Au passif, nous observons une absence de
mesures fortes et de rupture en matière de santé environnement, une absence
également trop fréquente de précisions sur les financements de ces mesures,
leurs objectifs, surtout leur calendrier et un manque de temps pour traiter tous
les sujets. Nous ajouterons qu’une nécessaire négociation doit aboutir en ce qui
concerne les insecticides vis-à-vis de nos abeilles mais aussi de tous les
insectes indispensables dans la nature qui, eux, n’ont pas de défenseurs. Il ne
faudrait pas que ce premier acte ait eu essentiellement pour vocation de « faire
causer ».
Des propositions concrètes, ambitieuses, chiffrées et financées doivent voir le
jour et au-delà de l’avenir de nos abeilles, c’est bien l’avenir de nos enfants
qui est en jeu.
Y. VEDRENNE
Editorial n°939
Depuis quelques semaines...
Depuis quelques semaines, il ne se passe pas un jour sans que les médias nous parlent « Abeilles ». C’est ainsi qu’un ancien premier ministre, un ministre d’état actuel affirment dans un bel élan qu’il faut les protéger.
Les apiculteurs des états membres au sein du groupe de travail miel au COPA COGECA feront le point début octobre, à Madrid, sur la problématique OGM.
La contamination possible des plants traditionnels de maïs par nos abeilles, la présence de pollen dans les trappes et dans les miels, les éventuelles difficultés rencontrées par les transhumants à proximité de ces cultures, les législations déjà adoptées par certains pays de l’Europe de l’Est seront à l’ordre du jour. Il apparaît nécessaire que se dégage un consensus si nous sommes obligés de subir ces cultures.
Pour le maïs, le risque de pollution est repéré. Il sera bien différent avec les crucifères, nombreuses dans la nature, généreusement visitées par nos abeilles, désignées alors comme un vecteur de contamination avant d’être un vecteur de pollinisation.
Nous ne pouvons accepter d’être les partenaires d’une modification fondamentale et irréversible de l’environnement, encore moins d’être montrés du doigt.
Nous avons privilégié, nous le faisons encore, la réflexion et le dialogue mais il devient nécessaire d’avoir des réponses à nos attentes. Le Grenelle de l’Environnement sera-t-il la première ouverture …. ? Nous n’en sommes pas persuadés d’autant que les mesures qui vont être prises resteront franco françaises. Il aurait été préférable d’envisager plutôt un Bruxelles de l’Environnement.
Autre information des médias qui n’est pas d’une certaine façon, sans lien avec la précédente et a largement rempli les colonnes de nos quotidiens et hebdomadaires : la disparition de milliers de ruches dans l’ensemble des états américains et au Canada depuis un an et surtout l’apparition de ce phénomène en Espagne qui représente pratiquement le quart des abeilles domestiques de l’Union Européenne.
Il ne faut pas nier que les variations climatiques, la présence quasi constante de la varroase, le déclin de la biodiversité doivent être pris en compte. Ce serait aller un peu vite en besogne et nier l’impact des produits phytosanitaires dont l’efficacité est particulièrement redoutable, même à des concentrations réduites. Selon l’INRA, l’exposition à des faibles doses répétées peut avoir des effets plus importants que de fortes doses répétées ou non. Nous sommes déjà en présence d’un insecte qui lutte sur plusieurs fronts à la fois. La colonie finit par s’épuiser quels que soient les soins de l’apiculteur. A ce jour, même l’AFSSA n’a pas réussi à mettre sur pieds un réseau de suivi des pertes.
Lorsque celles-ci sont constatées, qu’aucune maladie n’est décelée par les services sanitaires concernés, aucune autre piste, exceptée parfois celle d’un empoisonnement accidentel n’est envisagée. Il faudrait se donner les moyens pour d’autres investigations : l’aide européenne est tout indiquée. De l’Espagne viendra peut-être dans les prochaines semaines une explication rationnelle sur les causes.
Autre souci localisé en Alsace et en Bourgogne : le retour de la chrysomèle qui nécessitera malheureusement en 2008, l’utilisation sur les maïs d’un insecticide connu. Quelles seront les mesures prises à l’égard des apiculteurs concernés par la présence de ces cultures autour de leurs ruches ?
Un court instant, regardons du côté de l’Afrique où depuis trois ans des problèmes se posaient : moins de miel, disparition des essaims, absence de captures et brusquement, fin juillet, découverte de varroas en quantité sur du couvain de mâles dans les ruches près de Dakar. Le parasite est donc également sur l’abeille africaine.
Quelles que soient les situations, c’est toujours l’homme que l’on retrouve.Y. VEDRENNE
Editorial n°938
Les conditions météo...
L’euphorie qui s’était emparée de nombreux apiculteurs au printemps laisse place maintenant à un certain pessimisme et à une forme d’inquiétude bien compréhensible lorsque l’on observe les conditions météo actuellement.
Au nord de la Loire en particulier, la pluie et le froid se sont généreusement installés et il est probable que les tournesols, en avance sur la saison, profiteront peu ou pas à nos abeilles. C’est d’autant plus dommage que nous observions ici et là un retour de nos butineuses sur certaines parcelles. Il reste néanmoins que, comme pour le colza, de nombreux champs ne sont plus visités. Cette absence de variétés suffisamment nectarifères pour être attractives n’a pas fait l’objet d’un projet pouvant être financé en partie par l’Europe de la part d’aucun organisme public. C’était une proposition du SNA. Il reste que le CETIOM, institut spécialisé, pourrait prendre en charge ce dossier. Une démarche, dans ce sens, de toute la filière apicole nous paraît nécessaire.
Nos abeilles ont aussi un rôle majeur dans la biodiversité pris en compte par le Conseil général de l’Isère. Celui-ci a lancé l’opération « Apiculture durable ». Des groupes de travail avec les structures apicoles du département, la Chambre d’Agriculture et la Fédération départementale des chasseurs ont été mis en place. Outre la sensibilisation des habitants, le contrat d’objectifs qu’ils ont signé prévoit le développement de jachères apicoles, l’accompagnement des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et la mise en place d’un observatoire de l’abeille.
Il existe déjà un rucher sur le toit du Conseil général, il est prévu l’installation d’un rucher sentinelle et de dix ruchers dans tout le département afin d’effectuer des analyses régulières à partir des prélèvements de pollen.
Dès l’instant où toutes les structures associatives et syndicales sans distinction sont parties prenantes, on ne peut que souhaiter la multiplicité de projets semblables.
Toutefois, cette perte de biodiversité globale et spécifique reste non pas une préoccupation nationale ou européenne mais mondiale. Aussi sommes-nous tout à fait satisfaits de la décision de l’Europe d’accepter une MAE apicole. Attention, une fois de plus, cela ne concernera qu’un certain nombre d’apiculteurs, partout dans les régions où ce projet aura été inscrit par le préfet dans les Mesures agro-Environnementales. Ainsi, dans le Limousin ou la Champagne, la préoccupation majeure a été l’eau.
Nous devrions en savoir plus dans les prochaines semaines.
Restons dans le cadre européen et plus particulièrement avec la Commission de l’Environnement, de la Santé et de la Sécurité Alimentaire. Celle-ci approuve le principe de substitution selon lequel les substances les plus dangereuses doivent être retirées du marché lorsque des alternatives plus sûres existent. Elle rappelle que si les pesticides ont pour avantage de maximiser les rendements des exploitations, elle souligne que les mêmes pesticides ont des effets néfastes sur le système immunitaire et endocrinien et que les fœtus, les enfants, les femmes enceintes ainsi que les personnes âgées sont particulièrement vulnérables. Encore faudra-t-il que ce texte législatif s’intègre dans des plans d’actions nationaux, qu’il y ait une volonté de l’État membre. Pour le bien de tous, il faudrait une volonté de tous les États membres. Ceci est un autre problème.
Retour au national avec ce projet d’arrêté sur l’apiculture qui tarde à venir. Il semblerait que les droits et obligations des associations sanitaires ne puissent être fixés par voie d’arrêté ministériel, ce serait la même chose pour la déclaration d’élevage. Logiquement on peut donc s’attendre à une simple modification de celui de 1980 et uniquement pour les parties relatives aux mesures de police sanitaire.
En tout état de cause, dans le domaine apicole, la simplification n’est pas à l’ordre du jour. Tout au plus assistons-nous à la mise en place d’un certain nombre de mesures tant sur le plan européen que sur le plan national, mesures propres à tous les apiculteurs mais qui finalement ne s’appliquent qu’à un petit nombre. Tout le monde est d’accord pour le maintien d’un nombre significatif de ruchers dans notre hexagone mais la plupart des mesures prises privilégient quelques centaines d’apiculteurs que l’on transforme petit à petit et sans vraiment vouloir le dire, en assistés.Y. VEDRENNE
Editorial n°937
Actualité estival
Désillusion tout d’abord avec cette décision du Tribunal de Marmande refusant de prendre en compte notre demande d’expertise pour connaître sur le long terme l’influence des produits OGM sur l’intégrité du cheptel apicole et au-delà reconnaître le préjudice économique que peuvent subir les apiculteurs lorsque les ruchers sont brusquement entourés ou installés à proximité de cultures OGM. Les autres demandeurs ont essuyé également un échec, il s’agit bien sûr de deux apiculteurs et d’un certain nombre de syndicats et associations.
Nous allons donc devoir nous partager les entiers dépens de l’instance et une somme de 5000 E sur le fondement de l’article 700 du nouveau Code de procédure civile.
Ceci nous a conduit à vous faire part d’une situation analogue en Allemagne où précisément l’issue n’a pas été la même. Mais peut-être que les élections terminées, le nouveau Ministre de l’Environnement acceptera-t-il de recevoir la filière apicole et de prendre des mesures mêmes provisoires concernant ce problème posé par les OGM.
Le groupe miel du COPA/COGECA s’est d’ailleurs saisi de cette situation et les premières réflexions sur cette coexistence éventuelle entre culture conventionnelle, élevage et culture OGM ont fait l’objet d’un premier rapport transmis prochainement dans les antennes départementales.
Satisfaction par ailleurs et en espérant que cette fois-ci le dossier est définitivement classé. La Cour d’Appel de Paris a confirmé que les organisations syndicales nationales, contrairement à ce qu’affirme, depuis plusieurs années, une organisation désormais minoritaire, était bien représentative du mouvement syndical apicole français.
Nous espérons mais surtout nous souhaitons, que ce dossier soit définitivement classé par nos adversaires. Des sommes importantes nous ont été attribuées qui ne couvriront pas les frais engagés et susciteront peut-être chez nos adversaires mais néanmoins partenaires de la filière apicole, un peu plus de retenue. 20 000 E non compris les dépens, doivent être versés, avant toute autre procédure, aux deux organisations syndicales nationales.
À l’image de la météo de cet été commençant, tour à tour soufflent le froid et le chaud.
Dans quelques jours maintenant, nous aurons une nouvelle réunion du groupe de travail du Comité de pilotage apiculture avec les représentants de la Direction Générale de la Production et des Échanges. L’enveloppe budgétaire du programme apicole français pourrait être de 5 ME mais le programme français a été estimé à 5,5 ME.
Les collectivités territoriales ont présenté un prévisionnel de dépenses de 475 000 E. La reconstitution de cheptel dont le taux d’aide se situerait entre 30 et 35 % tous produits confondus, enregistrait 172 demandes au 16 avril.En ce qui concerne le volume des analyses de miel présentées par les laboratoires, rappelons tout d’abord que nous avons obtenu in extremis que ces analyses continuent de bénéficier d’un co-financement. Les programmes présentés par les laboratoires ont été réalisés à plus de 80 %, un seul laboratoire ne devrait pas bénéficier d’aide pour cause de non utilisation sur les deux dernières années.
Au chapitre de la transhumance, quelques investissements supplémentaires pourraient être pris en compte, notamment l’amélioration du confort des conducteurs de camions, l’acceptation de chenillettes sur certains chargeurs. Maintenue également, l’aide à la multiplication, mais pour respecter une sorte de cohérence dans les dossiers, des montants plafonnés sont à prévoir.
L’aide à la reconstitution de cheptel disparaît au profit d’une aide au maintien. La clôture des inscriptions est fixée au 15 décembre de l’année du programme.
La deuxième étape sera l’attribution de cette aide pour l’achat de reines et d’essaims aux apiculteurs se fournissant chez les éleveurs inscrits auprès de l’office. Le taux reste fixé à 40 % plafonné pour les reines et les essaims et à 20 % du cheptel préexistant.
Mais les nouveaux installés pourraient bénéficier d’un avantage particulier : l’achat autorisé jusqu’à 200 essaims ou reines sur trois ans. Nous verrons à l’issue d’une première année si cette mise en place peut s’avérer pérenne.
Il reste maintenant aux apiculteurs intéressés pour s’inscrire en tant qu’éleveur, à se faire connaître auprès de Viniflhor. Un minimum de contraintes seront communiquées dans les instances départementales après le 15 juin.
Pour toutes ces mesures, nous restons malgré nos demandes avec un seuil de 70 ruches exploitées.
Le nouveau Président du COPA COGECA, Monsieur LEMETAYER, Président de la FNSEA acceptera-t-il d’écouter notre revendication pour un meilleur partage de cette aide en direction de l’apiculture de type familiale ou pluriactive, Madame le Ministre de l’Agriculture, si elle est confirmée dans ses fonctions, consentira-t-elle à jeter un regard nouveau sur notre proposition ?
Nous luttons tous à l’aide de nos abeilles et à notre façon pour la sauvegarde de la biodiversité dont 2007 est précisément l’année, si l’on en croit les différentes prises de position qui fusent de toutes parts. Entre propositions concrètes, pacte et discours écologiques des différents candidats aux différentes élections et engagement de l’État à stopper la perte de cette bio-diversité d’ici 2010, que restera-t-il de toutes ces promesses et quelle sera la réalité des prochains mois ? Y aura-t-il enfin des actions concrètes, notamment à propos de la dissémination volontaire d’OGM, y aura-t-il un retour sur le marché de semences de variétés autres que celles qui sont fixées : le changement est annoncé. Au niveau du climat, nous en percevons cette année encore les effets pour l’apiculture française. Petite réalité économique néanmoins indispensable, qu’avons-nous à espérer pour
l’environnement nécessaire à nos abeilles ?
Notre position est bien connue, puisse-t-elle être effectivement entendue ?Y. VEDRENNE
Editorial n°936
L’eau, l’homme et
l’abeille …
La sécheresse qui s’installe progressivement, pour laquelle certains départements ont déjà pris des mesures de restriction, n’a pas eu d’influence particulière à ce jour sur le développement de nos ruches.
Au contraire, la température particulière élevée, l’abondance et la précocité des floraisons ont permis à nos abeilles, notamment au nord de la Loire, de nous assurer une première récolte plutôt satisfaisante, même si maintenant nous observons un essaimage important.
Pour la première fois depuis bien longtemps, l’hivernage de nos ruches s’est passé dans des conditions satisfaisantes et les pertes sont revenues à un seuil acceptable, insignifiant dans certains cas. Le retour à une pluviométrie normale s’impose si l’on veut assurer les miellées à venir.
Mais cette eau, malheureusement, reste un problème au niveau de sa contamination. Faut-il rappeler que 49 % des points de mesure ont une qualité moyenne à mauvaise et que 27 % des eaux souterraines nécessiteraient un traitement spécifique d’élimination des pesticides s’il était utilisé pour la production d’eau potable.
Nous sommes le premier utilisateur de ces produits en Europe en volume brut et le quatrième si l’on tient compte des surfaces cultivées. Est-il nécessaire aussi de rappeler qu’en de grandes régions comme la Champagne crayeuse, la perméabilité à l’eau est de l’ordre de 50 cm par an. Dans ce cas, la nappe qui se trouve souvent jusqu’à moins 10 m de profondeur restitue 10 à 20 ans après les produits d’épandage reçus.
A côté de cette origine essentiellement agricole, ne faisons pas l’impasse sur le comportement des jardiniers, des gestionnaires des parcs et jardins et de tous ces grands espaces verts ou fleuris qui agrémentent notre environnement.
Nous rappellerons enfin ce rapport de l’INRA fin 2005 qui préconisait une réduction massive de l’emploi de ces pesticides après en avoir curieusement accompagné le développement.
La Mutualité Sociale Agricole a réactivé son réseau de toxico-vigilance : plus de 100.000 utilisateurs, à majorité agriculteurs se plaindraient chaque année de troubles après des traitements insecticides.
Nos soucis d’apiculteurs, mais aussi de citoyens se portent également sur l’utilisation des OGM. C’est pourquoi l’un de nos conseils a demandé récemment dans une intervention auprès du Tribunal de Marmande qu’une mesure d’expertise soit engagée pour déterminer les conséquences des semences transgéniques sur les larves d’abeilles, au niveau d’une modification génétique éventuelle. La réponse nous sera donnée le 24 mai... Dès le 15 mai, nous saurons aussi si nous en avons enfin terminé avec ces procès à répétition qu’un syndicat largement minoritaire désormais, nous intente régulièrement. La dernière intervention consiste en une note en délibéré… heureusement irrecevable.
Comment voulez-vous dans ces conditions siéger sereinement au Comité de Pilotage de la filière apicole ? Celui-ci s’est récemment réuni pour reparler de l’évolution des aides Viniflhor. Une fois de plus, les apiculteurs de moins de 70 ruches n’ont rien à espérer, même si comme nous le martelons régulièrement, leurs ruches sont comptabilisées pour le calcul de l’aide européenne.
Toutefois, un nouveau projet a retenu l’attention de tous les partenaires. Il consisterait à accompagner financièrement un débutant, lors de l’achat de ses colonies et ce, pour un maximum de 200 ruches. Nous verrons si les possibilités budgétaires permettent de concrétiser cette initiative et si celles-ci s’ouvrent réellement à tous les apiculteurs sans contrainte comme par exemple une formation dans un Centre ou un stage de plusieurs mois sur une exploitation.
Reste enfin une Mesure Agro-Environnementale apicole qui pose problème. Cette mesure, même si elle était réservée à la fois à une certaine catégorie d’apiculteurs et surtout aux régions qui en ont fait la demande est un réel engagement au profit de l’environnement. Toute la filière apicole, dont le S.N.A., avait participé à l’élaboration de son argumentaire, transmis à Bruxelles avec une rédaction différente de l’initial (??)
Etre attentif à tout devient difficile pour le syndicalisme apicole qui ne bénéficie pas de poste budgétaire, de subvention, d’aide pour des emplois plus spécifiques liés à la défense de ses adhérents. Cela existe dans la société civile et dans le domaine agricole.
Retour pour conclure sur le dossier des insecticides systémiques qui nous préoccupe. Le groupe de travail de l’O.E.P.P. se réunira fin mai à Bucarest ainsi que d’autres organismes concernés et un bureau d’expertise privé. Ils devraient décider s’il est nécessaire de revoir l’évaluation de ces insecticides. Il est donc opportun de transmettre aux décideurs l’information, la littérature scientifique en notre possession. C’est notre tâche actuelle. Il nous faut leur faire partager notre inquiétude même si cela dérange.
L’eau, le sol et bien sûr nos abeilles : c’est aussi l’avenir que nous défendons…Y. VEDRENNE
Editorial n°935
Être Quiet ?
Comment voulez-vous l’être
pour vous-même, pour vos proches, pour vos abeilles bien sûr et demain pour
l’avenir de notre planète ?
Le Directeur de la Santé à la MSA déclarait le 30 mars « Les signalements
d’intoxication par produits phytosanitaires sont en hausse ».
La Mutualité Sociale Agricole avec son numéro vert « Phyt’Attitude » a
enregistré plus de 300 signalements d’agriculteurs. La majorité de ces
signalements concerne les insecticides, les fongicides et les herbicides. Les
céréales sont les cultures où les signalements d’accidents sont les plus
nombreux. Mais au fait, avec quels produits sont traitées les semences des
céréales à paille ?
Des manifestations cutanées, hépato-digestives et neurologiques sont les
troubles qui prédominent dans ces intoxications à caractère agricole : 24 % pour
les deux premières et près de 20 % pour les suivantes.
Saluons et remercions la MSA qui est l’une des trois caisses nationales
d’assurance-maladie censée protéger plus de 4 millions de personnes du monde
agricole et rural, d’avoir initié cette importante action. Ne vient-elle pas
d’ailleurs d’envoyer depuis un an 570 000 questionnaires dont le taux de retour
est aujourd’hui de 120 000 et devrait atteindre vraisemblablement 150 000
réponses.
Rendez-vous dans quelques mois pour le résultat du dépouillement. Si vous êtes
concerné par ce questionnaire en tant qu’apiculteur cotisant MSA, nous vous
invitons à y répondre le plus scrupuleusement possible.
Autre sujet qui a fait la une de la presse et parfois certains communiqués
d’organisation amie, à propos du retour éventuel du Fipronil.
Inquiets comme tout un chacun, nous le sommes, d’autant qu’en 2006, une enquête
publique a échappé à toutes les associations apicoles françaises et qu’à partir
de là, plus rien ne s’opposait à ce que le dossier suive son cours.
L’intervention de deux syndicats nationaux, dont le nôtre, au niveau européen,
n’aura pour le moment aucun effet. Nous espérons et croyons beaucoup en la
double démarche initiée à la suite de notre déconvenue.
Qu’en est-il exactement quant à ce retour du Fipronil ?
Le Standing Committee vient de remettre un avis favorable en en restreignant
l’usage au traitement de semences. La Commission doit encore se prononcer. La
période arrêtée serait courant mai. Curieux tout de même que ce soit l’attaché
de presse de Kyprianou qui annonce l’affaire, alors même que la Commission n’a
pas pris de décision…
Que faut-il donc encore ?
- que la Commission prenne sa décision, c’est-à-dire une directive incluant le
Fipronil à l’annexe I de la précédente directive 91/414/CE.
- que cette directive soit publiée au Journal Officiel des Communautés.
- que les Etats autorisent les produits.
Dans l’immédiat, cette directive n’a pour seul effet que de
permettre aux États d’autoriser des produits comportant cette molécule. Les
différents États auront alors 6 mois pour mettre leur législation en conformité
avec les décisions de la Commission.
N’omettons pas de souligner que l’autorisation s’applique à la substance mais
pas systématiquement aux produits qui la contiennent, ce qui veut dire que pour
les apiculteurs français le combat reprend.
Renseignements pris auprès d’un responsable du Ministère de l’Agriculture, il
semblerait donc qu’à partir de mai, un délai de 15 à 18 mois soit encore
nécessaire.
Nous notons également que cette autorisation est assortie de plusieurs
restrictions et exigences.
Tout d’abord, le Fipronil sera autorisé uniquement pour le traitement des
semences et les techniques d’enrobage devront être améliorées afin d’éviter
toute diffusion par les poussières.
Pas de pulvérisation et pas d’enfouissement des semences enrobées, pas non plus
de semences enrobées dans les rivières et toute autre surface, sa toxicité ayant
été démontrée chez certains organismes aquatiques.
Notons enfin que l’avis de l’Efsa a toutefois insisté sur le fait que l’impact
du Fipronil sur le couvain des abeilles n’a pas encore été suffisamment étudié
et le Comité permanent pour la chaîne alimentaire et la santé animale a ajouté
une annexe à son autorisation. Elle précise que si les études apportaient de
nouvelles informations, l’autorisation pourrait être remise en cause.
Voilà exactement posé le problème.
Il nous appartient sur les crédits européens de continuer à accepter de financer
les chercheurs afin d’étayer le dossier que nous ne manquerons pas de présenter
à nos futurs dirigeants. Mais au fait, nos futurs élus : qu’en pensent-ils ? La
question posée reste pour le moment sans réponse, mais le délai n’est pas
forclos.
Dans quelques jours à Marmande, nous serons aux côtés d’un couple d’apiculteurs
et bien sûr de tous les apiculteurs concernés dans le département et les
limitrophes par l’implantation de maïs OGM.
Ce sera une intervention volontaire de la part du SNA afin que soient préservés
les intérêts économiques du monde apicole. Il était de notre devoir d’être
présent.
Autre lieu, plus parisien cette fois-ci : la première chambre de la Cour
d’Appel. Voici plus de dix ans maintenant qu’un organisme syndical minoritaire
poursuit les deux organisations centrales majoritaires au motif qu’elles ne
seraient pas des syndicats. Nous avons eu plaisir à entendre le Procureur après
les plaidoiries des avocats, s’associer à l’argumentation que nous avions
développée. Il y avait lieu de confirmer le jugement entrepris et il fallait
considérer que lorsqu’un apiculteur commercialisait les produits de la ruche,
c’était un producteur. Les conditions prévues à l’article L411-2 du Code du
Travail étaient remplies.
Sortirons-nous enfin de cette procédure qui a englouti des sommes considérables
et contribué à présenter pour la troisième année un budget déficitaire ?
“Être quiet dans cet environnement reste une gageure, être inquiet, c’est
forcément notre ressenti."
Inquiet pour demain, pour l’avenir, pour l’apiculture dans son ensemble et les
abeilles, dernier rempart d’une pollution dont tout le monde parle, qu’elles
supportent de plus en plus difficilement et pour la défense de laquelle il nous
faut chaque jour avoir réellement l’âme chevillée au corps.
Y. VEDRENNE
Editorial n°934
Au fil des jours
Le début de l’année
civile reste pour la plupart des syndicats et associations apicoles le moment
privilégié pour tenir une assemblée générale. Naturellement les administrateurs
du SNA et le Président s’efforcent de participer. L’actualité apicole étant
extrêmement rapide dans certains cas et parfois compliquée, il est nécessaire de
communiquer le plus possible. C’est aussi dans cet esprit que nous préparons
l’Assemblée Générale du SNA, le 3 mars. Les différents intervenants
s’efforceront d’informer vos représentants le plus largement et le plus
honnêtement possible, charge à eux de vous rapporter les informations.
Parmi les inquiétudes du moment, nous avons bien sûr le problème posé par
l’implantation du frelon Vespa velutina, le retour possible de certaines
molécules qui nous ont causé problème, l’apparition de nouvelles (très proches
des anciennes), la nécessité de pouvoir utiliser les produits autorisés dans les
autres états- membres pour lutter contre les maladies. A cet effet, nous sommes
intervenus au niveau de la Direction Générale de l’Alimentation. Chaque
président a reçu une copie de notre démarche, libre ensuite à la structure
départementale d’effectuer une démarche identique.
Les travaux concernant l’aide CEE pour 2007 – 2008 avec extension jusqu’à 2010
pour certaines recherches ont été présentés à la filière apicole et soumis pour
partie à l’appréciation d’un Comité Scientifique et Technique. Les membres
présentés par les structures syndicales et associatives ont été ensuite
officiellement désignés par l’Administration. Nous verrons dans quelques jours
maintenant si ce système peut fonctionner avec équité et satisfaction.
Nous avons relevé dans la presse la proposition d’un certain nombre de députés
soucieux devant la surmortalité des abeilles, de créer, une Commission. En son
temps, au plus fort de la crise que nous traversons, une Commission semblable
avait été mise en place à l’Assemblée Nationale.
Nous ne sommes plus à la période des châteaux forts, mais les oubliettes
existent toujours …
Ce n’est pas en voulant attribuer à toutes fins, des causes multifactorielles à
la disparition de nos abeilles que l’on progressera. Il est avant tout impératif
et nécessaire que soit réellement connus les effets des pesticides anciens et
nouveaux à doses très faibles, sur le comportement et la vie des abeilles. C’est
une remise en cause des homologations qui s’impose.
Dans cette perspective, le projet d’avis de la Commission de l’Agriculture et du
développement durable au niveau européen nous laisse perplexes. Le délai de
quelques jours pour déposer des suggestions aux amendements existants reste bien
trop court pour nous permettre au niveau européen une action efficace de tous
les partenaires apicoles. La lutte du pot de terre contre le pot de fer reste
d’actualité.
Voici quelques jours, nous étions présents au Congrès de l’EPBA à Graz en
Autriche, « Infos dernières » vous en livre une première impression.
Les 9, 10 et 11 mars se déroulera la première grande fête du miel et de
l’apiculture en Seine-Maritime entièrement financée par le Conseil Général et le
Parc de Clères et pour laquelle le Syndicat Apicole de Haute-Normandie et ses
structures annexes ainsi que le SNA et l’Abeille de France ont apporté leur
concours. Venez nombreux.
A ne pas oublier aussi pour les apiculteurs professionnels qui nous font
confiance et ils sont nombreux, de constituer votre dossier de pertes
hivernales. Nous avons mis à votre disposition un encart détachable dans la
revue.
Concernant précisément les pluri-actifs et les professionnels qui se retrouvent
soit dans la revue l’Abeille de France, soit dans les syndicats départementaux,
le nouveau Conseil d’Administration, le nouveau Bureau issu des élections du 3
mars devraient vous faire part d’une décision importante et qui va dans
l’intérêt de tous les apiculteurs. Nous répondrons ainsi à une demande pressante
de certains de nos abonnés et adhérents.
Notre Fédération comme d’autre, par ses cotisations et le soutien qu’apportent
les associations départementales maintient ses postes de salariés en dehors de
toute aide. Nous sommes étonnés que les fonds européens puissent en partie
subventionner des travaux de secrétariat de façon conséquente pour des
structures de très faible importance quant à leurs adhérents. Il ne s’agit pas
là de l’intérêt de tous les apiculteurs, mais d’une minorité. Nous continuerons
donc de nous opposer à l’usage ainsi fait de l’aide européenne.
Nous voudrions simplement rappeler que tôt ou tard, c’est celui qui paie qui
commande.
Y. VEDRENNE
Editorial n°933
Paris Bruxelles
C’est un chemin que nous empruntons fréquemment depuis quelques semaines. Le
2 février, le groupe de travail « Miel », constitué des représentants apicoles
des 25 états membres, se réunissait en matinée. Le Secrétariat du COPA COGECA
avait, comme à son habitude, établi très scrupuleusement l’ordre du jour.
C’est ainsi que nous avons pu dire notre satisfaction à propos de l’utilisation
du budget apicole. De 78 % en 2005, nous sommes passés à 82 % d’utilisation
allant pour la France jusqu’à 93 %.
Des renseignements détaillés seront prochainement fournis dans la revue et
auprès des dirigeants départementaux français.
Concernant la proposition d’un règlement du Conseil instaurant une organisation
commune des marchés (OCM unique), nous avons émis quelques réserves. En effet,
si ce règlement de soutien à l’apiculture est inclus dans cette proposition
d’OCM unique, cela peut signifier éventuellement une remise en cause de celui-ci
lors des prochaines révisions de la PAC en 2008 et 2013. C’est pourquoi les
membres présents ont souhaité que ce règlement propre à notre activité reste
indépendant. Dans la négative, il s’agira de veiller au maintien de ce soutien
en insistant sur le fait qu’il est non lié à la production et cofinancé par les
États membres à hauteur de 50 %.
Autre problème qui fait débat bien évidemment dans l’Europe entière, avec par
exemple un rejet total de ceux-ci en Grèce : les OGM.
L’abeille est un vecteur de gènes, elle peut donc contribuer à la contamination
de cultures conventionnelles par le pollen transporté issu de cultures
génétiquement modifiées. Actuellement, 13 pays ont soumis à la Commission un
plan de coexistence, deux d’entre eux comportent des mesures spécifiquement
liées à l’apiculture. En France, la directive n’a toujours pas été transcrite…
En s’inspirant de ce qui a déjà été fait, deux mesures ont été proposées :
L’obligation pour les producteurs de cultures OGM d’informer les apiculteurs à proximité des cultures concernées. Il est alors nécessaire de disposer d’une base de données nationales référençant les différents ruchers existants.
L’interdiction d’implanter des cultures OGM à moins d’une certaine distance des ruchers existants.
Ces mesures pourraient s’appliquer lorsque les apiculteurs sont susceptibles
de subir un préjudice économique dans les produits de leur rucher. À l’inverse,
il n’est pas question d’accepter de restreindre la pratique de l’apiculture. Le
Président de notre groupe de travail a bien précisé qu’il était important que
nous puissions contribuer à la réflexion en rapportant notamment les problèmes
posés dans les divers états membres. Lors de notre réunion, les contacts pris
pendant la pause montrent bien que la presque totalité des délégations est
contre l’implantation d’OGM en général, tout au moins sur des cultures de plein
champ.
Autre sujet : celui des médicaments vétérinaires pour lesquels il est rappelé
que dans l’UE aucune vente ne peut être faite sans autorisation de mise sur le
marché. Celle-ci n’est donnée qu’aux médicaments destinés à des espèces
productrices de denrées alimentaires dont les substances actives sont reprises
dans un règlement de 1990. Dans les autres cas, il faut que l’Agence européenne
du médicament rende un avis. Pour les utilisations mineures dont font partie les
abeilles, il est possible d’obtenir un avis gratuitement.
Plusieurs procédures peuvent être envisagées :
|
|
Une demande effectuée par un seul état membre. |
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|
Une même demande effectuée par plusieurs états, lorsqu’un état membre référencé est désigné. |
|
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Une demande si le médicament est déjà autorisé dans un autre état. C’est alors à l’autorité compétente de cet état d’accorder ou non cette autorisation. |
|
|
Une demande effectuée auprès de l’EMEA afin d’obtenir une autorisation pour tous les États membres. |
Si aucun produit n’est agréé dans un Etat membre ou que l’inefficacité des
produits autorisés est reconnue, il est possible d’autoriser un produit agréé
dans un autre état selon le principe « de la cascade ». D’où l’intérêt de
connaître les médicaments disponibles chez nos voisins et de les faire connaître
aux vétérinaires nationaux. Enfin, si la directive 2001/82/CE rend obligatoire
une prescription vétérinaire pour la délivrance des médicaments, la directive
2006/130/CE autorise les états membres à déroger à cette exigence sous certaines
conditions. Pour accorder une telle dérogation, l’État membre doit notifier son
intérêt à la Commission avant le 31 mars 2007.
Qu’envisagent les structures associatives et syndicales sur ce sujet particulier
?
L’après-midi du 2 février permettait à une délégation d’experts de présenter ces
questions posées avec leurs remarques devant le groupe consultatif apiculture.
J’ai eu le privilège d’être parmi les 8 participants. Ceci m’a permis de me
rendre compte de la grande difficulté à faire passer les messages pour une
petite production animale. Néanmoins, j’ai constaté que toutes nos
préoccupations, nos remarques et nos suggestions retenaient l’attention des
différents intervenants pour le compte de la Commission. J’ai noté que sur la
question des OGM, notre interlocuteur se proposait de donner du temps au temps
(au moins deux années).
Revenons rapidement au niveau national où un petit groupe restreint animé par
nos collègues belges et dont le SNA fait partie, s’inquiète de l’inscription du
Fipronil à l’annexe 1. Nous avons été reçus au plus haut niveau pour s’entendre
dire que nous n’étions pas avec le bon interlocuteur mais que néanmoins nos
remarques restaient pertinentes. Quelques jours après, il s’agissait pour les
États membres de se décider : ils ont décidé de ne rien décider jusque dans les
prochains mois.
Entre-temps, nous avons bon espoir que la France, état membre rapporteur,
transmette enfin ce dossier des données Fipronil du CST, que des propositions
soient faites pour d’autres méthodes d’évaluation du risque abeille et qu’enfin
le risque environnemental récemment mis en évidence dans la région Midi-Pyrénées
mais communiqué tardivement aux médias puisse faire l’objet d’une réelle prise
en compte. Pour ces démarches, nous nous sommes assurés les compétences d’un
juriste national disposant d’un relais à Bruxelles et d’un relais au Parlement
Européen de Strasbourg.
Affaire à suivre !.
Y. VEDRENNE
Editorial n°932
La Force de l’espérance
Emettre quelques vœux, c’est en quelque sorte lancer un message en espérant
qu’il parviendra sur un rivage où il sera lu.
La crise que nous vivons tient sans doute au manque de repères stables ou
cohérents face au chômage, l’exclusion ou encore l’humanitaire.
Notre monde actuel privilégie systématiquement le court terme, toujours plus,
toujours plus vite et le plus tôt possible. C’est encore un monde qui souhaite
toujours plus de croissance sans voir qu’il doit consacrer de plus en plus de
moyens à l’élimination des pollutions de cette même croissance.
Pour affronter les mutations que chaque jour la science et la mondialisation de
l’économie nous imposent, notre société a besoin de couples, de familles,
d’entreprises, d’associations, de communes et de communautés dans lesquels le
dialogue et l’écoute de l’autre sont des réalités vécues avec persévérance.
Au plan apicole, il n’est pas vain d’imaginer quelques solutions d’avenir,
telles que l’entreprise en commun, l’emploi partagé, la pluriactivité... Ne
sommes-nous pas contraints comme les agriculteurs d’intégrer l’utilité de la
diversité, l’importance de l’initiative locale et individuelle, mais aussi la
compétition sans élimination systématique de l’autre ou du plus faible.
L’incroyable accélération du temps sous l’effet de la rapidité des mutations
technologiques et sociétales perturbe l’humanité et beaucoup d’entre nous ont du
mal à se situer. Les repères traditionnels sont eux-mêmes la proie du
tourbillon. Ils ne jouent plus leur rôle de stabilisateurs.
Nos démocraties ont peine à tenir leur promesse, s’enlisent dans de faux débats
et se délitent par impéritie collective. Force est de constater que nos sociétés
modernes ressemblent de plus en plus à des jungles.
Et pourtant, il existe mille bonnes raisons de se souhaiter une bonne année.
C’est d’abord l’affirmation de l’intérêt que l’on porte à l’autre, son envie de
le voir réussir, heureux de partager d’avance sa joie et son plaisir.
C’est également l’affirmation d’une volonté. Les événements positifs ne se
réalisent pas d’eux-mêmes. Il faut les vouloir, affirmer sa détermination de
tout mettre en œuvre pour atteindre son but.
Ainsi, présenter ses vœux, ce sera une manière de lutter contre le fatalisme, la
sinistrose, l’abandon ou le cynisme qui dévalorisent tout et stérilisent les
initiatives.
Ensemble, nous sommes capables de tout surmonter : c’est l’espérance. Aux côtés
de vos dirigeants locaux, départementaux et nationaux, vous serez solidaires
dans tous les domaines et notamment en apiculture en faisant le maximum : c’est
la fraternité.
Ensemble, les événements heureux auront une histoire car nous aurons décidé de
les construire : c’est notre combat.
Alors nous pourrons nous poser cette question si fondamentale : maîtrisons-nous
encore notre destin ?
Bonne année à tous.
Y. VEDRENNE
Editoriaux des numéros de l'année 2006
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2008 |
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