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Notions
sur les allergies A. Becker, CETAM Lorraine avec l'aimable autorisation de la revue Abeille de France |
Un article inhabituel dans une revue apicole peut rebuter le lecteur qui ne souhaite pas en savoir plus. Il sagit pourtant dun sujet dactualité surtout au printemps où les pollens sont responsables chez 5 millions de français allergiques de toutes sortes de désagréments et de complications parfois sévères pénalisant leur vie quotidienne et professionnelle. Pour tout apiculteur responsable, exposé de façon tout aussi évidente à toutes sortes de complications allergiques potentielles, il sagit de se faire une idée des causes et mécanismes de ces affections qui peuvent lui rendre la vie apicole difficile voir impossible.
Au début du XXe siècle les affections allergiques étaient très mal connues. Elles nont été réellement comprises que récemment. Lallergologie est devenue une discipline médicale dynamique, rapidement évolutive, très compliquée pour le profane. Les maladies allergiques sont très répandues et touchent plus de 9 % de la population française, ce qui est considérable et démontre limpact humain et économique majeur de ces pathologies. Les affections sont souvent complexes, longues et difficiles à traiter. Des progrès thérapeutiques récents ont transformé le traitement et le pronostic. Notre propos sera dessayer de rendre les choses un peu plus claires, de faire mieux connaître les mécanismes de lallergie et ses conséquences sans oublier les problèmes plus spécifiquement apicoles des réactions dues au venin dabeille, à lexposition et labsorption de pollens frais ou secs à la manipulation et lexposition au propolis.
DÉFINITION
1 - L allergie est un état biologique particulier dont le mécanisme est de nature immunologique Cest une réponse altérée et excessive de lorganisme à des substances jusque là bien tolérées. Les phénomènes dhypersensibilité surviennent au cours de limmunisation. Historiquement JENNER médecin anglais du XVIIe fut le premier à mettre au point de façon empirique la vaccination. Un individu a qui il inocula par scarification le pus des pustules bovines est " vacciné ". Le sujet semble hypersensible au virus de la vaccine, maladie des pis de vache bénigne. Il réagit plus vite à la réinoculation du virus que le sujet vacciné pour la première fois. Lhypersensibilité au virus est apparue dans lorganisme. Le sujet est rendu immun et réfractaire au virus et par réaction croisée à la variole maladie redoutable et mortelle. De même une injection sous cutanée de protéine du bacille tuberculeux faite à un patient indemne de toute tuberculose ne donne pas de réaction notable.
Si la même dose est injectée à un sujet malade, à un convalescent ou à une personne vacciné par le B.C.G, il y aura une réaction tissulaire inflammatoire plus ou moins intense pouvant aller jusquà la nécrose de la zone piquée.
2 -Limmunité est un changement fondamental de létat de réactivité dans un organisme. L immunité apparaît toujours après un premier contact avec une substance donnée. Hypersensibilité et immunité sont étroitement liées.
MÉCANISME NON-IMMUNOLOGIQUES
Cest le cas classiques des réactions dhypersensibilité aux médicaments. L hypersensibilité relève ici de mécanismes non immunologiques. En effet ceux-ci ne comportent pas détape de reconnaissance spécifique de lantigène.
La prise dun médicament dans lorganisme peut donner lieu à la production danticorps et de lymphocytes T. Ces globules blancs particuliers reconnaissant lagent médicamenteux ou les produits provenant de sa dégradation par lorganisme. La poursuite de la prise du traitement ou la reprise du produit ou de sa famille chimique peut avoir des conséquences graves. Ces lymphocytes T libèrent des produits chimiques responsables dun état de choc, déruptions cutanées, de la fièvre. Le sang peut aussi être atteint. Apparaît alors une anémie hémolytique(éclatement des globules rouges), leffondrement du nombre des globules blancs polynucléaires dans le sang, des troubles de la coagulation etc. Dautres mécanismes non allergiques peuvent conduire à des réactions dhypersensibilité.
Linsuffisance rénale fréquente chez les sujets âgés, par défaut ou ralentissement de lélimination médicamenteuse. (effets secondaires pouvant simuler une réaction allergique). Ladministration, daspirine, de produits de contraste iodés pour des examens radiologiques de morphine, La piqûre dabeille et ses effets parfois gravissimes sur lorganisme entraîne la libération dhistamine et damines vasopressives à lorigine dun choc pouvant aller jusquau décès.
Il faut savoir que des personnes qui présentent en réalité une anomalie enzymatique latente voient leur maladie cachée révélée par la prise du médicament.
Cest le cas classique de la porphyrie aiguë révélée par les barbituriques C est dire la difficulté de séparer les réactions allergiques proprement dites, relevant dun mécanisme immunologique, des autres réactions dhypersensibilité.
Cette difficulté est dautant plus grande que les réactions allergiques entraînent lapparition dune réaction inflammatoire secondaire à une réaction spécifique antigène-anticorps ou antigènes-lymphocytes T, ou par des réactions non spécifiques.
LES ANTIGÈNES OU ALLERGÈNES SONT LES SUBSTANCES
CAPABLES DE PROVOQUER UNE RÉPONSE IMMUNOLOGIQUE.
La propriété antigénique est liée à la nature physico-chimique de la substance. Les molécules synthétiques, biologiques comme le venin des hyménoptères, après avoir pénétré dans le milieu intérieur dun organime animal sont reconnues par le système immunitaire de lorganisme et entraînent des réactions dans cet organisme. Dans le cas où lallergène est un constituant de cet organisme il est à lorigine dune maladie dite autoimmune.
Lantigène est dit immunostimulant sil induit chez lhôte une réaction immunitaire.
Si, à linverse il donne lieu à un phénomène de tolérance immunitaire il est dit immunotolérant ou tolérogène.
Remarque À létat normal, les structures moléculaires biologiques dune personne, sont naturellement tolérées. Par opposition les antigènes extérieurs à lorganisme comme les bactéries, virus, parasites, toxines, tissus, en fait toutes substances étrangères induisent toujours une réaction immunitaire. Ils sont détruits et éliminés par lorganisme. Ceci explique la difficulté de faire tolérer des greffes de tissus peau, reins, coeur. On parle dallogreffe si le greffon provient dun dorganisme similaire (homme-homme) ou de xénogreffe (singe-homme) sil est différent.
La spécificité antigénique est souvent lattribut dune petite fraction de la molécule causale. Lhaptène est un antigène incomplet incapable dinduire par lui-même un état de sensibilisation. ( LANDSTEINER) Il peut toutefois se transformer en antigène complet par sa combinaison ou son adsorption par des molécules porteuses. -Lhaptène devient souvent le déterminant antigénique dominant de la molécule responsable. Ne produisant pas danticorps, il peut toutefois réagir avec eux et déclencher des réactions allergiques. Beaucoup de produits, de médicaments surtout se comportent comme des haptènes. Exemples :
Les réponses allergiques provoquées par ces diverses substances sont :
Anaphylaxie signifie étymologiquement le "contraire de la protection". Lors de la transformations métaboliques dans lorganisme de substances chimiques différentes, il se forme parfois un métabolite identique. Il sagit alors dun véritable noyau antigénique commun. Ceci explique les réactions allergiques croisées fréquemment observées entre les pollens, entre les venins de guêpes et dabeilles.
INDUCTION DE LA RÉACTION ALLERGIQUE
Linduction de la réaction allergique comporte une première étape de reconnaissance des déterminants antigéniques par les récepteurs spécifiques des lymphocytes T et B globules blancs du sang et de la lymphe. La présentation de lantigène aux lymphocytes est faite par des cellules fixant lantigène sur leur membrane.
Le mode dintroduction de lantigène dans lorganisme conditionne dans une certaine mesure le type de la réaction immunitaire qui va se développer :
CONSEQUENCES
Lorsque ce système protection ne fonctionne pas ou mal, cette défaillance entraîne dautres formes de réactions immunitaires, notamment celles qui sont responsables des réactions dhyper-sensibilité. Biologiquement les déterminants antigéniques, présentés par les cellules accessoires, se combinent aux récepteurs spécifiques des lymphocytes T et B. Cest ce mécanisme qui stimule la prolifération et la différenciation des lymphocytes dans les ganglions ou les tissus. Le type T donne naissance à des cellules effectrices ou régulatrices. Les lymphocytes type B se différencient en plasmocytes sécrétant des molécules danticorps.
CLASSIFICATION DES RÉACTIONS ALLERGIQUES
Différentes classifications existent selon les délais, l aspect des lésions, les mécanismes. On parle dimmunité humorale lorsque le transfert passif est assuré par les anticorps contenus dans le sérum du donneur, et dimmunité cellulaire quand le transfert adoptif ne peut pas être obtenu avec des anticorps mais seulement à laide de lymphocytes T du donneur sensibilisé. Parmi les phénomènes dhypersensibilité, on distingue aussi des réactions à médiation humorale et des réactions à médiation cellulaire.
SELON LE DÉLAI DAPPARITION
1) Les réactions dhypersensibilité de type immédiat Elles surviennent très rapidement après le contact avec lallergène. Lanaphylaxie cutanée apparaît très rapidement en quelques minutes au maximum. Cest ce que lon observe dès que le dard fait pénétrer à travers la peau le venin dabeille et dans les pollinoses type rhume des foins : rougeurs oedème etc.
2) Lhypersensibilité semi-retardée, dite réaction dArthus, Elle atteint son maximum 3 à 6 heures après le contact avec lallergène Sous le nom danaphylaxie locale, Maurice Arthus a décrit une lésion tissulaire locale se traduisant par de loedème, de linfiltration leucocytaire, des hémorragies locales et des thromboses vasculaires que pro-voque la répétition des injections locales de sérums sanguins hétéro-logues Le mécanisme de la lésion dArthus est de type III et aboutit à des thromboses locales. De telles lésions sobservent aussi lors de la maladie sérique survenant après sérothérapie, ou encore après admi-nistration de pénicilline ou de sulfamides.
3) Les réactions dhypersensibilité du type retardé Elles napparaissent que plusieurs heures après linjection intradermique de lantigène et persistent plus longtemps que les précédentes: elles atteignent leur maximum entre 48 à 72 heures chez lhomme en cas de :
Le type de la réaction inflammatoire, les délais , ainsi que le substrat cellulaire sont, dans les deux cas, très semblables. Cest une manifestation allergique fondamentale. Le type retardé apparaît au décours de la grande majorité des infections bactériennes, virales ou parasitaires. Les relations entre cette forme dallergie et laugmentation de la résistance de lindividu à linfection font encore lobjet de recherches et de discussions.
SELON LASPECT DES LÉSIONS
Trois catégories de lésions sont décrites.
1) La réaction danaphylaxie locale Elle se présente comme une papule durticaire avec oedème localisé et érythème. Cest le cas habituel dune piqûre dabeille isolée chez lapiculteur au printemps. Lexamen histologique au microscope de la peau révèle un oedème du derme avec une accumulation des globules rouges dans les espaces extravasculaires, les mastocytes ont leurs granules intracytoplasmiques vidés de leur contenu. Cest le phénomène de dégranulation qui est utilisé en laboratoire pour vérifier si une substance est allergénique. Le nombre des substances, capables de sensibiliser lhomme, est illimité. Il peut sagir de protéines dorigine diverses animales ou végétales, de protéines bactériennes , de sucres complexes les polyosides, de lipides, de substances chimiques ou médicamenteuses. Les doses dantigène nécessaires pour sensibiliser un individu sont en général très faibles. La sensibilisation peut survenir, quelle que soit la voie dintroduction, à condition quune partie au moins de la substance parvienne dans le sang inaltérée, ce qui signifie que la voie parentérale est la plus efficace. Mais une sensibilisation peut survenir à la suite de la pénétration de substances antigéniques par les voies respiratoires, digestive et même percutanée.
2) La réaction dArthus Elle entraîne un purpura ou des pétéchies cest à dire un piqueté hémorragique qui infiltre voir nécrose le derme par la thromboses des artérioles, des capillaires et laccumulation de polynucléaires neutrophile.
3) La réaction dhypersensibilité de type retardé. Elle comporte la formation dun nodule induré associé à un érythème par laccumulation de monocytes et de macrophages, de lymphocytes, lymphoblastes et de quelques plasmocytes.
SELON LES MÉCANISMES IMMUNOLOGIQUES
Correspondant à la mise en jeu de mécanismes différents, la diversité des lésions,
des délais dapparition et des modes de transfert des réactions
dhypersensibilité ont amené à classifier les réactions allergiques en quatre
types distincts.
1) Type I : la réaction anaphylactique et lallergie atopique.
Les anticorps formés dimmunoglobulines IgE se fixent par leur extrémité Fc à des récepteurs situés sur la paroi des mastocytes tissulaires et sur celle des polynucléaires basophiles du sang. Cette réaction des anticorps avec un antigène entraîne la dégranulation des mastocytes qui libèrent les médiateurs chimiques de lanaphylaxie. Des anticorps dimmunoglobulines IgG ( IgG 4 ) semblent également être impliqués dans les réactions allergiques de type immédiat. Cliniquement, les symptômes sont très proches, mais moins graves et moins fréquents. Chez lhomme relèvent de ce mécanisme le rhume des foins, lasthme, les urticaires, Il sagit de réactions anaphylactiques et les manifestations allergiques sont dites "atopiques".
2) Type II : réactions cytotoxiques ou cytolytiques.
On constate ici des lésions cellulaires directes, liées à la présence des anticorps. Cest le facteur complément présent dans le sérum qui est vrai le responsable de la lyse cellulaire. Deux éventualités sont possibles :
Dans les accidents survenant au cours de transfusions de sang de groupes incompatibles, lanticorps circulant réagit avec les antigènes fixés sur les globules rouges et provoque leur agglutination. Le complément, activé par ce processus dagglutination, provoque la cytolyse cest à dire la destruction des globules et la libération de lhémoglobine. Le même mécanisme intervient dans la maladie hémolytique périnatale par incompatibilité de type Rh entre la mère et lenfant à naître. Ce sont les allo-anticorps qui se fixent sur les antigènes de surface des hématies incompatibles.
Cest aussi ce qui se passe dans lanémie hémolytique, les hémopathies par allergie médicamenteuse.
3) Type III : lésions tissulaires provoquées par les complexes antigène-anticorps.
La lésion tissulaire est indirecte. En se combinant dans des proportions adéquates avec la précipitine, qui est lanticorps circulant, il se forme des complexes responsables de thromboses locales des petits vaisseaux.. Le complément semble être impliqué dans le déterminisme des lésions tissulaires
4) Type IV : réactions du type retardé (dite de type tuberculinique).
La tuberculose est une maladie qui a fait historiquement des ravages et en fait
encore de nos jours. Au contact de lantigène tuberculinique fixé dans les tissus,
les lymphocytes T circulants simmobilisent et sécrètent un ensemble de médiateurs
appelés lymphokines. Ceux-ci provoquent laccumulation de monocytes et de
lymphocytes, lactivation des macrophages et la transformation lymphoblastique avec
prolifération des lymphocytes.
Lhypothèse que seuls les micro-organismes vivants pouvaient conférer cette forme
dhypersensibilité a été longtemps acceptée. Depuis il a été démontré que
linjection de germes tués par chauffage pouvait produi-re une allergie, toutefois
moins intense et moins durable. Par lincorporation du matériel antigénique dans
des adjuvants tels que de lhuile de paraffine, la vaseline ou les cires extraites de
bacilles acido-résistants., l effet allergisant peut être considérablement
renforcé ( adjuvants complets de FREUND ).
A noter que lhomme est particulièrement apte à développer des allergies du type
retardé.
5) Symptômes du choc anaphylactique
Les symptômes du choc anaphylactique sont identiques et spécifiques à chaque espèce, quel que soit lantigène utilisé. Par exemple, en cas de piquûre dabeille, on observe :
A) manifestations cliniques
1) libération massive de lhistamine cellulaire, elle entraîne :
2) une décharge dhéparine. L'héparine entraîne une hypo ou incoagulabilité du sang responsable de pétéchies et dhémorragies parfois sévères.
6) Antianaphylaxie
Au début du siècle BESREDKA a fait une découverte importante qui a trouvé depuis de larges applications en thérapeutique. Lexpérimentateur injecte en sous cutané à un cobaye sensibilisé au sérum de cheval une dose faible non mortelle de ce sérum. Après lavoir reçue, il est capable, quelques heures plus tard, de supporter une injection intraveineuse de ce sérum à une dose habituellement mortelle . Si le sérum est injecté par petites fractions en plusieurs doses successives la protection conférée est encore plus efficace. Lexplication de cette action protectrice tient à ladministration de lantigène à des doses faibles fractionnées . Ces doses permettent dépuiser progressivement les anticorps présents, sans atteindre le seuil capable de déclencher une réaction allergique. Lorsque la quantité totale des anticorps présents dans lorganisme a été neutralisée, le sujet devient insensible à lantigène, quelle que soit la dose alors . Il faut environ six à dix jours à lorganisme pour reconstituer le stock danticorps. Cette technique dinjections fractionnées est largement utilisée en médecine à chaque fois quil y existe un risque de réaction anaphylactique, lors dinjection de sérum hétérologue, type sérum antitétanique de cheval, de pénicilline, ou dinsuline de porc, de produits de contraste iodés en radiologie.
RÉACTIONS ALLERGIQUES : MÉCANISMES CELLULAIRES ET MOLÉCULAIRES
GÉNÉRALITÉS
Il sagit là de la partie la plus passionnante mais aussi de la plus
complexe à suivre et à comprendre. Les termes employés sont maintenant connus si
lon prend le temps de la réflexion. Jai simplifié au mieux et jespère
que les spécialistes men excuseront.
De très importants progrès ont été réalisés au cours des dernières années dans la
connaissance des cellules et des médiateurs qui interviennent dans lallergie.
Lidentification des ces médiateurs, lanalyse de leur structure chimique et
létude de leurs voies métaboliques, cest-à-dire de leurs étapes de
synthèse et de dégradation dans lorganisme, sont indispensables au développement
de nouvelles classes de médicaments anti-allergiques. Parmi les médiateurs de
lanaphylaxie, le plus anciennement connu (1910) est lhistamine . De nombreux
analogues structuraux ont été obtenus depuis par synthèse chimique. Certains, appelés
pour cette raison antihistaminiques, ont la propriété de se fixer sur les récepteurs
cellulaires H1 ou H2 de lhistamine, empêchant ainsi la fixation de lhistamine
elle-même sur les sites cellulaires ( semblables, ils bloquent les sites
dactivités de lhistamine par effet structurel dit stéréochimique).
LES MÉCANISMES DE LANAPHYLAXIE
1) Les immunoglobulines : se sont en particulier les IgE, les IgG et les IgA ,IgM.
Les immunoglobulines de la classe IgE sont chez lhomme essentiellement les anticorps responsables de lanaphylaxie :
Dosage. En présence dun allergène, il est possible de doser les anticorps de classe IgE spécifiques de cet allergène par diverses méthodes :
Contrôle de la production dIgE. Le
niveau de production dIgE dun individu est déterminé génétiquement, mais
est contrôlé par des cellules T produites dans le thymus Les cellules T agissent par
lintermédiaire de médiateurs se liant à la partie Fc de lIgE, les "IgE
Binding Factors". Ceux ci régulent la production danticorps IgE, sans modifier
celle des autres classes danticorps. Sous forme dun mélange avec un adjuvant
incomplet comme lhydroxyde dalumine (alun) utilisé médicalement
(STALLERGENE°) dans la désensibilisation, les allergène favorisent la production
danticorps IgE, alors que ladjuvant complet de FREUND la diminue.
Les anticorps IgG. Les IgG spécifiques dun
allergène peuvent entrer en compétition avec les IgE et empêcher les IgE
dinteragir avec lallergène. Application clinique.
Cest ce que lon fait lors des " désensibilisations" par injections
répétées de petites doses dantigène proposés par des laboratoires médicaux
spécialisés. On stimule ainsi la production danticorps IgG au détriment de celle
des IgE. Lallergie devient supportable voir disparaît.
2) Mécanismes biochimiques de lactivation de la dégranulation.
Pour ceux qui aime un peu la biochimie voici de façon très schématique comment cela se passe. -En présence de calcium, les complexes multivalents formés avec les IgE activent un premier système enzymatique . il sagit de proenzymes et d enzymes I et II. Ils permettent la libération de médiateurs préformés contenus dans les granules. Le mécanisme est freiné par lAMP cyclique, par les inhibiteurs de la dégradation de la phosphodiestérase , par les récepteurs b-adrénergiques (type adrénaline) .
Le mécanisme est stimulé par Les b-agonistes stimulent ladénylcyclase qui est freinée par la stimulation des alpharécepteurs.
3) Lhistamine et la sérotonine.
Ces deux médiateurs sont les constituants principaux des granules. Les
médiateurs ont des activités variées mises en jeu par leur fixation sur des récepteurs
situés sur différents tissus. Ils augmentent la perméabilité capillaire, contractent
les muscles lisses (récepteurs H1 de lhistamine), stimulent la sécrétion acide de
lestomac (récepteurs H2 de lhistamine).
Lagrégation des plaquettes (PAF), le chimiotactisme des polynucléaires
éosinophiles (ECF)sont activés. Enfin, récemment a été mise en évidence une phase
tardive de lhypersensibilité à IgE. Elle comporte une réaction inflammatoire avec
infiltrat de polynucléaires neutrophiles et de cellules mononuclées. Le médiateur
responsable est un facteur chimiotactique pour les polynucléaires neutrophiles (NCFA).
Les cellules accumulées sur place agissent en libérant à leur tour des facteurs
favorisat linflammation.
4) Linteraction de lallergène avec les anticorps IgE à la surface des cellules.
Linteraction stimule la synthèse dautres médiateurs dérivés de lacide arachidonique, bien connu des apiculteurs puisquil intervient dans les synthèses des phéromones de la reine Lactivation de la cyclooxygénase peut être bloquée par laspirine et lindométhacine ( INDOCID°) .Elle entraîne la synthèse de différentes prostaglandines . La lipooxygénase aboutit à la synthèse du facteur chimiotactique des éosinophiles (ECF), des leukotriènes C4 et D4 et du SRS-A "Slow Reactive Substance of Anaphylaxis" Pour ceux qui ont suivit jusque là ,apparaît le PAF-acether ou "Platelet Activating Factor" (acétyl-glyceryl-ether-phosphorylcholine pour les puristes).
5) Anaphylatoxine.
La libération de médiateurs peut être induite non seulement par lallergène spécifique lié aux anticorps IgE, mais aussi par la fixation danaphylatoxines non spécifiques type C3a et C5a. Elles sont en partie issues du clivage des composants C3 et C5 du complément et dautres produits. Si vous avez lu et suivi jusque là, bravo !
6) Interêt médical.
Lintérêt de la connaissance de ces mécanismes complexes et rébarbatif pour un profane se trouve dans les applications thérapeutiques. La dégranulation peut être bloquée par les corticostéroïdes, par le chromoglycate disodique (LOMUDAL) et ses semblables . Cest le soulagement pour des millions de patients atteints de rhinite allergique, dasthme qui trouve ses explications ici.
LES MÉCANISMES DES RÉACTIONS
DHYPERSENSIBILITÉ DE TYPE II ET III
1) Activation du système.
Ces réactions mettent en jeu les mêmes mécanismes, faisant intervenir lactivation du système du complément par des complexes antigène-anticorps, ainsi que dautres systèmes participant à linflammation. Lactivation a lieu à la surface de cellules-cibles, dans le secteur intra-vasculaire, dans les parois des vaisseaux, au sein du système de la coagulation et dans le système des kinines (bradykinine).
2) Réaction protéolytique.
Lactivation de ces différents systèmes comporte une série de réactions protéolytiques en cascade où interviennent diverses protéases . plasmine ou les convertases du complément.
3) Biorégulation.
La limitation de ces réactions est évidemment indispensable à la survie de lindividu. Antiprotéases. La biorégulation est assurée, dune part, par différentes antiprotéases du sérum (a1-antitrypsine, a2-macroglobuline, etc.) dont le taux de biosynthèse augmente dans les réactions inflammatoires, et, dautre part, par la durée de vie extrêmement courte de la plupart des médiateurs formés lors de lactivation de ces systèmes. De ce fait, leur action demeure localisée au site de leur formation.
LES MÉCANISMES DE LHYPERSENSIBILITÉ DE TYPE
RETARDÉ
Dans lhypersensibilité à médiation cellulaire, ce sont des lymphocytes T qui, par les récepteurs spécifiques de leur membrane cytoplasmique, assurent la reconnaissance de lantigène et la spécificité de la réaction. Ces lymphocytes T circulent constamment dans les tissus dans les vaisseaux lymphatiques à partir du sang pour traverser les ganglions lymphatiques et rejoindre la circulation sanguine. Lorsquils rencontrent lantigène au niveau dun tissu, en présence de cellules interstitielles présentant lantigène, ils sont activés et libèrent une série de lymphokines, substances agissant sur différentes catégories de cellules.
1) MIF
Le Macrophage Inhibition Factor ou facteur dinhibition de la migration des macrophages. Sa production implique la reconnaissance spécifique de lantigène par les cellules T, mais son action sur les macrophages est indépendante de lantigène. Le MIF nest pas encore parfaitement connu. Il peut sagir dune ou plusieurs glycoprotéines acides, de poids moléculaire entre 20 000 et 55 000 daltons.
2) LYMPHOKINES
Plusieurs catégories interviennent dans la réaction dhypersensibilité retardée :
Les facteurs suppresseurs limitent la réaction.
3) LES MONOKINES
Les monokines, participent à la réaction parallèlement aux lymphokines produites par
les ly mphocytes activés, issus des macrophages et des monocytes.
4) LES PROSTAGLANDINES
5) LINTERLEUKINE-1
Stimule les lymphocytes T en provoquant notamment lexpression des récepteurs pour linterleukine-2; elle agit sur les centres thermorégulateurs pour déclencher la fièvre et stimule la production dune protéine de linflammation, la protéine C-réactive, par les hépatocytes.
NB Il sagit là dune vue partielle et incomplète qui illustre la complexité remarquable de ces médiateurs et de leurs modes daction universelle dans le monde vivant mais atteignant son plus haut degré chez les primates et surtout chez lhomme.
LHYPERSENSIBILITÉ DE STIMULATION
Ce sont les phénomènes dactivation cellulaire induits par la fixation danticorps bivalents sur des antigènes de surface de la cellule.
Maladie de BASEDOW
Cest une hyperthyroïdie où lon trouve un exemple de ce type de réactions. Un auto-anticorps, le LATS (long-acting thyroid stimulator) réagit avec des stéreomères proches du récepteur de lhormone TSH (thyréotrope hypophysaire). Il y a stimulation de ladénylate-cyclase par la liaison de lanticorps. La T4 devient incapable de freiner laugmentation de la fixation diode par le corps thyroïde.
Immunopathologie
Les réactions dallergie ou dhypersensibilité immunologique ont un rôle majeur dans de très nombreuses maladies. Létude des lésions et de leurs mécanismes est lobjet dun vaste secteur de limmunologie appelé immunopathologie.
Le contrôle de ces réactions allergiques en thérapeutique humaine est rendu
difficile par la multiplication des médiateurs et par le fait que les mécanismes
élémentaires qui sont en jeu dans les réactions dhyper-sensibilité sont devenus
de plus en plus complexes au cours de lévolution sous la pression sélective de
lenvironnement, aboutissant au développement de réactions dimmunité ou de
protection. La difficulté de supprimer des réactions dhypersensibilité sans trop
altérer des réactions immunitaires indispensables à la survie de lindividu dans
son environnement est majeure.
MALADIES ALLERGIQUES
Lallergie finalement pose des questions sans réponses claires et véritablement
satisfaisantes.
Pour expliquer ces faits, les traditions et croyances locales ou médicales ont de tout temps accusé qui le foie, qui le tube digestif, la constipations, une tare systématique qui prédisposerait à lallergie, les facteurs psychiques du malade. La sorcellerie garde de chaud partisant qui font la fortune des mages, sorciers et autres gourous adeptes de para-médecine.
Une atteinte enzymatique
Celle de la muqueuse digestive peut favoriser la pénétration de substances alimentaires, antigènes potentiels. Chez les malades bronchiteux chroniques les muqueuses respiratoires sont incapables dune défense surtout chez les tabagiques où les macrophages sont rendus inefficaces par la nicotine.
Certaines déficiences organiques
Elles prédisposent à la sensibilisation allergique. Cest peut-être dans ces éléments, plus que dans les facteurs génétiques proprement dits, quil faut chercher cette notion de terrain tant prisé par les médecines parallèles.
Les facteurs héréditaires.
Lallergie de caractère familial est certaine. Les fratries, les familles
allergiques existent. Les enfants atteints deczéma infantile sont prédisposés à
devenir asthmatiques. Cependant le caractère génétique de lallergie nest
pas prouvé . Ainsi des jumeaux homozygotes ne vivant pas dans un milieu identique voit
lun devenir allergique lautre pas.
Pathologies
Les syndrômes allergiques par la sensibilisation allergique sont patents dans des
maladies aussi dissemblables que lasthme, les eczémas, migraines, thyroïdite,
myasthénie grave, maladies du sang etc. Tous les tissus peuvent pratiquement être le
siège de réactions allergiques, ce qui explique le grand polymorphisme de leurs
manifestations cliniques.
En dermatologie
Urticaire, loedème de Quincke, les eczémas, les érythèmes
polymorphes, le purpura.
Pneumologie
Les atteintes de la muqueuse du tractus respiratoire avec des rhinopathies, sinusites, la
toux spasmodique, lasthme.
Lappareil digestif
Lallergie peut se traduire par des gastrites, des entérites, des colites, des
pancréatites, des atteintes hépatiques. Elle peut même présenter le tableau dun
syndrome abdominal pseudo-chirurgical aigu !
Autres
Des troubles affectant le tractus urogénital, les articulations, le système nerveux
central et périphérique, les muscles striés, les vaisseaux, loeil et ses annexes,
loreille interne peuvent relever de causes allergiques.
PRINCIPAUX SYNDRÔMES ALLERGIQUES
CHOC ANAPHYLACTIQUE
Chez lhomme sensibilisé un collapsus cardio-vasculaire aigu dramatique peut
survenir quelques minutes après une piqûre de guêpe ou dabeille,
ladministration dun médicament comme laspirine ou lingestion
dun aliment.
MALADIE SÉRIQUE
Ce syndrome est caractérisé par lapparition dune éruption
urticarienne, du prurit ( démangeaisons), de la fièvre, des arthralgies, des
adénopathies et une atteinte rénale avec albuminurie. Les symptômes sur-viennent
généralement sept à dix jours après ladministration dun sérum
thérapeutique, de pénicilline ou, bien que plus rarement, dautres médicaments.
Les lésions presque toujours réversibles et curables appartiennent au type I.
Remarque : parfois mortelle, la maladie sérique due à lusage de sérum
antitétanique hétérologue chez des non-vaccinés est trop fréquente encore du fait de
lobligation de la vaccination antitétanique . Celle ci nest pas en pratique
appliquée par tous. Les rappels périodiques indispensables , sont loin dêtre la
règle . Le médecin, sil y a blessure, de par la loi est, en cas dabsence de
preuve de vaccination, contraint de faire une injection de sérum anti-tétanique ! Le
coût élevé des gammaglobulines antitétaniques dorigine humaine fait que nous
devons encore utiliser trop souvent des sérums hétérologues de cheval, avec un risque
de maladie sérique majeur. Ce qui est un non sens médical. Pour ma part je
nutilise en cas dabsolue nécessité que des gammaglobulines humaines. A quand
le retrait de vente des produits dorigine animale ?
LES POLLINOSES, ASTHME
Les allergènes polliniques sont très souvent responsable dallergies de type immédiat. Elles sont de type saisonnier. Il existe dailleurs des calendriers polliniques permettant de connaître les pics polliniques pour chaque région selon la technique de COUR. Deux types :
Mécanisme allergénique
La pénétration des grains dans lappareil respiratoire intéresse toutes les
parties y compris les alvéoles . Ils se fixent sur les muqueuses. Il en est de même dans
le tractus digestif.
Linteraction Pollen-muqueuse dépend des enzymes très abondant dans les pollens.
Ils facilitent la pénétration. Ils ont un effet allergisant direct et indirect. En
arrivant sur la surface humide des muqueuses, sous laction denzymes activées,
le grain de pollen éclate et déverse séquentiellement son contenu. Il contient des
protéines plus ou moins allergéniques. Les protéines antigènes majeurs (par opposition
aux mineurs peu représentés ) sont en cause chez un très grand pourcentage de la
population allergique à lextrait de pollen total considéré. Ceci explique aussi
la différence dactivités entre pollen frais et sec. Les pollens frais sont
vivants, riches en enzymes variés. L intérêt médical du pollen frais se trouve
en partie dans la stimulation de limmunité locale digestive et générale. Leur
digestibilité est excellente chez lhomme. Les pollens secs sont sans enzymes
actives . Ils sont inertes et deviennent de simples protéines végétales et des lipides
complexes dégradés peu allergisant associés avec des oligo-éléments et dautres
produits (Beta Carotène, vitamines B, Calcium, Magnésium, Phosphore, insaponifiables
végétaux, phytostérols). Ils sont indigestes pour lhomme et mortels pour les
bourdons en élevage.
Les très rares manifestation allergiques apparues chez quelques consommateurs pour
regretable quelles soient ne justifient pas linterdiction de vente de pollen frais.
Les fraises, les crustacés sont responsables de beaucoup plus daccident. Sont-ils
pour autant interdit ? Il convient davertir et dinformer le consommateur des
éventuels risques daccident allergique par un étiquetage approprié. Ceci devrait
aussi être le cas des autres produits aliimentaires allergisants. Deux poids deux mesures
? Il ne semble pas exister de véritable identité allergé-nique même partielle au sein
de lensemble des différents pollens allergisants. Cependant chez les pollens de
graminées existent des com-munautés antigéniques ce qui permet de réaliser une
désensibilisation avec une seule espèce pour la totalité des graminées. Il en va de
même pour les oléacés, certains arbres et les arbres fruitiers. Le printemps reste la
période pollinique majeure mais toute lannée des pollens allergisants sont
présents dans l atmosphère. Ainsi durant les périodes :
Lasthme, le coryza spasmodique sont deux manifestations de la même
maladie qui affectent les deux étages des voies respiratoires. Ils peuvent être
indépendants, coïncider ou se succéder. Lasthme se traduit par des accès de
dyspnée paroxystique du type expiratoire, on dit blocpnée, avec des râles sibilants
(siflants) et une expectoration visqueuse blanchâtre accompagnée de sévères quintes de
toux.
Le coryza spasmodique est secondaire à une congestion des muqueuses nasales, sinusiennes,
conjonctivales avec rhinorhée claire et filante souvent impressionnante . Coryza
spasmodique et asthme sont des affections qui débutent à tous les âges. Par leur
tendance à la chronicité et à la surinfection aux complications, ces affections sont
des maladies graves.
AUTRES FACTEURS
Une périodicité moins nette et létalement des crises au fil de lannée suggèrent la présence, dans lenvironnement, de causes permanentes de nature variable. Les plus fréquents sont :
URTICAIRE ET OEDÈME DE QUINCKE
Lurticaire est éruption cutanée caractérisée par des papules
prurigineuses analogues à celles que provoquent les piqûres dorties. Il évolue le
plus souvent par poussées.
Loedème de Quincke se manifeste par des tuméfactions circonscrites et limitées
siégeant sur nimporte quelle partie du corps y compris les muqueuses viscérales.
Ces tuméfactions apparaissent et évoluent par poussées, avec récidives, et certaines
formes sont héréditaires.
Le dermographisme
Motif fréquent de consultation après un repas sur lherbe. Les mêmes éléments
lésionnels dus à la vasodilatation, la transsudation plasmatique et linfiltration
déosinophiles caractérisent loedème de Quincke, lurticaire et le
dermographisme. Les trois affections peuvent évoluer de façon autonome ou coïncider.
Leurs étiologies se confondent. Par ordre décroissant de fréquence se sont les
infections focales, les médicaments et les aliments.
ECZÉMAS
On distingue classiquement :
1) Eczéma atopique
Cette affection du nourrisson est caractéristique par sa localisation. Sont touchés
électivement le visage, le cou, les plis de flexion des membres. Leczéma évolue
par poussées et saccompagne dune peau particulière a type peau de poisson
(ichtyosis), sèche, aux réactions différentes lors de la pression ou du frottement. Le
taux de guérison est très variable et les rechutes peuvent survenir à lâge
adulte. Biologiquement il y a une élévation considérable, dès les premiers mois de la
vie, du taux dIgE circulantes. Leczéma atopique fait le lit de lasthme.
Il précède fréquemment, ou alterne dans le temps avec des allergie respiratoire:
rhinite, asthme.
A lorigine se trouve souvent des allergies alimentaires, en particulier
au lait de vache..
2) Eczéma de cause externe. Dermite de contact.
On observe des lésions cutanées à forme deczéma provoquées par le contact avec
des substances diverses : médicaments, cosmétiques, substances dorigine minérale,
synthétique, végétale comme la propolis la photosensibilisation - par médicament. Elle
se traduit par des réactions cutanées de diverses formes (eczéma, urticaire,
dyschromie) lors de lexposition même minime au soleil. Parmi les substances les
plus fréquemment en, tétracyclines, les quilonones en particulier par les essences
végétales : bergamote, limon, angélique, parfums divers.
MALADIES PAR AUTOSENSIBILISATION
Sont considérées ou présumées comme relevant de la pathogénie auto-immune
les affections suivantes : lanémie hémolytique, maladie de BERGER,
lhémoglobinurie paroxystique, le purpura thrombocytopénique, le lupus
érythémateux disséminé, la polyarthrite chronique évolutive, la sclérodermie, la
dermatomyosite, la périartérite noueuse, la myasthénie grave, lophtalmie dite
sympathique, le diabète insulino-dépendant, certaines thyroïdites, lanémie de
Biermer, les oligoastheno-spermies et les azoospermies pour ne citer que les plus
courantes. Leurs mécanismes font lobjet de recherches très actives.
BILANS ALLERGOLOGIQUES
Les réactions anaphylactiques, telles celles qui sont induites par les venins
dhyménoptères ou les injections médicamenteuses, apparaissent chez un pourcentage
régulier dindividus exposés. Les réactions allergiques mettant en jeu des
complexes antigène-anticorps initialement non IgE.
On peut les dépister dans le sérum en sachant que cette présence nest
pas synonyme daffection allergique puisque lexposition à un allergène
provoque chez certains individus normaux lapparition transitoire dIgE
spécifiques. Les apiculteurs ont des taux souvent important IgE antivenin dabeille
sans manifestation clinique du fait de la présence dIgG bloquant. Ils sont
solicités pour devenir donneur dallerglobulines spécifiques. On peut aussi les
retrouver par leur réactivité sur les cellules cibles, mastocytes et, dans une certaine
mesure, basophiles, en évaluant la libération par dégranulation de médiateurs à
partir de ces cellules.
TESTS CUTANÉS ET TESTS DE PROVOCATION
Les tests cutanés.Leur spécificité est relative. Ils explorent les conséquences,
complexes, de la libération des médiateurs intra-mastocytaires sur la perméabilité
capillaire, les terminaisons nerveuses locales. Les tests cutanés et les tests de
provocation sont inhibés par les médications anti-allergiques à doses usuelles,
contrairement aux tests in-vitro étudiant les anticorps IgE . De nombreuses substances se
comportent en irritants et vont entraîner chez tous les individus, à concentration
parfois moyenne, une réaction inflammatoire immédiate, tardive ou retardée, dont la
signification est difficile à analyser.
A ) Prick
Ils doivent toujours être effectués superficiellement sous forme de scarification, ou "prick", dont la reproductibilité est excellente.
B ) Les intra-dermo réactions
A ne faire que si lon dispose dextraits purifiés standardisés, lyophilisés, reconstitués à laide dun diluant contenant de lalbumine humaine. La surveillance des tests cutanés est importante, et la lecture doit seffectuer à 10, 20 minutes,1, 2 heures, puis de 2 en 2 heures jusquà 8 heures, puis à 1,2 et 3 jours. Lhospitalisation du fait des risques potentiels est de règle. Léchelonnement de la positivité permet dimpliquer essentiellement les IgE pour une réaction immédiate voire tardive. Dautres classes dimmunoglobulines en cas de réaction du type Arthus, et enfin les populations lymphocytaires elles-mêmes en cas de réaction retardée.
Ces tests sont importants pour la matérialisation et la reproduction des symptômes ; ils trouvent leur intérêt particulier en médecine professionnelle et, en cas de litige, en médecine légale.
C) Les tests de provocation conjonctivale
Se pratiquent encore quelque fois dans la désensibilisation dans les
pollinoses. Ils sont de pratique délicate et ne peuvent être effectués quen
milieu hospitalier spécialisé.
D) La rhinomanométrie
La mesure de la résistance du passage de lair, de sa modification thermique et
hydrique, au niveau nasal, est fondamentale.
E) Lexploration fonctionnelle respiratoire EFR avec tests de
provocation par aérosol.
Dans les allergies alimentaires, la mise en évidence par test de provocation sous
contrôle radiologique de symptômes sous leffet dun aliment suspect se fait
selon deux modalités bien codifiées :
EXAMENS DE LABORATOIRE
Les taux normaux circulants dIgE varient au cours de lexistence, la valeur
physiologique se situe entre 1 et 250 ng/ml. Limmuno-enzymologie permet identifier
les IgE dans leur ensemble, ou en fonction de leur spécificité envers un allergène.
Taux dIgE globales. On utilise trois tests :
le RIST repose sur la compétition entre IgE non marquées et IgE marquées à
liode 125, vis-à-vis dun site de fixation anticorps anti-IgE fixé sur
Sephadex (particules solides) ; on rapporte les résultats obtenus avec le sérum à
étudier à ceux qui sont obtenus avec un système étalon (Radio-immunosorbent),
le PRIST consiste à absorber des anticorps anti-IgE sur disques de papier que lon
met en présence durant trois heures avec les IgE marquées à liode 125 radioactif,
quils fixent proportionnellement au taux dIgE déjà fixé, ce qui permet une
mesure du taux de ces dernières (Paper Radio-immunosorbent test). On obtient avec ces
deux tests des résultats quantitatifs fiables dont le seuil de sensibilité descend loin
en dessous de celui des méthodes dimmuno-diffusion, ce qui permet dapprécier
chez un patient un degré datopie. Au PRIST lâge joue un rôle important dans
le taux dIgE des jeunes enfants. Ils ont en moyenne près de dix fois moins
dIgE que les adolescents,
le Total-IgE FAST utilise un anticorps monoclonal anti-IgE humaine marqué à la phosphatase alcaline, un substrat fluorogénique et un fluoromètre. Le coefficient de variation est inférieur à 10 %. La sensibilité (inférieure à 0,5U.I./ml) fait du Total-IgE FAST un test très intéressant pour le dépistage de lallergie en néonatologie, dans la première enfance et pour des dosages précis permettant le suivi des patients. Taux dIgE spécifiques RAST cest une méthode semi-quantitative, il permet dapprécier le degré dhypersensibilité vis-à-vis dun allergène donné. (Radioallergosorbent test ). Ce test est applicable aux sécrétions nasales. Il permet éventuellement de constater des réactions croisées entre divers pollens. Le test IgE FAST présente de nombreux avantages sur les techniques existantes.
En sachant que les corrélations avec le RAST sont excellentes, le FAST est non isotopique et beaucoup plus rapide (6 heures au lieu de 48). Ce test offre une interprétation objective des résultats. Les liaisons non spécifiques sont réduites au minimum et il nexiste pas dinterférence provenant du sérum. Les anticorps monoclonaux utilisés dans ce test donnent des résultats inégalables en spécificité et sensibilité. Libération dhistamine. Un tel test a lavantage dexplorer les IgE fixées. La libération dhistamine peut être indirectement appréciée par une série de tests qui consistent à étudier la dégranulation des basophiles humains circulants examinés par des méthodes cytologiques.
Grâce au développement des méthodes de dosage spectrofluorométrique automatisées, lhistamino-libération peut être appréciée avec une précision extrême (moins de 1ng/ml).
Les résultats sont exprimés en pourcentage dhistamine libérée par rapport à lhistamine totale des leucocytes ou du sang total.
Test de transformation lymphoblastique. Le test de transformation lymphoblastique est dexécution délicate, nécessitant un personnel entraîné, et ses contraintes technologiques actuellement en pleine évolution font quil reste lapanage de certains laboratoires spécialisés. La surveillance dune parasitose apparemment guérie est également un domaine où le T.T.L. est intéressant. Pour les transplantations dorganes, le T.T.L est utilisés couramment, de même que pour le diagnostic des maladies auto-immunes et la surveillance de la réactivité immunologique du sujet. Dans les uvéites, le T.T.L. est extrêmement utile.
TRAITEMENT DES ALLERGIES
Dans lidéal, le traitement des manifestations allergiques devrait passer
par une triade indispensable : prévention, hygiène de vie, éviction. Léchec de
ces mesures nécessite le traitement dun malade allergique parfois dans
lurgence allergique. Parfois le traitement sera étiologique le plus souvent il sera
symptomatique.
PRÉVENTION ET HYGIÈNE DE VIE
La prévention des affections stimulant indûment le système immunitaire est une täche
quotidienne allant à contre-courant de bien des aspects de la civilisation industrielle.
Dès la conception, chaque instant de la vie expose à un risque allergique dont la
gravité et lévolutivité doivent être appréciées.
Grâce à la mise au point de techniques de dépistage fondées sur les enquêtes
généalogiques, mais surtout sur la détection du taux dIgE in utero, dans le sang
du cordon, puis au cours des premiers mois de la vie, peuvent être considérés ,comme
population à haut risque daffections allergiques de type immédiat, les enfants
ayant un taux dIgE sériques supérieur à 20UI/ml (PRIST) à lâge de un an
.Ce groupe a de grandes chances de souffrir dune maladie allergique cliniquement
évidente et à lâge adulte avoir des problèmes de vie quotidiennes.
Les allergènes denvironnement les plus agressifs sont connus : pollens des
graminées, phanères (chats, rongeurs), acariens de la poussière de maison, bois
exotiques, médicaments, protéines étrangères.
La suppression dès la naissance des quatre facteurs suivants :
Cette suppression réduirait de 70 à 7 % le pourcentage denfants, nés de parents atopiques, présentant à dix-huit mois une manifestation atopique !
Les stress psychologiques et physiques perturbent le fonctionnement du système
immunitaire .Ils peuvent déclencher, aggraver ou révéler une allergie.
LURGENCE EN ALLERGIE
Les urgences potentiellement mortelles existent en allergologie plus quailleurs :
allergie au venin dhyménoptère, à certains médicaments, après une injection
inadéquate dallergènes, au blanc doeuf, aux arachides, le choc sérique.
a) Traitement durgence (par médecin) repose sur :
b) Par défaut par le patient ou un proche formé en attendant les secours médicaux :
Une surveillance vigilante et la poursuite du traitement en réanimation est
nécessaire.
Chaque allergique connue devrait connaître ces mesures et posséder une seringue pour
sinjecter de ladrénaline par voie sous-cutanée. Il doit avoir sur lui des
comprimés de SOLUPRED® (stéroïdes à action rapide) et des antihistaminiques comprimes
ou buvables faciles à prendre. Le "Dyspné-Inhal®" pulvérisé dans la gorge
et inhalé au moindre soupçon doedème glottique garde tout son intérêt.
LE TRAITEMENT ÉTIOLOGIQUE DES ALLERGIES
Le traitement étiologique de la plupart des affections allergiques cutanées,
respiratoires, digestives ou complexes est la suppression de la cause.
Il faut savoir obtenir du patient léviction de la cause de ses troubles ce qui par
expérience nest pas facile. Chez les apiculteurs ce fait est particulièrement
évident dans les dermites de contact.
La recherche assidue de la cause est la partie primordiale du traitement. Il est
exceptionnel de se trouver devant un allergène de contact qui ne puisse être supprimé
totalement. Cela peut poser des problèmes psychologiques ou sociaux. Le reclassement
professionnel est parfois nécessaire.
Le même raisonnement est valable pour linhalation de la plupart des substances:
acariens de la poussière de maison, pollens, phanères. Pour cette enquête
étiologique, les tests sont indispensables : tests cutanés à lecture immédiate pour
lallergie réaginique, tests épicutanés pour le dépistage dune dermite de
contact. Les techniques in vitro sont de plus en plus utilisées pour confirmer un
diagnostic clinique hésitant, pour préciser lallergène en cause.
DÉSENSIBILISATION SPÉCIFIQUE
La désensibilisation spécifique est efficace pour les malades atteints de coryza
spasmodique, elle lest moins dans lasthme allergique. La désensibilisation
spécifique :
Indications de la désensibilisation. Elles sont très limitées, puisquelle ne peut sadresser quà des allergies de type immédiat, ubiquitaires ou professionnelles, avec un extrait allergénique utilisable de façon courante. Cest un traitement astreignant, pouvant donner des incidents et des accidents, onéreux, prolongé et nécessitant une coopération exemplaire du patient dans le double sens !..
Les indications doivent être soigneusement pesées et appréciés pour chaque
patient.
Les résultats les plus favorables ont été enregistrés essentiellement dans les
allergies aux venins dhyménoptères. Ici la manipulation reste délicate, à faire
par des personnels expérimentés .La désensibilisation accélérée avec obtention de la
dose maximale en 2 à 4 jours se fait en milieu hospitalier et en quelques mois en milieu
de ville. A un degré un peu moindre les pollinoses, plus accessoirement, les
sensibilisations à la poussière de maison et aux acariens, les allergies à la farine
sont des indications.
Chez les allergiques la spasmophilie est fréquente. Le taux de calcium est normal mais le déficit en magnésium (dosage non remboursé par la S.S.) est responsable dune augmentation de la libération dhistamine et dautres amines vaso-actives. La correction dune spasmophilie par du magnésium diminue la fréquence, lintensité, et parfois fait disparaître les manifestations allergiques. Cest un traitement anodin souvent efficace à peu de frais.
TRAITEMENTS SYMPTOMATIQUES
Certains médicaments symptomatiques sont utilisables dans toutes les manifestations allergiques, quels quen soient lorigine, le lieu, lexpression :
Localement beaucoup de produits cosmétique "protecteurs" sont des sensibilisants. Lexcipient joue un rôle fondamental, et il vaut mieux une lotion ou une pommade quune crème. Toute la pathologie allergique cutanée peut être déclenchée, révélée, ou aggravée par la lumière solaire.
La prudence devant lexposition solaire chez tous est de mise. Le port de vêtements opaques est indispensable.
Chez les photoallergiques , lutilisation doxyde de titane , la prise de vitamine PP voire dantipaludéens de synthèse (PLAQUENIL®) permet de mener une vie presque normale. Les antihistaminiques, comme ZYR-TEC®, VIRLIX®, ATARAX®, etc. sont prescrits sous forme de comprimés, sirop , avec beaucoup de succès. Les médications par voie externe sont limitées dans leur nombre pour les manifestations allergiques.
Les traitements naturels comme le vinaigre dilué, le thé, une eau peu
minéralisée (Évian, Volvic) gardent ici tout leur intérêt et sont relativement
efficace dans le traitement symptomatique dune affection cutanée allergique quelle
quen soit lorigine.
Traitement en Ophtalmologie :
En ORL
La rhinite médicamenteuse sinstalle rapidement et les vasoconstricteurs ont un
effet délétère. Il sétablit pour certain dentre eux une
pharmacodépendance ATURGYL ®. Les produits simples comme leau de mer, le
sérum physiologique, cer-taines solutions de sources thermales, le PRORHINEL® sont à
utiliser. Les aérosols de béclométhasone, corticostéroïdes daction locale ont
révolutionné le confort des patients.
Traitement en Pneumologie
Avec les inhibiteurs de la dégranulation des mastocytes comme le cromoglycate
disodique, LOMUDAL® , LOMU-SOL® on dispose enfin dun traitement préventif de
lasthme allergique et de la rhinite. Les médications symptomatiques sont utiles,
souvent indispensables dans lasthme. Les b-2-stimulants en comprimés, injections
sous-cutanées, aérosols de poche sont les bases de la thérapeutique. Labus des
aérosols peut être responsable daccidents graves. Léducation des patients
bien faite limite en associant lutilisation de chambre dinhalation les
surdosages et les gaspillages de produit . Les produit récents (FORRADIL®, TERGYSAT®,
etc.), leurs associations avec des bêta mimétiques ou des corticoïdes a grandement
amélioré le confort des patients. Les médications de la maladie asthmatique utilisent
aussi les dérives xanthiques, les phyllines. Théophylline moins aujourdhui
quhier, Aminophylline, Bamiphylline. Elles existent sous toutes les formes
injectables aéro-sols comprimés sirop. La Théophylline par voie injectable complète et
prolonge laction des b-2-stimulants. Les corticostéroïdes par voie injectable,
orale seront utilisés de façon épisodique et complémentaire. Il faut utiliser
des produits à demi-vie courte chaque fois que possible (Prednisone, Prednisolone) en se
méfiant des formes injectables retard, dont les inconvénients sur le métabolisme du
sujet surtout au long cours, surpassent les avantages.
Dans linflammation respiratoire allergique les corticostéroïdes par inhalation sont un appoint considérable dans le traitement et ont peu deffets systémiques.
Ce rapide survol de lallergie de ses mécanismes, de ses conséquences médicales et thérapeutiques, a, je lespère pas été trop rébarbatif. A-t-il répondu à vos interrogations ? En suscitera t il dautres ? Cet article vous a permis en tous cas de mieux cerner les difficultés et la complexité des problèmes posés par lallergie. Il a essayé dêtre complet sans aller dans les cas particuliers La pathologie apicole est rapportéeà chaque fois au cas général pour en permettre la bonne compréhension.
Il vous reste à envisager les problèmes que rencontre le médecin quand il reçoit un patient qui lui dit inquiet "docteur je suis certainement allergique à"...
Espérons que vous ne le serez pas à ce type darticle !
Dr BECKER
CETAM Lorraine
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