Editorial n°949
Bonus – malus
?
Depuis que le réchauffement climatique
préoccupe nos concitoyens une activité commerciale nouvelle a vu le jour dans la
grande industrie – la commercialisation du droit de polluer.
Cette notion a semblé intéressante puisque reprise pour l’automobile : ceux qui
ont l’envie et les moyens de s’offrir une grosse cylindrée achètent avec leur
voiture le droit de polluer - c’est ce que l’on appelle un malus.
Espérons que notre activité apicole reste à l’abri de ce droit de polluer,
encore que - car ce serait le début d’un monde sans abeilles. C’est d’ailleurs
le sujet d’un téléfilm qui sera prochainement diffusé sur ARTE. Un monde sans
abeilles : mythe ou réalité très prochaine…
Pour nos 700 collègues apiculteurs de la rive droite du Rhin, qui ont perdu 11
500 colonies décimées par les poussières du Poncho, ce n’était pas un mythe. La
décision des services vétérinaires « a été prompte » : incinération de tout le
matériel pollué par les poussières : cadres de pollen, de couvain, etc…
Nous avons vu des apiculteurs, les larmes
aux yeux, jeter leur patrimoine apicole dans les bennes prévues pour éliminer
les preuves de ce désastre et tout ceci dans une odeur pestilentielle. Cette
odeur flotte aussi dans de nombreux jardinets et nichoirs du fait des oiseaux et
oisillons morts par empoisonnement. Chaque dimanche la presse locale remplit une
page de témoignages de détresse…
Et malgré ces décisions drastiques, à 25 km de la zone polluée, les éleveurs se
plaignent : les élevages de reines produisent 80 % d’avortements (reines mortes
à la naissance, difformes, handicapées).
Alors bien sûr, la question est dans toutes les conversations : comment cela
est-il possible alors que de tels drames ont déjà été vécus : Régent dans le
Gers en 2003, Cruiser et Poncho en Italie en 2007 avec répétition en mars 2008 ?
Et même le syndicat des apiculteurs professionnels allemands lors d’une revue de
presse du 22 janvier 2008 qualifiait de « gigantesque détournement des
conclusions de Bienen Monitoring » l’utilisation de conclusions tronquées et
dévoyées pour emporter une AMM pour le Poncho.
Comment de tels drames restent-ils possibles ? Peut-on encore parler de
négligence ?
Malus encore pour ceux qui ont réalisé les semis. En regardant la photo des
graines de maïs Poncho qui traînent en bordure de chemin fréquenté par des
enfants, on ne peut qu’avoir la chair de poule et qualifier de criminelles de
telles négligences.
F. ANCHLING
Editoriaux : 2008 - 2007 - 2006 - 2005 - 2004 - 2003 - 2002 -2001 - 2000 - 1999 - 1998
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