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Le Nicaragua et son miel bio par Gilles Fert Trait d'union entre l'Amérique du Nord et l'Amérique du Sud, le Nicaragua est un pays de lacs, de forêts et de volcans. La culture des abeilles a été pratiquée depuis toujours par les civilisations préhispaniques. Aujourd'hui, un apiculteur peut faire vivre sa famille avec 50 ruches. |
Avec une situation géographique exceptionnelle, le Nicaragua est le plus grand pays d'Amérique centrale, presque aussi étendu que l'Angleterre. La superficie des célèbres lacs est de 9240
km2, ils forment la plus grande réserve d'eau douce d'Amérique centrale. Les lacs Nicaragua et Managua représentent à eux seuls 10% de la superficie du pays. Les volcans sont au nombre de 58, dont 6 sont encore en activité.
La population de 5,2 millions d'habitants est ainsi répartie : 69% métis, 17% blancs, 9% noires et 5% Amérindiens, constituant une population aussi variée qu'accueillante. Le Nicaragua est un pays de passage. Les premiers Amérindiens sont venu du Mexique par le Nord, et dans une moindre mesure de Colombie et du Pérou par le
Sud.
La langue officielle est l'espagnol, bien que l'anglais soit pratiqué sur la côte atlantique. Les langues indigènes miskitos et mayagna sont encore parlées par quelques milliers de personnes dans la partie Est du pays.
La succession des crises économiques, la guerre civile de 80 à 90, plus les différents cataclysmes naturels comme l'ouragan Mitch en octobre 98 font du Nicaragua le pays le plus pauvre du continent après Haïti. Le revenu par personne est inférieur à 450 € (2002).
![]() Photo 1 : Fresque du musée de Masaya représentant les différentes activités agricoles du Nicaragua (cherchez la ruche !...) |
Aujourd'hui, l'analphabétisme est de 37% alors qu'il était de 11% en 1990. Faute de moyens financiers, et par besoin de main-d'œuvre aux champs, une partie des familles reste dans l'incapacité d'envoyer les enfants à l'école. 30% des enfants de moins de 15 ans sont déscolarisés. D'autre part, 25% des enfants souffrent de malnutrition chronique, et dans certaines régions comme Matagalpa on atteint 50%. Selon Juan Aguilar représentant de l'UNICEF dans le pays, tout ces chiffres sont malheureusement en augmentation. |
Cette situation grave fait que la plupart des ONG internationales sont représentées au Nicaragua, 7 sont françaises. Parmi celles-ci, notons la présence d'Echange et Solidarité 44, une des plus discrètes mais des plus efficaces (voir encadré). Une des solutions de développement serait peut être le tourisme, car en plus des lacs, le pays possède de nombreuses plages sur les côtes pacifiques et atlantiques. De plus, les amateurs de faune et de flore trouvent ici une nature riche et variée, pas encore trop dégradée.
Quelques chiffres
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salaire mensuel ouvrier : 60 €, enseignant : 70 €, journalier agricole : 1,80 € |
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gasoil : 0,60 €/l. |
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miel détail : 2,45 €/kg |
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ruche vide 8 à 10 € |
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ruche 2 corps prête à produire : 80 € |
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1 kg de sucre : 0,30 € |
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1 kg de cire en bloc : 2,80 € |
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1 feuille de cire gaufrée : 1 € (façonnage : 0,1 €/feuille) |
L'abeille locale était élevée bien avant l'arrivée des conquérants espagnols au XVIème siècle. Pour les indigènes, l'abeille symbolise la lumière solaire. On peut en admirer une magnifique représentation prés de Managua dans la Laguna Asososca . Cette sculpture représente une abeille placée prés du célèbre serpent à plumes Quetzalcoatl.
Le miel produit par les abeilles locales appelée "jicote" (Melipona
beecheï) et (Trigona) était le produit médicinal par excellence. Il provenait des essaims récoltés dans la forêt, mais également des ruches traditionnelles dans lesquelles ces petites abeilles sans dard étaient élevées. Aujourd'hui, contrairement aux pays comme le Venezuela ou le Brésil, cette adorable abeille est très peu exploitée au Nicaragua, mais devrait connaître un nouveau regain d'intérêt en raison de tous les avantages qu'elle offre
(voir encadré). Néanmoins, dans les rues de la capitale Managua, on peut croiser aujourd'hui des marchands ambulants proposant deux types de miels. L'un provenant des abeilles classiques dites
"africanisées" et l'autre provenant des "jicote". Le second est généralement plus cher, car rare et reconnu comme ayant plus de vertus médicinales. On l'utilise pour guérir les conjonctivites en introduisant directement quelques gouttes de miel dans l'œil. Dans certaines régions du pays, la maman frottent la langue du nourrisson avec un tissu imprégné de miel pour en éliminer les parasites qui s'y trouvent. Dans d'autres régions, la jeune maman se
"nettoie le sang" juste après l'accouchement, en absorbant quantité de tisanes d'écorces de
"jinocuago" fortement sucrées avec du miel de "jicote". Comme le veut la tradition, les séduisantes dames de la capitale l'utilisent avec succès comme masque de beauté : le miel de
"jicote" est mélangé avec du lait en poudre avant d'être appliqué sur le visage pendant une heure. Une utilisation plus rurale mais pas moins intéressante consiste à faire accepter sans difficulté le mors d'un jeune cheval en l'enduisant de miel.
| Dicho popular (dicton populaire) : "Sacristan que tiene cera y no cultiva abejas se la saco de la oreja o se la robo del panal". "Le sacristain qui a de la cire mais n'a pas de ruche, l'obtient de ses oreilles ou la vole du rayon des abeilles." Les insectes en général sont très présents dans la tradition populaire du pays. Par exemple, afin que le malheur ne s'introduise pas dans la maison, on place un nid de "saltecon" du genre trigona au dessus de la porte d'entrée. |
L'abeille africanisée…
Les premières abeilles européennes furent introduites dans la région de la côte Pacifique au XIXème siècle par des colons allemands. Ces producteurs de café souhaitaient améliorer leur production par la pollinisation. Plus tard, le développement de l'apiculture rationnelle débuta dans les années 60 avec un programme national agricole dans lequel était inclus l'apiculture. En 1980, le gouvernement
canadien collabore également au développement de l'apiculture avec la présence de l'ONG
"CARE". Mais en 1984, l'arrivée par le sud des premiers essaims d'abeilles africanisées bouleverse les méthodes et les habitudes de travail. Les apiculteurs ont dû s'adapter à cette abeille issue d'un croisement, et beaucoup plus agressive que l'abeille européenne.
L'abeille africanisée introduite par erreur au Brésil en 1957, l'abeille africaine
Apis mellifera scutellata s'est croisée avec l'abeilles créole Apis mellifera
mellifera. Ce croisement dominant a progressivement remplacé les abeilles créoles. La quantité importante d'essaims
issus de ces nouvelles abeilles a fait que la progression vers le nord fut rapide. Aujourd'hui l'abeille africanisée est présente jusqu'au sud des
États-Unis. Ne s'adaptant pas aux conditions climatiques difficiles, elle ne devrait pas s'étendre plus au Nord. Elle est également absente dans la partie sud du continent comme le
sud du Chili ou de l'Argentine.
![]() Photo 2 : reine d'abeilles africanisées |
![]() Photo 3 : enfumoir proportionnel à l'agressivité de l'abeilles africanisées |
Les ruches qui traditionnellement étaient placées prés de l'habitation ou dans le jardin parmi les poules et les cochons ont dû être éloignées, la taille des enfumoirs augmentée. Curieusement, après cette période d'adaptation de plusieurs années, si le nombre d'apiculteurs a légèrement diminué, en revanche le nombre de ruches a augmenté. Le plus surprenant est que la quantité de miel produite par ruche a très nettement progressé : 10 kg/an avant l'africanisée et plus de 30 kg/an actuellement. Dans la région centrale de Boaco, ou du nord de Chinandega la production peut même atteindre
75 kg pour des ruches bien conduites.
Quatre années après l'arrivée de l'africanisée, le bilan était déjà lourd, 19 personnes avaient été tuées suite aux piqûres d'abeilles. La plupart de ces victimes étaient des paysans partis récolter le miel des essaims sauvages, comme ils l'avaient toujours fait avec l'abeille créole
(C. Rodriguez).
Si on est bien protégé et équipé d'un bon enfumoir, l'apiculture reste tout à fait possible. Si l'africanisée a quelques défauts comme l'agressivité et la désertion, elle a aussi beaucoup de qualités. En plus d'être bonne productrice, elle est surtout bien résistante aux maladies du couvain. Le test de nettoyage, cher aux éleveurs et sélectionneurs de reines, permet de constater que l'africanisée élimine après
24 h, 98% du couvain tué par congélation. Par conséquent, les apiculteurs ne font aucun traitement particulier mis à part celui qui lutte contre la varroase. Ces abeilles légèrement plus petites que les européennes s'adaptent très bien dans les ruches à cadres. La dimension entre l'axe des cadres doit être légèrement inférieure, soit
31,8 mm au lieu de 34,9 pour l'abeille européenne. Elles bâtissent des cellules d'ouvrières d'un diamètre de
4,8 mm alors que les européennes ont un diamètre de 5,3 mm. Curieusement, la taille des cellules royales et celles des mâles sont identiques aux européennes.
L'agressivité importante des abeilles africanisées n'a pas fait disparaître pour autant le soucis numéro un de l'apiculteur : le vol. Ce problème en nette augmentation rend l'élevage des abeilles difficile surtout en période de production. Généralement le vol se produit la nuit : la ruche est renversée et les cadres pleins de miel emportés. Parfois c'est la ruche complète qui disparaît. Les apiculteurs doivent alors organiser une surveillance pour se protéger.
Végétation abondante…
Toute la région tropicale d'Amérique Centrale offre une quantité et une variété de fleurs endémiques
importantes. Le pays se divise en trois zones : sèches, semi-humides et humides.
Suivant les régions, les abeilles récoltent plus ou moins nectar et pollen sur une période de 10 mois. Juin et juillet sont les périodes des pluies. Les apiculteurs sont parfois amenés à donner jusqu'à 5 kg de sucre/colonie, afin d'éviter la désertion des colonies. En effet, une des particularité de l'abeille africanisée est de quitter la ruche lorsqu'il n'y a plus de réserve. Il faut reconnaître que la plupart des apiculteurs du pays commettent l'erreur de ne pas laisser suffisamment de miel au moment de la récolte, et attribue la perte hivernale au varroa alors que les abeilles ont désertées.
Principales plantes apicoles :
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Cambray (Cosmos sulphureus) |
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Flor amarilla (Baltimora recta) |
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Campanilla (Rivea corymbosa) |
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Campanita (Ipomea triloba, Iipomea pes-caprea, Ipomea crassicaulis, Ipomea tiliacea) |
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Eucalyptus |
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Cortez (Tabebuia chrysantha) |
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Lipia (Lippia virgata) |
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Salamo o madrono (Calycophyllum candidissimum) |
Toute cette diversité de plantes mellifères donne un miel clair au goût agréable, qui cristallise très rarement. Seuls quelques miels de la région
Nord-ouest finissent par cristalliser.
Il est difficile actuellement de connaître le nombre de colonies pouvant bénéficier de toute cette manne de fleurs. L'association apicole nationale avance le chiffre de
25 000 ruches. Mais le potentiel mellifère du pays permettrait d'en exploiter 10 fois plus.
Miel bio…
Le Nicaragua a très peu de surface de grandes cultures nécessitant des traitements insecticides. De plus, le monde agricole n'a pas les moyens d'acheter des herbicides. Par conséquent, l'apiculteur qui respecte quelques règles de conduite des ruches produit facilement un miel biologique. Le second soucis de l'apiculteur nicaraguayen après le vol est le varroa. Aujourd'hui, le parasite semble bien maîtrisé grâce à l'utilisation des cristaux de thymol. Deux applications annuelles à raison de 20 g/colonie permettent de faire face au varroa. Ces traitements se font par évaporation des cristaux fondus dans un simple couvercle métallique placé sur le plancher de la ruche en juin et septembre. Pas d'autres contraintes vraiment pour les apiculteurs qui produisent en bio, sachant que chacun recycle plus ou moins sa propre cire en la laminant lui-même à la coopérative. Bien sûr, les ruches faites en bois de "pochote" (Bombax ellipticum) ne doivent pas être peintes à l'intérieur. Ces producteurs qui visent l'exportation n'effectuent pas de nourrissement au sucre. Le centre de collecte de Boaco APIBO, situé au centre du pays, permet à ces apiculteurs "avant-gardistes" d'écouler sans difficultés leur production bio à un prix raisonnable proche de 2 €/kg.
![]() Photo 4 : Etiquette de miel biologique destiné au marché Italien |
Ce miel est essentiellement destiné à l'exportation vers l'Italie et l'Allemagne. Chaque producteur souhaitant vendre en bio à l'association APIBO de Boaco doit apporter au minimum un fût de 300 kg, afin de pouvoir identifier l'apiculteur responsable en cas de problème et d'effectuer une traçabilité du produit jusqu'en Europe. En plus de la vente assurée, ce centre de collecte permet aux 53 adhérents de se procurer le thymol, et autres équipements. Ils y trouvent des conseils techniques, mais peuvent également y extraire leur miel et laminer leur cire. Au cours de la campagne 2002, APIBO a exporté 6 containers de 70 fûts en miel bio, et écoulé 15 tonnes de miel ordinaire sur le marché local. |
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Les abeilles " jicote" ou melipones. Cette grande famille d'abeilles sans dard, endémique à toute la zone tropicale du continent américain, produit un miel très apprécié. Unique abeille exploitée à l'époque préhispanique, elle fut délaissée ensuite au bénéfice de l'abeille européenne plus productive. Si cette " jicote" produit moins (5 kg/colonie), elle ne nécessite aucun traitement sanitaire et surtout ne pique pas. Son miel se vend jusqu'à 3 fois plus cher dans certaine région, surtout pendant la Semaine Sainte, période à laquelle on en fait par tradition une plus forte utilisation. Depuis l'arrivée de l'abeille africanisée et du varroa, on note cependant un retour de son élevage (photo 5). Les petites caisses en bois dans lesquelles on les conduit se placent prés des habitations. Les enfants peuvent faire leurs premiers pas d'éleveur d'insectes en récoltant deux fois par an un miel particulièrement parfumé, mais plus humide que celui de l'africanisée, jusqu'à 34% au lieu de 18%. |
Témoignage d'apiculteur : "On exploite 400 ruches dans la région de Chinandega à la frontière avec le Honduras. Notre technique d'élevage est basée sur le piégeage des essaims sauvages d'africanisés. On place trois corps de ruches au même endroit, entre 2 et 5 m de hauteur. Chacun contient 9 cires gaufrées et 1 vieux cadre bâti. Tous les cinq jours on visite, lorsqu'une ruche est pleine, on la place au sol sans plus la perturber, sinon les abeilles désertent. Lorsqu'un lot d'une quarantaine est prêt, on les déplace pour constituer un rucher. Deux mois après, on tue toutes les reines dans le but de leur faire élever des jeunes qui seront moins tenté d'essaimer. En une semaine le premier corps est bâti et on superpose une hausse. Sauf problèmes climatiques, 17 jours après, ce second corps est plein. En deux récoltes/an, on atteint une moyenne de production de 65 kg/ruche." Holman Alexis Lagos Morales (apiculteur).
![]() Photo 5 : Lucia récolte le miel de melipones |
![]() Photo 6 : couvain de melipones et sa reine au centre |
Témoignage d'apiculteur : 'Je pratique la transhumance sur la "campanilla"une fois par an. N'ayant pas de véhicule, je loue une camionnette avec son chauffeur pour me rendre à 40 km, prés de Boaco. Il m'en coûte 37 € par voyage, mais en 2 mois je produis jusqu'à 40 kg/ruche. L'emplacement est surveillé par le propriétaire et me coûte 34 €.' Dimas Perez (apiculteur et président d'Albisuris).
L'apiculture est incontestablement une alternative très intéressante pour bon nombre de petits paysans nicaraguayens. L'environnement est favorable pour produire un miel de qualité, voir biologique, sans antibiotique, qui fait défaut sur le marché international. L'investissement en apiculture reste nettement inférieur à tout autre production agricole. Concernant l'agressivité de l'africanisée, la solution de sélectionner des souches plus douces est nettement préférable à l'importation d'abeilles européennes. N'oublions pas non plus les abeilles locales sans dard, les melipones et leur élevage : la meliponiculture. Bien que produisant beaucoup moins que les européennes, elles offrent l'avantage de se contenter d'une simple caissette en bois sans cadre, et ne nécessitent pas de traitement varroa. De plus, les enfants peuvent s'initier à la manipulation des insectes, et vendre les quelques kg de miel produit deux à trois fois plus cher que le miel d'africanisée.
Pour en savoir
plus
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Aguilar Juan - 2003 "La Prensa" du 31/01. |
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Dario Espina Perez et Gonzalo S. Ordetx - 1984, Apicultura Tropical, editorial tecnologia de Costa Rica. |
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Rodriguez Conchita - 1993 Vida Apicola N°. 59. |
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Wood Carol - 2000 Guide Ulysse Nicaragua. |
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