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Débat sur l'IGP instauré dans le bulletin
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IGP Miel de Provence : ne pas crier au loup
P. Picard (pour le SYMPAS) |
Vous
trouverez ci-dessous un article du SYMPAS relatif à l’IGP Miel de Provence ;
il ne s’agit pas d’une réponse point par point à
la lettre de M. Saubot.
Depuis fin décembre 2005, l’appellation Provence pour les miels est protégée au
niveau européen. L’apiculture provençale peut ainsi après 10 ans d’instruction
bénéficier de la protection d’une IGP pour les miels qu’elle produit en
Provence.
Si le contexte apicole, économique ou réglementaire a changé pendant cette
période, il n’en reste pas moins que le Syndicat des Miels de Provence et des
Alpes du Sud (SYMPAS) est satisfait de l’aboutissement de ce dossier.
Personne ne peut affirmer aujourd’hui que cette démarche sera un succès mais
personne ne peut prétendre bien évidemment le contraire. L’outil de défense et
de promotion existe ; il convient désormais de faire en sorte que sa mise en
œuvre soit la plus efficace possible et ce pour toute la filière.
La
légitimité de l’IGP miel de Provence
Interrogeons-nous encore une fois sur la pertinence d’une IGP pour les miels de
Provence ?
Il est difficile de contester le fait que l’appellation Provence est une
excellente « marque commerciale ». Sa notoriété dépasse largement les frontières
de notre pays, ce qui en fait un repère très important et valorisant aux yeux du
consommateur. Les apiculteurs, les conditionneurs et les distributeurs de miel
le savent très bien aussi et utilisent de manière constante cette appellation.
Par ailleurs, nous ne pouvons que nous satisfaire que la nouvelle réglementation
sur le miel soit exigeante particulièrement en ce qui concerne l’obligation de
la mention du pays d’origine et qu’elle promette l’utilisation encadrée de
références géographiques régionales. Il en va de même pour les références à
l’origine florale.
Par la précision de son cahier des charges, l’IGP vient compléter la
réglementation générale.
Concernant les caractéristiques du miel, la trop longue instruction européenne
de l’IGP Miel de Provence a au moins eu le mérite de révéler au grand jour la
volonté de certains négociants de considérer le miel de Provence comme un
produit générique en affirmant assez curieusement qu’il était anormal de ne pas
accepter les miels de grandes cultures comme tournesol, colza et luzerne sous
l’appellation « alors que ceux-ci constituent la principale source de production
en région PACA » ! Chacun jugera de la pertinence de cet argument.
Cette protection spécifique de l’appellation Provence pour les miels par une IGP
constitue un garde-fou indispensable. En définissant précisément les miels de
Provence, l’IGP devient aussi une référence réglementaire supplémentaire pour
les laboratoires d’analyse.
Par la systématisation des contrôles du produit, l’IGP assure une lutte
régulière et étendue contre les fraudes sur l’appellation Provence. Elle limite
de fait celles-ci et vérifie le niveau de qualité globale des miels présents sur
le marché. Elle pallie enfin les faibles moyens humains et financiers accordés
aux services de la DGCCRF.
Développer
une image forte pour les miels de Provence
En Provence, nous considérons que l’IGP est aussi un outil de promotion de nos
miels. Cette promotion de l’apiculture et des miels régionaux s’organise autour
des besoins exprimés par les adhérents de la structure et des nécessités du
marché des miels de Provence : elle ne vise pas à restaurer une image écornée.
Nous distinguons donc ce qui relève du simple travail d’image (faire exister les
miels de Provence aux yeux des consommateurs) du plan de communication visant à
augmenter les débouchés commerciaux. Le niveau de production actuel en région
PACA nous dispense de mettre en œuvre la deuxième solution. Cette promotion
assoie un peu plus la notoriété de l’appellation et permet d’établir un lien sûr
entre Image et Qualité du produit.
L’IGP
Miel de Provence apporte-t-elle de nouvelles contraintes aux apiculteurs ?
Entrer dans une démarche qualité apporte bien évidemment quelques contraintes.
Pour notre IGP, cela équivaut à se soumettre à un contrôle annuel, utiliser un
étiquetage spécifique et s’acquitter de redevances et cotisations (à partir de
0,23 € /kg de miel pour 500 kg vendus avec le signe de qualité jusqu’à 0,03
€/kg). En ce qui concerne l’hygiène des mielleries, la traçabilité ou encore les
déclarations de ruchers, l’IGP ne fait que s’assurer que la réglementation est
appliquée.
En contrepartie l’IGP participe au développement de l’apiculture :
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en réunissant les opérateurs de la filière autour d’un projet collectif ; |
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en assurant la promotion de l’appellation de manière maîtrisée ; |
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en structurant l’offre ; |
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en permettant la diffusion aux apiculteurs des informations techniques, économiques, règlementaires. |
Alors effectivement chaque
produit, chaque filière développe ses propres problématiques de marché. Pour
l’instant l’IGP Miel de Provence est d’autant plus jugée utile par le SYMPAS que
la concurrence internationale s’organise (arrivée sur le marché de miel de
lavande étranger par exemple). D’autres exemples ailleurs montrent l’efficacité
de tels dispositifs (sel de Guérande, ravioles du Dauphiné…).
Le marché a besoin de segmentation pour préserver l’équilibre économique au sein
d’une filière. Il est d’ailleurs erroné d’affirmer que les circuits longs de
distribution ne sont pas intéressés par ces démarches. Les produits sous signe
officiel de qualité sont nombreux en GMS et certaines enseignes commencent à
développer ces marchés sur le miel.
Le consommateur recherche aussi cette gamme étendue de miel pour satisfaire ses
différents besoins (bas prix, produit de marque, signe de qualité) et même si en
France l’IGP est encore peu reconnue, elle est de toute manière toujours
associée à un signe officiel de qualité (label rouge, certification de
conformité).
On le voit donc bien : construire une démarche IGP, c’est essayer de structurer
une filière pour satisfaire les attentes du consommateurs. C’est donc réunir les
différents opérateurs concernés autour d’un système de valorisation et de
protection d’une appellation qui le mérite en mettant en œuvre un fonctionnement
ouvert et profitable à tous. C’est aussi et surtout éviter que le miel de
Provence tombe dans l’oubli et soit classé à terme dans la catégorie peu enviée
des produits alimentaires génériques.
L’IGP n’est pas la panacée mais ne crions pas trop vite au loup.
P. Picard (pour le SYMPAS)
| S’INFORMER SUR
L’IGP Miel de Provence Si vous êtes utilisateur de la dénomination Provence dans la dénomination de vente de vos miels, que ce soit sur le marché du miel en vrac ou en pot, contactez le SYMPAS dés maintenant. L’IGP a désormais force de loi et il est important que les opérateurs concernés se mettent en conformité avant les premières récoltes 2006. Documentation sur l’IGP envoyée sur simple demande par téléphone (0871 162 462) ou par mail (mielsdeprovence@free.fr) ou par fax (04 42 17 15 01) ou par courrier (SYMPAS – Maison des agriculteurs – 22, av. H. Pontier – 13626 AIX—EN-PROVENCE cedex 1). |
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