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Débat sur l'IGP instauré dans le bulletin
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Les Signes d'Identification de la Qualité et de l'Origine : un outil au service du développement de la filière apicole et des producteurs
Syndicat A.O.C. "Miel de Corse - Mele di Corsica" Réponse à la lettre de M. Saubot |
Le
point de vue exposé par M. SAUBOT sur les signes d'identification de qualité
liés à l'origine (SIQO), et plus particulièrement l'IGP, repose globalement sur
quatre arguments qu'il est facile de contredire lorsque l'on connaît l'ensemble
des données et lorsque l'on se place dans une volonté de développement de la
filière qui doit bénéficier en premier lieu au producteur.
1.
Inutilité des SIQO vis-à-vis des fraudes car la réglementation est suffisante.
Il suffit de la faire appliquer.
Cet argument n'a plus de sens après s'être mis d'accord sur les constats
suivants :
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Les contrôles des fraudes sur le marché au sens large restent anecdotiques. |
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Il reste difficile de vérifier en continu et automatiquement la garantie de l'origine des produits (géographiques et/ou florales) tant que cette vérification ne s'effectue pas dans une démarche globale. A ce sujet, l'article sur les miels de "Que Choisir" (n°434-février 2006), écarte certains d'entre eux, dont un présenté comme un mélange "toutes fleurs et orangers" dont la présence d'oranger est insuffisante… |
A contrario, les démarches
SIQO placent les producteurs dans une démarche constructive où ils s'approprient
la qualité de leurs miels comme un bien commun. Cette qualité et son origine
étant garanties par des contrôles rigoureux mais qui ne sont là que pour
vérifier que le travail s'est bien effectué.
L'implication de la profession, tant financière que technique, dans la lutte
contre les fraudes se place ainsi en amont, dans le processus de production
lui-même, et non dans une démarche délatrice qui peut s'avérer sans fin et
auto-destructive, dont on se demande qui sera l'heureux gagnant...
2.
Inutilité des SIQO pour la promotion de l'image du miel qui se suffit à
elle-même.
Il est vrai que l'image du miel auprès du "consommateur" est relativement bonne
et n'a pas souffert de crises telles qu'ont pu en subir d'autres produits
agroalimentaires. Cependant, l'effet négatif que les médias peuvent produire à
partir de quelques dérives, même si elles s'avéraient être minoritaires, demande
à rester prudents et à faire l'effort de mettre en avant ce bien commun.
Et c'est sur ce point où les SIQO apportent un réel moyen de maîtriser l'image
du miel d'une manière plus efficace et importante pour le producteur que ne
pourrait le faire l'aval de la filière : Imaginons une crise sur le "produit
miel" (au sens large), son étendue se basera (au moins dans un premier temps)
sur le territoire national. Il n'est pas question de faire dans le
protectionnisme mais alors : quelle légitimité pourra avoir un opérateur dont
une bonne part de ces ventes provient de l'extérieur du territoire ? Cependant,
il est vrai que tant que les contrôles sur le "marché" restent faibles, la
probabilité que l'image soit ternie suit la même tendance mais attention.
3.
Inutilité des SIQO pour la vente du miel, la problématique de la filière restant
le manque de production.
Nous partageons le même avis sur la problématique de la filière qui est bien de
produire plus afin de pouvoir s'approcher le plus possible de l'autosuffisance.
Seulement, une fois les problèmes constatés, il faut se placer dans une logique
constructive et établir une stratégie de développement dont on doit définir la
finalité, les objectifs et les moyens de mise en place, tant financiers que
techniques.
Pour ce qui nous concerne, les choses sont claires :
La finalité : développer la production
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Les objectifs : développer les exploitations et les installations d'apiculteurs, en leur donnant les moyens de vivre normalement de leur activité et de faire vivre leurs territoires. |
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Les moyens : rendre la profession attirante, former les apiculteurs, apporter de l'appui technique, faciliter la commercialisation et la promotion du produit… |
Au centre de cette stratégie, la clef de voûte devient une évidence : les signes d'identification de la qualité et de l'origine (SIQO). Pourquoi ?
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Parce qu'ils permettent de structurer les producteurs sur un sujet commun, dont dépendra le développement cohérent de la filière. |
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Parce qu'ils représentent un outil permettant le financement de l'ensemble de cette stratégie par les collectivités territoriales, pour lesquelles il représente parfois même une condition sine qua none. |
Car, présenter comme un
objectif, les SIQO nécessitent un approvisionnement qui justifie l'ensemble des
mesures d'aide au développement de la production (formation/installation/appui
technique voire station d'élevage en Corse ou aides directes à
l'investissement…) mais aussi de la valorisation du produit (mise en marché et
promotion).
Dans l'argumentaire de M. SAUBOT, nous n'avons pas détecté de stratégie de ce
type si ce n'est de "respecter la liberté de chacun, sur la base du volontariat"
: chose qui, au passage, est favorisée dans les SIQO mais qui nécessite une part
d'engagement.
4.
Inutilité des SIQO pour apporter un revenu supplémentaire au producteur puisque
celui qui s'engage dans ces démarches n'aura que des contraintes et des charges
supplémentaires
La question des contraintes supplémentaires est, en effet, justifiée car il
s'agit bien de garantir une qualité au consommateur. Ce qui implique le respect
d'un cahier des charges mais en analysant de près, voici les constats après
quelques années d'expérience de la vie de l'AOC " Miel de Corse – Mele di
Corsica" :
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Les contraintes techniques n'excédent pas le travail effectué par un apiculteur consciencieux de son produit (traçabilité, bonnes pratiques, respect de l'étiquetage et de la réglementation…). |
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Le surcoût représente la part de financement de l'agrément des miels soit moins d'1% du prix de vente pour une valorisation allant de +5% à +30% par rapport aux autres miels commercialisés en Corse et selon les circuits (le maximum d'écart étant dans la grande distribution !). |
Les SIQO se posent donc
comme des éléments stabilisateurs du revenu de l'apiculteur voire beaucoup plus,
selon les fluctuations en cours ou à venir. Il représente aussi un argument de
reconnaissance de son produit par les voies officielles qui n'est pas à négliger
quel que soit le circuit de commercialisation. Ce qui donne aux producteurs une
certaine force sur le marché.
Cette force ne doit effectivement pas servir d'exclusion mais se positionner en
démarche constructive avec les opérateurs qui auront décidé de s'engager dans un
partenariat loyal car l'ensemble des parties auront à y gagner, que ce soit au
niveau économique ou en terme d'image.
Certaines concessions seront peut-être à effectuer, comme la prise en compte
d'une segmentation que l'on ne maîtrise pas complètement et qui s'oppose à une
logique de marque d'entreprise. Mais la reconnaissance ou non de l'existence des
SIQO sera alors le véritable révélateur de la finalité de chacun.
Syndicat A.O.C. "Miel de Corse - Mele di Corsica"
Autres réactions à la lettre de Bernard Saubot :
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2006 |
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