COMMUNIQUE DE PRESSE
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FRANCE |
| Les agriculteurs craignent une "catastrophe"
si le Gaucho est interdit |
21/05/2004
- PARIS
Plusieurs
responsables agricoles ont adressé vendredi une lettre ouverte au Premier
ministre pour "demander à être entendus pour toute décision sur le traitement
des semences", en particulier sur l'insecticide Gaucho dont l'interdiction
aurait selon eux "des conséquences catastrophiques".
"Le traitement de semences est gravement menacé en France au motif qu'il
pourrait être responsable de la mortalité des abeilles", expliquent-ils, alors
que le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard se prononcera prochainement sur
l'interdiction ou non de l'insecticide Gaucho, et a suspendu le Regent.
Cette lettre est signée notamment par le président de l'AGPM (Association
générale des producteurs de maïs) Christophe Terrain, par celui de l'AGPB
(Association générale des producteurs de blé) Henri de Benoist et celui de la
CGB (Confédération générale des betteraviers) Dominique Ducroquet.
Le Regent et le Gaucho sont en effet les deux principaux produits qui permettent
un traitement insecticide directement sur les semences, dites "enrobées",
évitant ainsi de répandre des insecticides sur les cultures.
Or "le traitement des semences est devenu un moyen essentiel de produire des
végétaux sains, en réduisant de surcroît les quantités de produits
phytosanitaires utilisés pour soigner les plantes", soulignent-ils.
"Il n'y a pas d'alternative au traitement des semences, sauf à accepter des
risques très supérieurs" car "supprimer le Gaucho conduirait pour le seul maïs à
utiliser 10.000 tonnes d'insecticides granulés, soit 300 semi-remorques, et les
risques (sanitaires) seraient multipliés par 100", assurent-ils.
Pour eux, la nocivité du Gaucho contre les abeilles n'a "jamais été démontrée"
puisque "dans certaines régions les abeilles meurent avec ou sans semences
traités dans leur voisinage" et que "ce produit est utilisé sans problème dans
plus de 100 pays". Ils réclament aussi la "vérité" sur les causes de la
mortalité des abeilles, qu'ils jugent être "une urgence nationale".
"Monsieur le Premier ministre, nous faisons appel à votre bon sens et à votre
arbitrage pour éviter qu'une catastrophe ne se produise. Elle se traduirait à
coup sûr par une aggravation des risques sanitaires et environnementaux dans
notre pays et détruirait des pans entiers de notre agriculture. Les responsables
agricoles demandent à être entendus pour toute nouvelle décision des pouvoirs
publics sur le traitement des semences", conclut la lettre.
Le Gaucho a déjà été suspendu d'utilisation pour le tournesol depuis 1999 mais
reste en principe autorisé pour le maïs, à condition que le ministère, comme le
lui a demandé le Conseil d'Etat, se prononce à nouveau sur le sujet.
Devant les plaintes des apiculteurs, le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard
a demandé une expertise scientifique sur les effets du Gaucho sur les abeilles
et attend les résultats pour fin mai, après quoi il décidera ou non d'interdire
ce produit.