|
12 janvier 2004 |
Gaucho,
Régent : la mobilisation continue
Les
280 apiculteurs du groupement de défense sanitaire réunis en assemblée
|
Cette structure, qui réunit plus de la moitié des apiculteurs de Vendée (ils sont environ 500 aujourd'hui - dont une vingtaine de professionnels - contre 700 il y a six ans), se penche spécifiquement sur les problèmes de santé et de maladie des abeilles. La lutte contre le Régent TS et le Gaucho sont, depuis belle lurette, les chevaux de bataille du groupement de défense sanitaire apicole de Vendée (GDSA). Des insecticides qu'ils considèrent comme responsables de la surmortalité de leurs abeilles. « En 2002, 21 % des ruches vendéennes ont été détruites après l'hiver. Et, cet été, on a enregistré une perte de 70 % de la récolte du miel de tournesol », rappelle Franck Aletru, membre du GDSA et un des porte-paroles nationaux des apiculteurs.
Fin décembre, un premier rapport du professeur Gérard Arnold a reconnu l'impact de la molécule de l'insecticide Régent TS, baptisée fipronil, sur la surmortalité des abeilles. Et il y a moins d'une semaine, un autre rapport, du toxicologue François Narbonne, membre de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), « attribue au Régent une toxicité importante, voire mortelle, par inhalation, contact et ingestion, cette fois-ci pour l'homme », insiste Franck Aletru.
Un scandale d'État ?
Or, affirme l'apiculteur de Saint-Laurent-de-la-Salle, « cette toxicité était décelable dès la mise sur le marché du produit, il y a une dizaine d'années. Le fabriquant a pourtant disposé, de la part de la direction générale de l'alimentation (DGAL), d'une autorisation provisoire de mise sur le marché... qui a duré dix ans ». Le directeur de la DGAL, rappelait encore récemment que « les insecticides Régent TS et Gaucho, tels qu'ils sont produits et dans les conditions d'utilisations prescrites, n'ont pas d'impact sur la santé humaine ».
Ce n'est pas l'avis de Franck Aletru, ni du président du conseil général de Vendée, Philippe de Villiers, en guerre aux côtés des apiculteurs, qui martèlent que l'« on est à la veille d'un scandale d'État ».
Le GDSA réclame donc « l'interdiction du Régent TS et du Gaucho, pour incompatibilité avec l'environnement et la santé humaine ». Les apiculteurs veulent aussi que soit revue la composition des membres des comités d'homologation des produits insecticides. « Car tous sont plus ou moins ramifiés aux firmes. Donc on homologue tout, à l'aveugle. » Ils demandent enfin que les protocoles d'homologation de mise sur le marché soient adaptés aux nouvelles performances des insecticides. « Aujourd'hui, c'est comme si on contrôlait des Ferrari avec des techniques adaptées aux contrôles des 2 CV ! ».
Président du GDSA, Claude Poirot a incité les apiculteurs à rester mobilisés, assurant que « des décisions juridiques très sévères sont attendues dans les jours à venir ».
Carine JANIN
Envie
de réagir ?
Entrez dans le
FORUM
Apiservices - Galerie Apicole Virtuelle - Page d'accueil