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Compte-rendus
des réunions Réunions du 21 mars et du 26 novembre 2002 |
Réunion du 21 mars 2002
MM. Bentata (MATE) et Sirvins (UNAF) étaient excusés.
M. Schenfeigel, chef du bureau de la réglementation des produits
antiparasitaires et des matières fertilisantes (SDQPV / DGAL) préside la
réunion.
M. Marzin et M. Rault, co-présidents du Comité Scientifique et Technique
l’assistent dans cette tache.
M. Durand, sous-directeur de la qualité et de la protection des végétaux, se
joint à l’assistance en début de séance.
A l’issu d’un tour de table de présentation, M. Schenfeigel introduit l’après
midi en remerciant chaleureusement les membres du Comité Scientifique et
Technique pour leurs travaux. Il tient à rendre hommage aux efforts réalisés par
les experts qui ont apporté leur contribution à cette étude, malgré leur
charge de travail personnelle.
1) Approbation du compte rendu de la réunion du 28/09/01 :
Les sociétés Aventis et Bayer avaient réagi par écrit, suite à la déclaration de
la coordination des apiculteurs du 28/09/01. Leurs représentants souhaitent
que ces réactions soient annexées au présent compte rendu. Cette demande est
acceptée par le président et ne fait l’objet d’aucun commentaire de la part de
l’assistance.
Le compte rendu de la réunion du 28/09/01 est adopté à l’unanimité, moins une
voix (M. Poirot de la Coordination Rurale s’abstient) aux réserves suivantes :
Ajouter à la première ligne « M. Schenfeigel préside la réunion » et remplacer « commission des toxiques » par « Comité Scientifique et Technique de l’étude multifactorielle des troubles des abeilles ».
page 3 dernière phrase, remplacer M. Eyries (Bayer) par M. Barciet (Aventis).
2) Présentation des travaux du Comité Scientifique et Technique par le co-président M. Rault :
La composition du Comité : Le Comité Scientifique et Technique de l’Etude multifactorielle des troubles des abeilles rassemble les compétences diverses de 12 experts autour de ses deux co-présidents. Le président du comité souhaite que soit diversifiée la palette d'expertise, en particulier dans le domaine agronomique.
L’activité du CST : Le Comité s’est réuni 5 fois en réunion plénière et 4 fois en sous-groupe. Par ailleurs les experts ont travaillé individuellement (pour certains à plein temps) ; deux assistants (en biologie et entomologie) travaillent à temps plein sur l’étude. Le CST a recueilli plus de 1000 références bibliographiques.
Coût et ressources consacrées aux travaux : La convention entre le MAP et l’Université de Caen représente un côut de 79000 euros. On compte également près de 700 heures de travail pour les experts du CST (coordination et synthèse), auxquelles il faut ajouter un travail préparatoire d’environ 1000 heures. Cela équivaut à 4 équivalents temps plein depuis octobre.
L’organisation du travail du comité : Les travaux du CST se
déroulent en Comité plénier, dans les deux sous-groupes « Métrologie »
(entomologie avec Gérard Arnold et effets et toxicologie avec Frédérique
Touffet-Briens) et « Réseau » (réseau d’alerte avec la FNOSAD et réseau
prospectif avec Jean-Paul Faucon).
Le groupe envisage prochainement de consulter de manière ponctuelle ou suivie
des experts externes.
Le travail d’audit des appels d’offres communautaires : Le CST a examiné à la demande de la DPEI les programmes scientifiques présentés au financement communautaire au titre du règlement « Miel », (n°1221/97/CEE). Le CST fait état d’un rapport offre/demande élevé, d’une diversité et d’une hétérogénéité des propositions. Il serait souhaitable de veiller à un bon équilibre entre recherche fondamentale et appliquée. Il serait préférable également d’organiser un appel d’offre national multidisciplinaire. A l’avenir il conviendrait aussi de faire appel à des experts extérieurs et de recevoir les dossiers fin décembre début janvier, pour remettre une analyse en mars. Enfin la mise sous contrôle de l’utilisation des fonds de recherche attribués dans ce cadre semble indispensable.
Les premiers constats du CST : Les études analysées sont hétérogènes et il existe des lacunes importantes dans tous les champs de connaissance. Le comité ne dispose pas de dossier structuré de synthèse sur l’ensemble du sujet. Aussi le CST s’interroge t’il sur la compatibilité de l’étude avec les échéances programmées et sur le management du principe de précaution dans ce cadre.
Conclusion sur les interrogations du CST : Le Comité doit
acquérir des connaissances et en renforcer d’autres dans les domaines suivant :
- les effets sublétaux de l’imidaclopride (et des substances apparentées) sur
les abeilles,
- le comportement général des substances d’enrobage dans un végétal supérieur,
- l’effet des modifications génétiques apportées aux variétés de tournesol et de
maïs,
- les faits réellement observés dans les ruchers,
- L'impact sur la production de miel.
Le CST doit avoir évaluer la bibliographie en avril/mai 2002. Après cette étape
des protocoles pour des études complémentaires seront élaborés en cas de
besoin.
3) Questions diverses et débat :
M. Eyries (Bayer) souhaite réagir sur l’orientation des recherches prise
par le CST. Il juge préférable que l’aspect multifactoriel de l’étude ne soit
pas
laissé de coté. L’analyse de tous les facteurs est nécessaire selon lui pour
expliquer les dépopulations de ruchers. Le CST semblerait en particulier ne pas
prendre en compte les aspects pathologiques. Il existe une forte bibliographie
sur l’ensemble de ces facteurs, particulièrement à l’étranger. La société
Bayer s’est félicitée de la mise en place d’une étude multifactorielle en
septembre 2001. Une étude multifactorielle a été lancée également au Canada sur
le
modèle français avec une prise en compte des aspects pathologiques. Il tient à
disposition du comité scientifique et technique les protocoles de cette étude.
M. Durand répond que l’étude multifactorielle est une action
interministérielle à l’initiative du MAP. On distingue deux grands volets dans
cette étude. En
premier lieu, le Ministre a souhaité qu’une analyse critique des études
antérieures soit réalisée par le CST. Il a par ailleurs demandé que des
approfondissements soient effectués, tenant compte de l'ensemble des causes
possibles de troubles des ruchers. Un rapport intermédiaire devra être remis au
Ministre par le CST à la fin du premier semestre 2002.
Le travail du Comité est avant tout de répondre point par point aux questions
qui lui ont été posés, sans entrer dans la polémique.
M. Marzin complète en précisant que le CST ne s’intéresse pas qu’à
l’Imidaclopride et que sa tache est de faire un bilan aussi bien à charge qu’à
décharge.
Les parasitoses sont prises en compte également avec d’autres facteurs.
M. Barciet (Aventis) souhaite intervenir suite à la présentation du
co-président
M. Rault. Il précise qu’Aventis s’est engagé dans plusieurs travaux et
expérimentations qu’il mettra les compte rendus à la disposition du Comité (pour
ceux
qui n’ont pas encore été envoyé). Il a été confié à Testapi une étude sur les
variétés (différences de constitution signalée et présences variables de
terpènes). Aventis s’est intéressé également à l’effet physique des terpènes
(substances visqueuses qui augmenteraient les comportements de nettoyage des
abeilles). Aventis dispose d’un laboratoire performant (utilisant la PCR) à Lyon
(associé à l’université, ce laboratoire travaille aussi sur les maladies des
plantes) qu’il met à la disposition des apiculteurs et des chercheurs du Comité.
M. Barciet propose d’organiser une visite, voire un audit de ce laboratoire
pour les experts du CST qui le souhaiteraient.
M. Durand répond que le laboratoire d’Aventis aura sa place dans le
dispositif dès que le CST aura formulé ses besoins en matière d’analyses.
M. Michel (UIPP), après avoir reformulé les interventions précédentes,
s’interroge alors sur l’intégration dans le bilan de la fin de l'année, des
résultats
des enquêtes de terrain réalisées ultérieurement, et de l'incidence des travaux
sur la décision à prendre début 2003 pour le Gaucho.
M. Rault lui confirme que cette intégration sera réalisée parce que le
principe de précaution est un principe vivant qui exige une remise en cause et
une
veille continuelle. Le questionnement du Comité est relatif non seulement aux
substances mais aussi aux comportements des végétaux et des abeilles.
M. Poirot (Coordination Rurale) prend la parole pour déclarer que la
Coordination Rurale demande le retrait des préparations à base d’imidaclopride
et la
suspension du Régent TS. Concernant les études étrangères il précise qu’il
existe une étude aux Etats Unis qui met en cause ce type de molécules. Il ajoute
que les apiculteurs agonisent et réclament des mesures et des aides rapides. Il
juge le plan de relance du Ministère insuffisant (aide constituée par le seul
Contrat Territorial d’Exploitation apicole selon lui). Enfin M. Poirot affirme
que les données demandées par les co-présidents en matière de production de miel
ont déjà été envoyées (données des coopératives apicoles et des DSV). Ces
données attesteraient de façon indubitable de la baisse de la production de miel
en France.
M. Durand répond que les statistiques indiquent plutôt une stagnation de
la production de miel en France. En effet, lorsque l’on s’intéresse aux grandes
masses, on s’aperçoit que la consommation nationale est étale ces dernières
années, le solde Import/Export mettant en évidence une baisse des importations.
Dans ces conditions comment la production aurait-elle pu baisser ? Par ailleurs
le CST doit mener des investigations sur le terrain avec le concours des
services de l’Etat. La Directrice Générale de l’Alimentation est totalement
mobilisée sur ce dossier et une instruction sera donnée aux DSV, aux SRPV et aux
DDAF en temps utile.
M. Poirot affirme que l’administration ne cherche pas à obtenir des
informations, le questionnaire DSV ne fait état d’aucun renseignement sur la
mortalité
des ruchers. Les données disponibles seraient suffisantes pour interdire le
Gaucho et suspendre le Régent.
M Durand admet que cette étude est l’occasion d’améliorer les procédures.
Il a appris récemment par exemple qu’il n’existait aucun contrôle lors de
l’importation des reines d’abeilles. Ce point, comme d'autres, devra être
amélioré. L’Etat est gestionnaire du risque mais se doit d’être impartial.
L’analyse du bilan par le CST est réalisée en totale indépendance. Il est
évident qu’à ce jour l’Etat manque de données et de synthèses pour baser une
décision ministérielle, et que celle ci doit être fondée.
M. Marzin demande à la coordination rurale ces éléments dont disposerait
l’administration et qui n’auraient pas été portés à la connaissance du CST.
M. Poirot s’engage à fournir ceux dont il dispose.
M. Rault déclare que le CST a besoin de toutes les informations
disponibles. Les variétés de tournesol et de maïs ont évoluées et il faudrait
disposer de
données à ce sujet.
M. Pujol (Syngenta) lui répond que cette question est à poser aux
semenciers. Il ajoute que le gaucho a été supprimé depuis plusieurs années sur
tournesol
dans trois départements de l’Ouest et demande si les problèmes apicoles ont
diminué.
M. Poirot fait remarquer que l’interdiction ne s’étendait pas au maïs.
M. Rault répond à M. Pujol que l’on dispose de peu d’informations sur
l’effet de cette suspension. Il ajoute que la rémanence de l’imidaclopride est
avérée
et qu’il faut étudier ce paramètre en tenant compte des pratiques agricoles. Le
CST a souhaité confier à la FNOSAD un réseau de veille et d’alerte pour
disposer d’informations plus larges que de simples témoignages parcellaires.
M. Pujol déclare alors qu’il conviendrait de mesurer le taux de résidus
dans les sols, en particulier dans les départements sans gaucho depuis longtemps
sur
tournesol.
Mme Cure (Bayer) tient à préciser que la question de la persistance dans
le sol a déjà été posée à la Société Bayer par la Commission des Toxiques et que
la
réponse a été apportée (utilisation répétée et accumulation). Des études sur
l’absorption par les plantes ont également été menées ; on sait qu’au maximum 15
% de la substance d’enrobage migre dans la plante (taux normal homologué de 50 g
par hectare). Des études avec broyage et enfouissement des cultures ont été
menées pour évaluer les résidus et les pires situations ont été prises en
compte. La Commission d'étude de la toxicité s’est aussi intéressée aux effets
sublétaux et la société Bayer avait fourni une réponse sans recevoir de
commentaires. Tous les commentaires seront utiles pour permettre de mieux
répondre
aux demandes du CST.
M. Marzin suggère que la société Bayer (et la société Aventis également)
envoie une liste des données disponibles sur le sujet afin que les experts du
CST
vérifient s’ils disposent de toutes les études évoquées auparavant.
M. Le Béchec (FNOSAD) fait remarquer que l’on parle au CST d’un taux de
75 g par ha de substance active. En réponse Mme Cure répète que le taux de 50 g
/ ha
correspond à la dose homologuée pour une densité normale de semis. Les doses
réellement employées seraient même plus faibles que les doses homologuées (de –5
% à –10 %). Par ailleurs, M. Le Béchec ajoute que les pertes d’abeilles sont
concrêtes. Il aurait été constaté cet hiver des pertes de 45% dans de nombreux
ruchers. Le CST a reçu des déclarations de pertes d’abeilles (en Vendée et en
Charente). La production de miel aurait chutée à partir de 1995 et 1996. En
terme de renouvellement d’essaim on observe un taux de 35% aujourd’hui contre
10% auparavant.
M. Schenfeigel considère que l’homogénéité des remontées des données est
difficile à mettre en œuvre. La DGAL a disposé de seulement quatre procès
verbaux
pour la Charente et la Vendée ; le CST espère que le réseau de veille sanitaire
de la FNOSAD fera remonter plus d’informations et de manière homogène.
M. Poirot déplore qu’on ne parle jamais de l’apiculture. Les seuls
problèmes des apiculteurs serraient localisés sur le tournesol et le maïs. Il
considère
que le Ministère chargé de l’agriculture est inactif car des preuves suffisantes
auraient selon lui déjà été apportées par des experts scientifiques pour
prendre une décision.
M. Marzin demande à M. Poirot d’envoyer au CST la liste des documents
qu’il considère comme suffisamment pertinents pour conclure à la responsabilité
de tel
ou tel facteur, afin que le CST comble son manque éventuel d’information.
M. Rault affirme que ces éléments ne figurent pas dans les documents
portés à la connaissance du CST à ce jour. En effet il existe des biais très
forts dans
les méthodes utilisées par certains chercheurs dont les études ont été étudiées
par le CST. En tout état de cause seuls les documents publiés dans une revue
scientifique peuvent aujourd’hui être de facto considérés comme validés.
M. Pujol (Syngenta) évoque l’évaluation des effets sublétaux sur
l’abeille dont les protocoles sont en cours de validation. Il s’interroge sur la
possibilité
de recourir aux études sur larves.
M. Rault répond qu’on appliquera un facteur de sécurité de 10 à 100 au
moment de l’analyse du risque.
M Marzin complète en affirmant qu’en absence de protocoles finalisés lors
de l’analyse, il sera nécessaire de construire une démarche scientifique avec
les
données de terrain disponibles à ce moment là.
M. Schenfeigel rappelle la contrainte de l’échéance administrative de
février 2003, date à laquelle le Ministre devra statuer sur le prolongement de
la
suspension, le retrait ou l’arrêt de la suspension de l’homologation du Gaucho
sur l’usage tournesol. Cela imposera un important management des données pour
permettre d’aboutir à une première conclusion.
M. Marzin demande à la Société Syngenta d’envoyer au CST un état des
recherches menées sur le sujet pour confronter cette liste à la bibliographie
analysée
par le CST.
M. Schenfeigel ajoute que le dossier Fipronil doit être prochainement
déposé au standard européen (le plus contraignant) pour évaluation européenne de
la
substance active dans le cadre des travaux liés à la directive 91/414/CEE. Cette
information devrait bénéficier au CST et il serait souhaitable qu’il en soit
également destinataire. Par ailleurs le CST souhaiterait recevoir les études de
la société Bayer pour constituer ce dossier (dépôt pour Bayer au plus tard le
25/02/2003).
M. Eyries répond que la société Bayer avait déjà fourni au CST des
informations sur les zones indemnes d’Imidaclopride et les surfaces concernées
par cet
insecticide. Il affirme que la société Bayer fait preuve d'une grande
transparence et accepte de fournir au CST les renseignements dont il a besoin.
Il
ajoute que le problème existe aussi à l’étranger dans des pays sans Gaucho et il
transmettra dès que possible les premiers éléments et les protocoles de
l’enquête multifactorielle qui vient de se mettre en route au Canada, avec le
soutien des apiculteurs.
M. Mousseau (MEDD) tient à rappeler la position du Ministère de
l’Environnement à ce stade de l’étude. Il rappelle que le MATE avait demandé au
MAP de
retirer tous les usages autorisés pour le Gaucho. Cependant l’étude
multifactorielle étant lancée, Il considère que l’ensemble de la profession
apicole
devrait y participer. Il souligne que les demandes du CST doivent être
distinguées des demandes de l’administration. Enfin il tient à attirer
l’attention sur
les problèmes que peut poser l'application sur verger des préparations à base
d’imidaclopride. En ce qui concerne les expérimentations de terrain, le
Ministère chargé de l’Ecologie demande à ce que soit utilisé de vrais témoins.
M. Michel affirme la position d’ouverture de l’IUPP et soutient l’enquête
multifactorielle. Il souhaite qu’un plus grand nombre d’acteurs y soit associé.
Mme Cure souligner que la société Bayer a fourni de nombreuses études à
l’administration sans que celle ci apporte de commentaires. Un retour
serait vivement apprécié afin d’améliorer ces études.
M. Pujol fait remarquer que l’enquête multifactorielle doit fournir
l’occasion de faire le tour des facteurs en cause ; il cite en particulier
l’importation
de souches d’abeilles, l’état sanitaire imparfait du cheptel français avec en
particulier les parasitoses et l’utilisation incorrecte des moyens de lutte.
M. Poirot déclare qu’il sera difficile de mettre en place un réseau de
surveillance devant la réticence des apiculteurs à participer à l’enquête
multifactorielle. La FNOSAD de Vendée s’y refuse. Par ailleurs il ne comprend
pas pourquoi ce réseau de surveillance ne s’articule pas avec le réseau soutenu
par le CNDA. Il déclare que les expérimentations de terrain n’ont aucun intérêt
en présence des molécules incriminées dans le sol. En ce qui concerne l’état
sanitaire du cheptel, il considère que M. Faucon de l’AFSSA Sophia a déjà fait
le point sur ce sujet et que les apiculteurs sont suffisamment formés pour
soigner correctement leurs ruches.
M. Rault précise que le réseau d’alerte de l’enquête multifactorielle
porté par la FNOSAD était nécessaire compte tenu des échéances rapides à
honorer. Il
considère que le réseau du CNDA et de la FNOSAD ne sont pas concurrents mais
complémentaires. Afin d’éviter les erreurs méthodologiques du passé, il a été
décidé de mettre en place cette année un réseau prospectif pilote afin d’être
totalement opérationnel l’année prochaine. Aussi le réseau de la FNOSAD pourra
répondre aux besoins du CST pour l’année 2002. Le questionnaire doit permettre
de faire remonter des données utiles de manière aisée (téléchargement ou fax).
Il souhaiterait que 2 questions soit supprimées sur cette fiche.
M. Le Béchec présente le réseau d’alerte de la FNOSAD. Il précise en
particulier que cette simple déclaration au CST (disponible dans le journal de
la
FNOSAD, sous 8 à 15 jours suite à un retard du à l’administration, doit être
remplie le plus précisément possible avant d’être renvoyée à la FNOSAD. Les
apiculteurs doivent signaler l’état de leur rucher même s’il se porte bien. Il
affirme que le but de la FNOSAD est de veiller et d’aider à la bonne santé des
abeilles, en tant que bras séculier des DSV sur le terrain. Pour ce qui est de
la question des importations de souches d’abeilles il tient à confirmer
qu’elles ont été nécessairement nombreuses, à cause des surmortalités
importantes évoquées prédédemment.
Mme Brochot (APCA) veut souligner ici le soutien des agriculteurs à
l’enquête multifactorielle. Elle propose de mobiliser si besoin les Chambres
d’Agriculture pour obtenir une large participation des agriculteurs.
M. Poirot souhaiterait également que le CST se penche sur les synergies
entre les molécules au champ (à cause de la rémanence de certaines d’entre
elles).
M. Rault lui répond que la question est intéressante mais ne pourra pas
être étudiée dans la première étape de l’étude multifactorielle. La réponse sera
nécessairement plus tardive.
M. Marzin conclut sur la nécessité pour le Comité de disposer
d’informations quantifiées fiables sur la production de miel et les troubles
apicoles.
La séance est levée à 16 heures.
Réunion du 26 novembre 2002
MM. Barciet (Bayer Cropscience) et Bentata (MEEDD/DNP) étaient
excusés.
M. Lautard (SPMF) avait décliné l’invitation.
Le SNA était représenté par deux personnalités (Marie Cottey et Chong Wing).
M. Durand, sous-directeur de la qualité et de la protection des végétaux,
préside l’assemblée.
M. Marzin, président de la commission des toxiques et co-président du Comité
Scientifique et Technique l’assiste dans cette tache.
A l’issu d’un tour de table de présentation, M. Durand introduit l’après midi en
présentant l’ordre du jour, à savoir, d’une part valider le compte rendu de
la réunion précédente et d’autre part exposer et discuter l’état d’avancement
des travaux du Comité Scientifique de l’étude multifactorielle des troubles des
abeilles.
La séance commence à 14h.
1) Approbation du compte rendu de la réunion du 21 mars 2002 :
M. Durand propose que l’on débute l’après midi par la validation du compte rendu
du 21 mars 2002.
Le projet de compte rendu de la réunion précédente n’appelle que deux réserves
de la part de M. Poirot (Coordination Rurale). D’une part celui ci conteste
l’affirmation de M. Durand, faisant état d’une stagnation de la production de
miel en France. En effet il est clair, selon M. Poirot que la production
baisse, en particulier sur les zones de grandes cultures.
M. Durand répond que ses propos étaient basés sur les données officielles
dont il dispose. Il s’autorise donc à exposer une autre position que celle tenue
par la Coordination Rurale. Le compte rendu ne peut être amendé sur ce point.
M. Sirvins (UNAF) précise que des documents en provenance de la DPEI
soulignent la baisse de la production et l’augmentation des importations de
miel. A
l’appui de cette affirmation M. Aletru (UNAF) se propose de fournir des données
économiques (coopératives de Surgères et France miels et étude réalisée par
la chambre d’agriculture des Deux-Sèvres) au nom de la coordination des
apiculteurs.
M. Marzin considère que les données intéressantes sont celles de la
production de miel, ramenée au nombre de ruches.
M. Le Béchec (FNOSAD) ajoute que les zones à tournesol sont toujours des
zones à forte production de miel mais que le renouvellement des reines est
désormais
plus fréquent.
Par ailleurs M. Poirot réfute le fait qu’il se soit engagé à fournir des
données économiques de production de miel au Comité Scientifique et Technique.
Aucun
membre du comité de pilotage n’appuie sa déclaration. Sa réserve est donc
enregistrée au présent compte rendu mais ne donnera pas lieu à une modification
du
compte rendu de la réunion précédente.
2) Présentation des travaux du Comité Scientifique et Technique par le
co-président M. Marzin :
M. Durand tient à situer le contexte de la présentation des travaux du
Comité Scientifique et Technique. Le but de cette réunion est de mettre en
perspective
les travaux du CST, sans omettre tous les éléments nécessaires à une évaluation
globale du risque et sans entrer dans la polémique. Cette analyse n’est
qu’intermédiaire et devra être affinée dans les mois suivant.
M. Marzin prend ensuite la parole pour exposer l’état d’avancement de
l’expertise du CST. Il rappelle la composition du Comité Scientifique et
Technique et insiste sur le travail réalisé par le sous-groupe métrologie, avec
la participation active de Frédérique Touffet Briens et Gérard Arnold qui
encadrent respectivement Marie-Pierre Halm (qui a succédé à Caroline Personeni)
et Agnès Rortais. Il dresse ensuite l’inventaire du CST en ce qui concerne les
connaissances scientifiques indispensables à acquérir, classé par ordre de
priorité :
imidaclopride et autres pesticides,
devenir des substances d’enrobages au cours de la croissance et de la floraison des plantes,
observations des troubles des abeilles,
modifications génétiques apportées aux variétés de tournesol,
données économiques concernant la baisse des miellées en France.
Il expose ensuite dans un premier temps l’avancée des travaux du
sous groupe « métrologie » :
Le CST a hiérarchisé les priorités des études qu’il devait mener en tenant
compte de l’échéance fixée à l’administration de statuer en février 2003 sur la
suspension d’homologation du Gaucho sur l’usage tournesol. Le travail du CST
s’est donc consacré pour une large part à l’étude du rôle du Gaucho dans les
troubles observés antérieurement. Il est évident que cette approche sera élargie
par la suite à d’autres facteurs, à d’autres produits phytosanitaires et à
leurs combinaisons éventuelles avec les pathologies, les pratiques agricoles…
Le travail du sous groupe s’est basé essentiellement sur la bibliographie
disponible : 182 rapports fournis par la DGAL et 93 documents issus de la
littérature scientifique et technique. L’analyse de ces rapports n’est pas
achevée. 80 d’entre eux ont été reçus en mai et n’ont pu être analysés encore à
ce
jour. L’étude bibliographique donnera lieu à la publication d’un rapport
complet. L’objectif de ce rapport est de fournir au comité de pilotage et à
l’administration une évaluation des risques présentés par l’imidaclopride
utilisée dans l’enrobage des semences, pour les abeilles.
Il convient ainsi de rappeler le principe d’une évaluation des risques. On
mesure d’une part le danger réel d’exposition avec la Predicted Environmental
Concentration et d’autre part le seuil entraînant des effets néfastes sur les
abeilles avec la Predicted No Effect Concentration. Il s’agit ensuite de
comparer ces deux données afin de déterminer le risque réel encouru par les
abeilles.
Le travail d’expertise du CST devait se baser sur des données validées. Il a
donc été nécessaire d’analyser chaque étude afin d’en évaluer sa fiabilité. Les
protocoles opératoires et la description des méthodes et des résultats ont été
particulièrement étudiés. L’étude de validation a été d’ores et déjà effectuée
pour les dosages d’imidaclopride dans le pollen et le nectar de tournesol, les
sols et les végétaux et sur les données de toxicité aiguë de l’imidaclopride
sur les abeilles. Les études de validation des dosages d’imidaclopride dans le
pollen de maïs et des données de toxicité subchronique et sublétale de
l’imidaclopride sur les abeilles sont en cours de réalisation.
L’évaluation de l’exposition sur les abeilles par la PEC a permis de concevoir
plusieurs scénarios d’exposition. L’évaluation des effets par la PNEC a été
réalisée avec les deux méthodes existantes dans la réglementation :
celle adaptée à l’évaluation du risque associé à l’utilisation des substances chimiques nouvelles et existantes (Directive 67/548 et Règlement 793/93), celle adaptée à l’évaluation du risque associée à l’utilisation des produits phytosanitaires (Directive 91/414).
a) Mesure de l’exposition des abeilles :
Concernant les dosages de pollen seul deux études ont été validées à ce jour (Bonmatin
2001 sur tournesol et Stork, 1999 sur tournesol). Les autres études
ont été invalidées pour les causes suivantes, soit en particulier :
Un nombre trop faible d’échantillons,
Une limite de quantification trop élevée,
Des manques d’informations sur les conditions expérimentales et sur les prélèvements des échantillons.
Les niveaux de résidus d’imidaclopride dans les pollens de
tournesol dont les semences ont été traitées, se situent donc entre 1 et 3 ppb.
Le CST tient à
recommander de conduire des dosages dans le pollen de ruche afin d’évaluer la
stabilité chimique de l’imidaclopride durant le stockage dans la ruche.
Aucune donnée n’a encore été validée par le CST concernant les dosages de
pollen. Le CST compte accélérer l’examen des études parvenues en juin 2002.
Une seule étude de dosages dans le nectar a été validée par le CST (Stork, 1999
sur tournesol). Le niveau de résidu est de 1,9 ppb. Le CST recommande de
procéder à de nouveaux dosages dans le nectar. Des dosages dans le miel seraient
également utiles afin d’évaluer la stabilité chimique de l’imidaclopride
dans ce substrat.
Aucune étude de dosages dans les sols n’a pu être validée à ce jour. Cependant
il apparaît que la concentration dans le sol en cas de traitement avec
imidaclopride l’année précédente est trois fois plus faible que durant l’année
de traitement. Le CST ne considère donc pas la poursuite de ces recherches
comme prioritaire par rapport aux dosages dans le pollen et le nectar.
Aucune étude n’a pu être validées par le CST concernant les dosages dans les
autres parties végétales du tournesol. Bien que les résultats soient partiels et
difficilement comparables entre eux, le CST ne recommande pas la poursuite des
dosages d’imidaclopride dans les parties végétales non visitées par les
abeilles (feuilles et tiges) à la différence des dosages dans le nectar et le
pollen.
b) Mesure des effets sur les abeilles :
L’ensemble des données disponibles en évaluation de la toxicité aiguë (de
contact et orale) de l’imidaclopride sur les abeilles a été validé par le CST.
En effet ces études ont toutes été conduites selon la ligne directrice OCDE. On
peut donc conclure à une toxicité orale aiguë (DL50) de l’ordre de 4 à 40 ng
d’imidaclopride par abeille et à une toxicité orale topique aiguë (DL50) de
l’ordre de 6.7 à 240 ng d’imidaclopride par abeille. Ces valeurs sont fiables
car
encadrées par un nombre suffisant d’études.
L’évaluation des études relatives aux effets sublétaux sur l’abeille est en
cours. On observe une divergence importante des résultats et des protocoles. Le
CST recommande de développer des protocoles standardisés. A ce jour seules les
données de toxicités aiguës peuvent être utilisées par le CST en absence de
données de toxicité subchronique ou sublétale validées.
c) Calcul de la PEC et de la PNEC :
C 1) Calcul de la PEC :
L’évaluation de l’exposition a été réalisée à travers 5 scénarios d’expositions
:
1) Scénario 1 :
Ce modèle d’intoxication chronique s’intéresse à la consommation par les
abeilles adultes (1-10 jours) qui utilisent le pollen pour développer leurs
glandes
nourricières et produire de la gelée pour les larves. Les dosages validés
d’imidaclopride dans le pollen de tournesol font état de 1 à 3 ppb. Le
pourcentage
de pollen de tournesol contaminé s’échelonne de 10 à 100 %, soit un écart de 6 à
180 ng pour la PEC.
2) Scénario 2 :
Ce modèle s’intéresse à la consommation des larves au cours des 4 et 5ième jours
de leur vie essentiellement. Il n’a pas encore été développé faute de
données validées.
3) Scénario 3 :
Ce scénario s’intéresse à la consommation par l’abeille butineuse du nectar qui
lui fournit l’énergie lors du vol.
3a : Elle consomme une partie du nectar qu’elle vient de butiner. On considère
qu’une butineuse vole en moyenne 5 heures par jour, consomme 11,5 mg de nectar
par heure de vol, contenant en moyenne 40 % de sucres (données issues de la
bibliographie). Le seul dosage validé dans le nectar fait état d’un résultat de
1,9 ppb d’imidaclopride. L’abeille absorbe 150 mg de nectar pour 5 heures de
vol, soit de 285 pg (100 % du nectar absorbé est contaminé) à 28,5 pg (10% du
nectar absorbé est contaminé).
3b : Elle consomme du nectar ou du miel stocké dans la ruche avant le vol de
butinage (non développé par manque de données).
3c : hypothèse de diffusion d’imidaclopride, contenu dans le nectar stocké dans
le jabot, à travers la paroi du jabot (non développé par manque de données).
4) Scénario 4 :
Ce scénario s’intéresse à la consommation par les abeilles à l’intérieur de la ruche de nectar et de miel contaminé.
4a : du printemps à l’automne, les abeilles âgées de moins de 3 semaines,
consomment du nectar contaminé
4b : en hiver, les abeilles consomment le miel de réserve, en particulier pour
assurer la thermogénèse
C2) Calcul de la PNEC :
1) L’approche « substances chimiques » (Directive 67/548) : Le but de cette
approche est de protéger l’ensemble des espèces d’un écosystème. La PNEC est
obtenue en divisant la plus basse des données de toxicités par un facteur
d’incertitude destiné à corriger la variation intra et inter laboratoire,
l’extrapolation des données de toxicité aiguë du court terme au long terme et
l’extrapolation du laboratoire au plein champ.
2) L’approche « phytosanitaire » (Directive 91/414) : Le but de cette approche
est de protéger une entité taxonomique. On s’intéresse donc à la même espèce.
Le rapport effet/exposition doit être supérieur à une valeur seuil (fixé à 50
pour les abeilles).
3) Calcul : Pour le calcul, les seules données de toxicité validées sont les
données de toxicité aiguës validées par voie orale (de 4 à 40 ng / abeille, la
valeur la plus faible 4 est retenue pour le calcul).
Scénario 1 :
Dans l’approche « substances chimiques » le facteur d’incertitude est de 100
dans le cas d’une exposition chronique ce qui conduit à une PNEC de 40 pg. La
PNEC obtenue dans l’approche « phytosanitaire » est de 80 pg.
Scénario 3a :
Dans l’approche « substances chimiques » le facteur d’incertitude est de 10 dans
le cas d’une exposition aiguë (5 heures), ce qui conduit à une PNEC de 400
pg. La PNEC obtenue dans l’approche « phytosanitaire » est de 80 pg.
d) La comparaison PEC / PNEC :
Scénario 1 :
Le rapport PEC/PNEC est dans le pire cas de 4,5 pour l’approche « produits
chimiques » et de 2,2 pour l’approche ‘produits phytosanitaires ». Dans les deux
cas ce rapport ne permet pas de conclure à un risque avéré mais seulement
potentiel. Il convient désormais pour le CST d’affiner ce rapport en particulier
avec les données de toxicité chronique en cour d’analyses.
Scénario 3a :
Le rapport PEC/PNEC est de 0.71 dans l’approche « produits chimiques ». Ce
rapport est inférieur à 1 et ne relève pas de risque notable. Le rapport PEC/PNEC
est de 3,56 dans l’approche « produits phytosanitaires ». Ce rapport est
supérieur à 1 et mérite d’être affiné pour déterminer s’il existe ou non un
risque
potentiel. L’estimation de ce scénario est fragile car elle ne repose que sur
une seule donnée validée. Il est donc souhaitable d’obtenir des dosages validés
d’imidaclopride dans le nectar.
E) Perspectives des travaux du sous-groupe « métrologie » :
Un travail important de validation des études devra être poursuivi par le CST.
Cette action devra être complétée par la réalisation d’expérimentations. Il
est clair enfin que l’étude du sous-groupe « métrologie » devra être
progressivement enrichie des travaux futurs de ses membres. Il s’agira de
réaliser une
évaluation des risques du même type pour le fipronil et d’étudier les autres
facteurs impliqués dans les dépopulations d’abeilles en étroite collaboration
avec le sous-groupe réseau.
Questions/réponses sur la première partie de l’exposé de M. Marzin :
M. Leconte demande si le CST dispose de données sur la métabolisation des
produits dans l’abeille.
M. Marzin lui répond qu’il a été très difficile jusqu’à maintenant de
retrouver des métabolites dans l’abeille. Tous les résultats tendent à faire
penser à
une absence d’accumulation dans l’organisme de l’abeille.
M. Aletru suggère que des doses infimes de produits (non détectables)
permettent de tuer les abeilles. Par ailleurs les abeilles pourraient être en
contact
avec le pollen contaminé et ingérer aussi le nectar contaminé. Il conviendrait
alors de considérer ensemble les deux scénarios examinés.
M. Marzin répond que les études sur la toxicité par contact sont
réalisées à partir de solutions, ce qui représente un pire cas comparé à un
contact moins
intime avec du pollen.
M. Aletru évoque alors la possibilité que l’abeille se contamine lors du
léchage pour constituer les pelotes.
De toutes manières pour M. Marzin les valeurs des DL 50 topiques et
orales sont voisines.
M. Pouvreau tient à préciser que les prélèvements de nectar sont tout à
fait réalisables.
M. Marzin lui objecte qu’il faut disposer de 10 g, ce qui est
considérable, pour une analyse complète.
M. Pouvreau s’interroge sur la prise en compte du facteur race dans
l’analyse du CST.
M. Marzin répond que ce facteur a été noté dans les perspectives
d’études.
M. Aletru déclare qu’en ce qui le concerne il n’a pas observé de
différences significatives entre les races utilisées pour les phénomènes
d’intoxication
auxquels il est confronté. Il peut toutefois préciser que les races locales
d’abeilles noires ont plus de difficultés à se reconstituer rapidement en
abeilles après une intoxication, du fait d’une ponte naturellement moins intense
à pareille époque de l’année, comparativement à certaines souches importées.
M. Marzin rapporte qu’il a bien noté que les reines vivent moins
longtemps qu’auparavant et qu’il conviendrait ainsi de s’intéresser à la gelée
royale. Il
déplore que l’on ne dispose d’aucune donnée sur ce sujet.
M. Leconte (INRA) demande s’il ne convenait pas d’envisager des analyses
sur le miel stocké dans la ruche car un produit stable pourrait s’y concentrer.
M. Marzin lui répond que ces données seraient en effet d’une grande
utilité pour le CST. Il serait souhaitable également de disposer d’information
sur la
gelée royale et sur les reines.
M. Pouvreau (FNE) souhaiterait savoir si les études des effets sublétaux
ont été analysées par le CST et si des études sur le devenir à long terme des
colonies sont prévues.
M. Marzin lui répond que cette partie est en cours de validation. Les
études sont difficiles, la détermination de la DL 50 sur une reine semble par
exemple
très problématique.
M. Pouvreau considère que pour pratiquer une évaluation pertinente il
faut étudier en l’état le super organisme que représente une colonie.
M. Aletru fait remarquer que la durée de butinage de 5 h qui a été retenu
par le CST paraît faible. En effet on pourrait observer des fréquentations du
tournesol en été de 6h jusqu’à 23h. Il propose que les formules de calculs des
scénarios intègrent pour durée de butinage une valeur de 10 heures de butinage
qui est plus réaliste.
II Présentation des travaux du sous-groupe « réseau » :
M. Marzin reprend le cour de son exposé pour présenter les travaux du
sous-groupe réseau.
L’activité de ce sous-groupe s’est axée sur la mise en place de deux types
d’actions :
1) L’Enquête Prospective Multifactorielle Apicole,
2) Le Réseau de Surveillance et d’Alerte des Troubles Apicoles (RéSATA).
1) L’enquête prospective
L’ objectif de cette enquête de terrain est de produire des résultats
scientifiquement établis pour assurer la bonne santé du cheptel apicole et de
construire un réseau d’enquête prospectif en charge du recueil des principaux
paramètres caractérisant la santé et la production d’un nombre limité de
ruchers témoins. Les paramètres mesurés viseront à caractériser la conduite des
ruchers, qualifier les troubles, les maladies diverses et mesurer la
présence de toxiques. Cette enquête a été limitée à 5 départements, l’Eure, le
Gard, le Gers, l’Indre et l’Yonne, 5 ruchers par départements avec 4 visites
par an. Ces visites donnent lieu au remplissage d’un questionnaire, à
l’évaluation de certains paramètres et à des prélèvements. Un essai de
faisabilité a eu
lieu au printemps 2002 dans 2 départements, Alpes-de-Haute-Provence, et Gers.
L’enquête a été mise en route à l’automne 2002 dans les 5 départements
retenus. Cela a d’ores et déjà donné lieu à la réalisation de 25 visites qui
représentent 8000 km de route et 5 semaines de mission, expédition, gestion des
prélèvements avant les premières analyses. Un rapport d’étape sera rendu au
cours du premier trimestre 2003 sur les résultats de ces visites 2002 de mise en
hivernage des ruchers.
2) le Réseau de Surveillance et d’Alerte des Troubles Apicoles
Le but du RéSATA est de faire remonter au niveau du CST la connaissance des
accidents ou des troubles constatés dans les ruchers, de situer ces problèmes
dans l’espace et dans le temps, de générer des hypothèses explicatives de ces
troubles, par l’intermédiaire d’une fiche de renseignements à remplir. La
Fédération Nationale des Organisations Sanitaires Apicoles Départementales
(FNOSAD) s’est portée comme maître d’œuvre de ce réseau. Les premiers résultats
(202 fiches entre mars et octobre) ne sont pas encore validés et sont encore
soumis à variations. On a observé une forte variation du nombre de réponses en
fonction de la taille des ruchers. Les réponses des ruchers de moins de 100
ruches sont majoritaires. 59 réponses (29,3 %) font état de l’absence de
problème
malgré la consigne qui était de n’envoyer des fiches qu’en présence de troubles.
L’époque d’apparition des problèmes est surtout l’hiver et le printemps. Les
résultats sont en cours de traitement et seront disponibles avant la fin
décembre 2002. Le troisième axe de l’exploitation des données qui est de générer
des
hypothèses explicatives est en cours d’étude.
M. Schenfeigel ajoute que ces actions développées par le CST s’intègre
dans le projet global de la DGAL de créer un réseau national d’alerte et de
surveillance des troubles apicoles. Un réseau s’est mis en place dans 5
départements en 2002. Un ordre de service a encadré cette action. Il s’appuie
sur les
compétences de terrain des GDSA et des ADA et sur les agents des DDSV et des
SRPV.
M. Le Béchec fait remarquer que les abeilles sont des marqueurs de
l’environnement comme dans l’affaire du Gers par exemple. Le RéSATA prouve ainsi
toute son
utilité. La FNOSAD fait remonter toutes ses déclarations vers le CST et la DGAL.
M. Durand ajoute qu’il est du devoir des agents de l’Etat d’aller sur le
terrain prendre connaissance des problèmes concrets. Le travail de fond ne peut
être
réalisé que sur le terrain. Une centralisation trop forte entraînerait une
action tardive, et par-là même inefficace. Le travail de contrôle doit être
construit et encadré pour pouvoir apporter des résultats probants.
Le cas de l’intoxication de cet été survenu dans le Gers est emblématique, selon
M. Marzin. En effet on observait déjà des problèmes chaque année dans la
zone en question mais sans que cela soit rapporté.
M. Durand souhaiterait que soit arrêté un calendrier pour les prochaines
étapes du travail du CST.
M. Marzin lui répond que le travail de validation de la première phase de
l’étude sera achevé fin février. La prochaine réunion du CST fixée au 9/12
permettra de discuter de ce calendrier. Il considère que la prochaine réunion du
Comité de Pilotage pourrait avoir lieu fin avril ou début mai.
M. Durand fait remarquer que les informations attendues en provenance des
DSV auront été collectées et analysées d’ici là.
M. Aletru précise qu’il conviendra de mener rapidement l’analyse du CST
sur l’imidaclopride, compte tenu de la réponse demandée à l’administration suite
à la
récente décision du Conseil d’Etat.
M. Durand lui répond qu’un travail de fond a été demandé au CST. Cela exige
du temps, en particulier pour la validation des études antérieures, qu’il ne
s’agit pas de déconsidérer mais d’analyser au niveau technique. Cette action
représente un investissement lourd de la DGAL et des experts. La décision
ministérielle sur l’usage Maïs du Gaucho sera réexaminée indépendamment.
M. Marzin ajoute que la date limite est fixée au 23 janvier. Selon lui si
l’imidaclopride est impliqué, il ne constitue pas la cause unique des troubles
apicoles. Il conviendra de s’intéresser aux autres facteurs dès que possible.
Pour M. Aletru les autres régions ne possédant pas de cultures en fleurs
traitées gaucho ou régent ne sont pas confrontées lors de la miellée de
juillet/août
aux mêmes troubles que ceux qu’il a pu observer à pareille époque et qui
désignent les traitements de semences comme responsables.
M. Durand lui répond qu’on ne peut pas développer des idées préconçues
dans une analyse scientifique. Il existe une commission indépendante chargée de
l’évaluation du risque qui doit prendre en compte tous les facteurs.
3) Questions diverses et débat :
M. Mousseau (MEEDD) rappelle que son Ministère a soutenu la suspension du
Gaucho sur l’usage tournesol. Il propose au comité et aux décideurs de former
des
zones témoins, libres de traitements de semences.
M. Durand lui fait remarquer que la suspension sur l’usage tournesol a
créé de fait des zones témoins sans améliorer pour cela la situation des
troubles
apicoles.
M. Poirot suggère que la cause en soit du au remplacement du Gaucho par
le Régent.
M. Sirvins complète en précisant qu’il est utile de collecter des données
de terrain et que d’autres molécules homologuées sont aussi en cause comme cela
a
été énoncé dans le Gers.
M. Pouvreau s’interroge sur le risque de confondre les maladies avec les
empoissonnements, et sur les difficultés de mettre en évidence les éventuelles
interactions de ces facteurs.
M. Marzin précise que le réseau est fait pour distinguer l’importance de
tous les facteurs.
Pour M. Sirvins il est clair que l’on constate plus de problèmes en
plaine et qu’une abeille affaiblie est plus sensible aux maladies. Porter
l’accent sur la
recherche et la détermination des maladies peut conduire à ne découvrir aucun
autre facteur.
L’ordre du jour étant épuisé, M. Durand clôture la réunion.
La séance est levée à 16 heures
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