Le
Parlement européen interdit 22 pesticides dangereux
14.01.2009
CONTEXTE
Face aux
préoccupations grandissantes de la population sur l’impact potentiel des
pesticides, la Commission a présenté en juillet 2006 un texte visant à limiter
la présence sur le marché des pesticides les plus dangereux. L’objectif de cette
législation est de protéger la santé et l’environnement d’une utilisation
dangereuse ou excessive des pesticides dans l’agriculture. Le paquet de
directives inclut un nouveau règlement sur l’usage des pesticides et les règles
régissant leur autorisation en Europe et une directive cadre établissant des
objectifs communs et des exigences pour un usage durable des pesticides.
La législation proposée a été particulièrement controversée sur deux points :
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le critère de retrait pour les substances utilisées dans la production de pesticides (une interdiction pour les substances qui posent, potentiellement, des risques sévères pour la santé et l’environnement). |
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la reconnaissance mutuelle des produits autorisés dans
des zones géographiques spécifiques. |
Après plus de deux
ans et demi de discussions, les députés européens ont adopté la directive sur
les pesticides visant à réduire leur utilisation en soutenant la promotion et
l’utilisation de produits non chimiques.
Le texte adopté par le Parlement européen prévoit l’interdiction de 22
substances présentes dans la composition des pesticides pour leur caractère
cancérigène, nocif pour la reproduction ou perturbateur sur le système
endocrinien. Cette interdiction prendra effet de manière échelonnée : alors que
les deux premiers produits (le Carbendazim et le Dinocap) seront interdits dès
2009, les dernières interdictions ne prendront effet qu’en 2018, après
expiration des autorisations.
Les plans nationaux des Etats membres doivent comprendre au moins des objectifs
de réduction de l’utilisation des produits exprimés par un indice de fréquence
de traitement adapté aux conditions spécifiques des Etats membres.
Les Etats disposent de différents moyens pour atteindre ces objectifs :
Fiscalité : La directive prévoit la possibilité pour les Etats membres
d’accorder des subventions pour l’utilisation de pesticides moins nocifs. Ils
peuvent également mettre en place une taxe sur les pesticides pour tous les
produits exceptés les produits non chimiques ou les produits pharmaceutiques à
faible risque.
Formation : Les Etats membres doivent veiller à ce que les utilisateurs
professionnels, les distributeurs et les conseillers aient accès à une formation
appropriée et soient informés de l’existence de produits phytosanitaires
illégaux et des risques qu’ils présentent.
Information et sensibilisation : Les Etats membres doivent prendre les mesures
nécessaires pour faciliter des programmes d’information et de sensibilisation en
direction du grand public sur les pesticides et les risques qu’ils comportent.
Ils doivent également mettre en place des systèmes obligatoires de collecte
d’informations sur les cas d’empoisonnement aigus et chroniques par des
pesticides. Il revient enfin aux Etats membres de mettre en œuvre des programmes
de recherche sur des situations dans lesquelles un lien a été établi entre
pesticides et effets sur la santé ou l’environnement.
Protection du milieu aquatique et de l'eau potable : Dans les zones de
sauvegarde pour le captage d'eau potable, des mesures supplémentaires doivent
être prises pour éviter la contamination de l'eau par des pesticides. Les États
membres peuvent établir les zones exemptes de pesticides qu'ils jugent
nécessaires pour préserver les ressources en eau potable.
POSITIONS
Selon la députée ALDE française
Anne Laperrouze, cette législation donne un signal aux industries de protection
des plantes. « Elles doivent mettre sur le marché des produits moins
dangereux. Cette législation est aussi un signal adressé aux agriculteurs, qui
doivent développer une agriculture raisonnée et durable. Ce texte indique enfin
aux citoyens européens que l’UE s’occupe de leur santé en retirant du marché des
produits peu sûrs ».
« Avec ce texte, on ne pourra plus confondre les notions de danger et de
risque tout en tenant mieux compte des réalités économiques et agronomiques. Les
agriculteurs ont besoin des produits phytopharmaceutiques pour la santé des
plantes, d’où la nécessité de règles harmonisées à l’échelle européenne. Mais la
recherche d’alternatives plus respectueuses de la biodiversité, des sols, de
l’eau et des abeilles doit encourager les industries à innover avec
l’accompagnement nécessaire », a indiqué, quant à elle, la députée française
PPE-DE Françoise Grossetête.
Commentant le vote en codécision et en seconde de lecture sur le "Paquet
pesticides", Daniel Cohn-Bendit, coprésident du Groupe des Verts, a déclaré:
"C'est un grand jour en faveur de la protection de l'environnement et de la
santé des consommateurs. Pour la première fois, il existe à l'échelle mondiale
une législation visant à écarter les pesticides hautement toxiques."
De son côté, le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures,
trouve à cette législation des « points positifs ». « Ce texte
constitue une première notamment en instaurant des critères visant à exclure les
pesticides dangereux. Cependant il faudra batailler ferme pour que la notion de
perturbateurs endocriniens soit définie rapidement et de la manière la plus
stricte possible », a déclaré François Veillerette, président du MDRGF.
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