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Anciens éditoriaux de la "Santé de l'Abeille"
Editorial du numéro
224
Paroles
L’agriculture était au cœur des débats au Grenelle de l’environnement, fin 2007.
Petit bilan, grandes paroles et fausses joies ? Lutter contre le réchauffement climatique, préserver la biodiversité et réduire les pollutions, un triple objectif, comme l’a souligné le ministre Michel Barnier, ce qui le place en réalité devant un slalom bien difficile et aux pièges multiples.
Biodiversité et agriculture biologique. L’agriculture contribuera à la préservation de la biodiversité par le lancement d’une politique nationale de réhabilitation des sols agricoles et de développement de la biodiversité domestique, cultivée et naturelle, dans les exploitations. Question : combien d’agriculteurs sont prêts à emboîter le pas ?
Tripler les surfaces d’agriculture cultivées en biologique d’ici 2012. A combien de km2 s’élèvent les surfaces bio actuelles ? L’équation reste posée. Si la préservation de l’environnement n’est plus à démontrer, comment accepter que l’on autorise l’usage de pesticides de plus en plus agressifs envers les pollinisateurs et incompatible avec ce type de culture, ceci malgré les nombreuses réserves émises à propos du Thiametoxam (Cruiser).
Les OGM ? Le Grenelle de l’environnement préconise le renforcement des connaissances et de la recherche publique sur les OGM et les biotechnologies, la mise en place d’une haute autorité sur les biotechnologies et l’adoption d’une loi sur celles-ci. Jusqu’à l’entrée en vigueur de cette loi, il a été décidé de suspendre la commercialisation et l’utilisation du maïs OGM Monsanto 810. Voilà le discours du ministre de l’agriculture et de la pêche prononcé le 26 octobre dernier dans la Haute Vallée de la Bruche (Bas-Rhin). Six pays européens ont choisi d’activer « la clause de sauvegarde » sur les OGM dont la France.
Faits scientifiques nouveaux. Le comité de préfiguration d’une Haute Autorité sur les OGM a présenté le 9 janvier 2008, ses conclusions sur le maïs Mon810. Les éléments scientifiques nouveaux font douter de l’innocuité de ce maïs à travers la dispersion du pollen sur de grandes distances, la résistance chez deux lépidoptères, et les effets possibles sur la faune et la flore. Ce même comité a souligné la nécessité d’études complémentaires. Alors que les Etats-Unis, par la voix de la représentante américaine au commerce « Susan Schwab », s’annoncent très inquiets d’une décision, qui, somme toute est Européenne, pensant qu’il y a un risque de mesures de rétorsion. Le développement d’une agriculture durable est une exigence nouvelle, mais c’est aussi un choix éthique. La fable paysanne du « tout pesticide » fait lentement, « trop lentement », marche arrière. L’apiculture, le plus utile et le plus beau des métiers agricoles, n’a que trop souffert de l’ignorance des manipulateurs de l’agrochimie.François Tabak,
Co-Président de la FNOSAD
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
223
Un « mal scélérat » ravagerait-il l’apiculture mondiale ?
Les marins, du moins ceux qui en ont réchappé, font état depuis longtemps de vagues scélérates : immenses, d’une hauteur pouvant atteindre 30 mètres et capables d’engloutir des navires pourtant réputés insubmersibles. Les scientifiques spécialisés dans l’étude des marées ont, jusqu’à peu, nié l’existence de tels phénomènes, prétextant que les marins, hommes de la mer, avaient une fâcheuse tendance à l’exagération.
Les apiculteurs, hommes de la terre, font part de leurs observations inquiétantes depuis plusieurs années et pour expliquer certains cas de mortalités d’abeilles avancent des hypothèses de causalité… réfutées par un collège de scientifiques.
Similitude de situations !
Décidément, dans tous les domaines, le mode de fonctionnement humain reste le même…
Il a fallu que les scientifiques aillent en mer OBSERVER les hauteurs de vagues et leurs variations pour qu’ils admettent l’existence de ces vagues énormes aux effets tragiques.
En matière apicole, bien sûr, les scientifiques spécialisés, par des études le plus souvent réalisées en laboratoire et discutées en congrégation, avancent des faits nombreux et assortis de liens de causalité en matière de surmortalités d’abeilles.
Mais comme l’écrivait Henri Poincaré : « On fait la science avec des faits, comme on fait une maison avec des pierres : mais une accumulation de faits n’est pas plus une science qu’un tas de pierres n’est une maison ».
Pour notre abeille, il est à craindre que ce « mal scélérat » soit lié à son écosystème qui se dégrade d’année en année, au point que les zones préservées se réduisent comme peau de chagrin. La science, malgré les équipements énormes dont elle dispose et dont elle ne sait plus se passer (cf. les projets de recherche financés par l’Europe) sait-elle encore se donner les moyens de relier les faits ?
J’ose encore espérer être dans l’erreur…
Bien humblement.Jean-Marie Barbançon,
Co-Président de la FNOSAD
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
222
Quel avenir pour l’apiculture ?
Des temps heureux de nos enfances d’apiculteurs au Grenelle de l’environnement, au-delà de toutes les divergences, il y a la préoccupation de la défense de l’environnement, et nous devons tous nous interroger sur la nécessité vitale de préserver notre patrimoine naturel.
En l’état actuel des dégradations il y a lieu de s’inquiéter, si l’homme emprunte la Terre de ses enfants, que va-t-il leur rester ?
Le Grenelle de l’environnement transformera-t-il notre société écophage en une société de préservation et de préparation de l’avenir ? à quand ce bon réflexe et la volonté permanente de protection de l’environnement ?
Préserver, c’est aussi maintenir la biodiversité mise en lambeau par les pratiques humaines actuelles et autres interventions dans le monde végétal. Déjà les plantes cultivées ont perdu en taille, les pesticides freinent leur croissance et réduisent d’un tiers les rendements (Science et Vie – Août 2007). Les terres systématiquement épurées des mauvaises herbes, curieux ! Et pourtant il n’y a pas de mauvaises herbes, il n’y a que des herbes dont on ne connaît pas les qualités.
L’effondrement des colonies d’abeilles, qualifié de CCD par nos collègues américains serait-il un doigt pointé en direction des humains ? Difficile à dire, constat trop récent, toutes les hypothèses courent aussi bien dans le monde scientifique que dans le monde apicole, les médias s’en faisant l’écho. Le problème du CCD se répercute sur l’économie de certains états à tel point, que ces états investissent de gros budgets dans la recherche sur les causes du CCD.Serions-nous en train de manger nos dernières tartines de miel ? Le miel deviendrait-il une denrée de luxe extrêmement rare ? Toujours est-il qu’il y a lieu de s’inquiéter et à juste raison sur le phénomène de l’effondrement des colonies d’abeilles. De nouvelles maladies infectieuses en seraient-elles à l’origine ? Si l’on en croit le rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de nouvelles maladies infectieuses apparaissent à un rythme sans précédent. Le constat alarmant établi par le rapport annuel de l’OMS laisse perplexe, en effet, les nouveaux risques sanitaires incluent non seulement des épidémies, mais également des maladies d’origine alimentaire, des accidents ou des attaques chimiques, biologiques ou nucléaires, la pollution industrielle et les changements climatiques (Rapport de l’OMS intitulé : un avenir plus sûr). Dans le domaine de l’apiculture nous n’avons que des questions et toujours pas de réponse sur les phénomènes constatés. Pourtant aux dernières nouvelles un virus de la paralysie serait à l’origine de l’effondrement des colonies d’abeilles.*
Malgré les vicissitudes du moment il nous faut garder l’espoir que les pollinisateurs et les abeilles survivent et prospèrent dans les siècles à venir, pour le bien des hommes.François Tabak
Vice-Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
221
Homo Ecophagus
Quand se meurent les abeilles… se meurent aussi les Hommes.
De l’Europe à la Chine en passant par les Etats Unis, des pertes massives d’abeilles ont été constatées. CCD, un mot jusque-là ignoré des apiculteurs, a fait son apparition. CCD une réalité qui ne peut aller qu’en s’amplifiant à mesure des ans… si l’Homme n’y apporte une part de solution, le bio indicateur de notre écosystème disparaîtra… mais aussi les hommes.
« Les humains doivent être étudiés comme les autres espèces animales » *D’après une étude de l’Université du Colorado : population et environnement. * Depuis bien longtemps la biologie montre que les espèces dont la population augmente rapidement sont sujettes à de grandes fluctuations. Si elles excèdent la capacité que peut supporter leur écosystème, il se produit un cataclysme. Relevons ici : que ce cataclysme a pour source l’Homme écophage devenu super-prédateur doté de la chimie. La population peut ensuite revenir à une oscillation autour de la capacité moyenne. En général les populations tendent à se maintenir dans une série d’oscillations amorties. L’écart par rapport à ce modèle provoque évidemment une forte instabilité. Cela peut aussi mener à l’extinction d’une espèce car la surpopulation conduit à des pathologies d’où résulte une forte mortalité et les possibilités de survie décroissent.
Si l’Homo Sapiens est devenu l’Homo Ecophagus (l’Homme qui dévore l’écosystème) il faudra espérer un Homo Neontus (un être nouveau). Il semble que l’Homo, qui peut raisonner et parler a toujours été écophage. Seulement le processus s’accélère très vite depuis le dernier millénaire. Au début du Pléistocène la population humaine augmentait à un rythme probable de 0,001 %, doublant tous les 100 000 ans. Au Néolithique, l’augmentation passait à 0,1 % doublant tous les 700 ans. Au début de l’ère chrétienne la population totale était d’environ 250 millions d’individus, passant à 500 millions en 1650, la peste noire arrivée, 1/3 de la population se trouve éliminé. Mais rapidement elle passe à 1,1 milliard en 1850, se trouvait à 2,5 milliards en 1950 et elle double actuellement tous les 40 ans.
Une telle augmentation des populations ne ressemble à aucune croissance observée pour la faune ou la flore. Ceci n’est possible que parce que les humains ont éliminé leurs prédateurs et appris à se défendre contre les micro-organismes et dominent totalement leur écosystème.
Cela rejoint la Bible : nous avons mangé le fruit défendu de l’arbre qui apporte la connaissance et la mort. L’idée que la population humaine est un cancer planétaire est une conclusion troublante, mais les observations des communautés scientifiques depuis les dernières décennies, ont massivement appuyé cette hypothèse et il n’y a pratiquement pas d’arguments pour la réfuter. Il est excessivement rare qu’un cancer cesse volontairement ou spontanément d’être un cancer, ou bien ce sera l’une de ces exceptions remarquables.
Le CCD est-il lié à un surdéveloppement des populations d’abeilles ? Bien sûr que non, mais, il y a un mais : réduisez l’espace nécessaire à leur développement et vous obtiendrez le même résultat que dans le cas d’une surpopulation ; l’espace de vie nécessaire à l’abeille, son écosystème est agressé et réduit par l’activité humaine. Le Grenelle de l’environnement ne sera, s’il aboutit, qu’un retardant d’incendie ; c’est tout de même une aventure humaine qui mérite d’être tentée. Nous n’avons toujours pas encore colonisé Mars et encore moins la lune.
A moins que ces hypothèses soient fausses et alors nous serions heureux qu’il en soit ainsi.François Tabak
Vice-Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
220
La défense de l’environnement, un problème philosophique
Si les nations du monde se donnent rendez-vous pour parler de la planète Terre, malgré les politiques engagées aux environs des années soixante-dix, il n’en reste pas moins que les menaces pèsent toujours plus gravement sur notre environnement.
LA TERRE : à vouloir exploiter sans frein la nature, on a oublié ses rythmes et ses lois. C’est la planète tout entière qui est en cause. Elle est maltraitée par les hommes, elle paraît ici ou là désormais trop usée à force d’avoir servi alors que, après tout, elle est encore jeune. “J’espère qu’elle est plus proche de ses origines que de sa fin, mais cela qui peut le dire ?” Ces phrases sont de François Mitterrand, RIO 1992.
La réponse aux menaces pesant sur notre environnement global passe obligatoirement par un autre mode de développement. Le développement durable que l’on cite plus facilement que l’on ne le pratique, concerne tous les acteurs de la vie.
Les marchands d’influence sont toujours présents et les lobbies agissent dans tous les rouages économiques, cherchant à modifier la décision publique (J. D. Giulliani – Seuil 1991 – Les lobbies en France).
Les groupes d’intérêt pèsent sur l’action des gouvernements. L’agriculture polluante et polluée, une agriculture victime de la pollution, la profession apicole victime des pratiques agricoles, il faudra beaucoup de persuasion aux apiculteurs pour faire admettre à l’opinion publique que l’abeille est réellement la sentinelle de notre environnement.
S’il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre, il faut noter que la nature a ses lois, que celui qui les enfreint se trouve confronté à des problèmes insoupçonnés.
Le développement véritablement durable, c’est-à-dire respectueux de l’environnement et soucieux du long terme, est un défi encore à portée des Hommes. Mais ce développement n’a pas de sens s’il doit se faire au détriment de la santé publique, épuiser et polluer les ressources naturelles, dégrader de manière irréversible notre patrimoine naturel.François Tabak
Vice-Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
219
Interrogations sur la qualité de vie en 2007
Un autre élément pouvant troubler l’équilibre environnemental, avec des incidences insoupçonnées à ce jour, ce sont les cultures OGM. OGM désigne tout organisme ayant subi une modification dirigée par l’homme de son génome pour lui donner de nouvelles propriétés. Les PGM sont les plantes génétiquement modifiées.
Les OGM ont-ils une action perturbatrice sur la santé humaine, animale ou celle de nos abeilles ? C’est la question fondamentale que se pose notre société civile, relayée en cela par les médias, soucieuse d’obtenir des informations fiables.
Automne 2006 : la contamination du riz américain par du riz OGM dont la culture n’était autorisée dans aucun pays du monde, provoquait des réactions vigoureuses citoyennes, en Europe.
Mars 2007 : sur la 3e chaîne, le Professeur G. E. Séralini, de la commission du génie biomoléculaire, révélait que le maïs MON 863, (Mon = Monsanto), autorisé par le ministre de l’environnement en cultures plein champ, provoquait des altérations graves sur les animaux nourris en laboratoire et réclamait la publication des travaux scientifiques officiels ayant permis cette commercialisation.
Autre interrogation. Le pollen du Maïs BT (Bacillus thurigiensis) qui produit une toxine a-t-il une action sur la santé de nos abeilles ? Des études scientifiques récentes (2006) précisaient que cet insecticide n’avait pas d’influence sur le développement ni sur le comportement des abeilles. à l’inverse, une autre étude universitaire d’Allemagne (Jena) révèle que des abeilles nourries avec du pollen Bt ont subi une attaque de microsporidies (lire notre article sur la nosémose) avec pour conséquence une mortalité plus élevée des abeilles et un élevage de couvain réduit par rapport aux ruches témoins nourris avec du pollen normal. Cette étude montre une interaction de la toxine Bt et des microsporidies sur les cellules de la paroi intestinale des abeilles.
Des interrogations. Dans les biotechnologies, le secret industriel est un obstacle à la transparence aux sujets de santé publique. Cela est-il acceptable ? En Allemagne, la Cour de Justice de Munster a refusé ce principe et obligé Monsanto à rendre public son rapport confidentiel. Pourquoi pas en France ?
La rétention d’information provoque un climat délétère. Les scientifiques des différentes associations de qualité environnementale devraient avoir accès aux publications des travaux officiels ayant permis une commercialisation d’une culture ou d’un produit et pouvoir participer aux travaux de biovigilance, c’est-à-dire suivre les réactions de l’organisme à un produit ou à une culture donnée.
Dans ce débat, la Suisse a pris un moratoire de 5 ans pour les cultures plein champ. Plusieurs pays de l’Europe refusent pour l’instant ces pratiques. N’est-il pas temps pour l’Europe de prendre le temps de la réflexion sur les effets des cultures PGM, sur une utilisation abusive des produits phytopharmaceutiques et leurs conséquences sur nos vies, sur nos éléments vitaux premiers, air, eau, sol ?
L'ensemble de ces éléments ne constitue-t-il pas une des causes premières de la fragilisation de la santé de nos abeilles depuis 15 ans ?Nos amis des Papillons nous signalent leur disparition ou leur raréfaction, en nos campagnes. Pour eux, ceci serait dû à une mélancolie phytopharmaceutique.
Puisque le moment est à la qualité environnementale, œuvrons tous ensemble pour améliorer la santé de nos abeilles.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
218
De la Qualité de Vie en 2007
Sur une chaîne médiatique, Nicolas Hulot s’exprimait ainsi : Le temps de la rareté commence, le temps de l’abondance est obsolète…
Hier encore, les antiennes de l’économie délirante célébraient les hyperproductivités agricoles et industrielles, sans mesurer les incidences qualitatives sur l’environnement. Toutes les composantes actives concouraient à cet objectif, faisant bénéficier à la fois la population de ses avantages immédiats, tel le plein-emploi, et bousculaient peu à peu l’équilibre, jusque-là immuable, de la Vie, disparition d’abeilles, appauvrissement de la biodiversité faunistique et floristique, eau trop nitrée, air des villes pollué, trou d’ozone, amenant le politicien décideur à se justifier en créant le développement durable.
Nous y avons tous participé et usé, et geindre n’apporterait rien de plus à la situation. L’inconscient collectif de notre vieille Europe est travaillé par l’incidence qualitative de cet environnement des trente dernières années sur nos santés, sur nos éléments vitaux premiers, air, eau, sol, ce qui a nécessité la création d’organismes évaluateurs.
L’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement, AFSSE, sur les médias, fin 2006, s’inquiétait des risques liés aux substances chimiques, biocides, biologiques, notamment pour plus de 500 000 travailleurs dans le Bâtiment, l’Industrie et l’Agriculture et enfin pour les usagers. Des Comités d’experts spécialisés se mettent en place, évaluent et font connaître leurs avis, motivés et argumentés, aux décideurs pour que des dispositions législatives et réglementaires, adaptées à chaque situation, soient prises à temps.
Il nous appartient que toute cette ferveur de recherche Qualité sur nos vies ne retombe pas, tel un soufflé de fromages, après les élections présidentielles.
Veillons et agissons auprès de ces Agences.
Un toujours plus Qualité est aujourd’hui possible, si vous le voulez bien…
Salutations et amitiés à tous à Acigné (Ille-et-Vilaine) les 2 et 3 mars 2007.
Travaillons tous pour la santé de nos abeilles.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
216
La sentinelle de l’Environnement
Admettre que l’Abeille est la sentinelle de l’Environnement, c’est reconnaître qu’elle subit la pression de cette qualité environnementale sur son équilibre vital, allant de la mortalité aiguë à des mortalités larvaires, à des modifications physiques et comportementales.
C’est aussi reconnaître que si hier le calcul de la DL 50 était un moyen admis par l’Administration en vue de l’homologation des produits pharmaceutiques, ce ne doit plus être l’unique critère au vu de la pertinence des frappes des produits de nouvelle génération.
Les mesures prises pour limiter l’utilisation des pesticides, – réduire d’ici 2009 la consommation à un tiers –, permettra-t-elle à l’Environnement, sols et eau, de retrouver le moment venu une amélioration favorable à l’Abeille et à cette faune sauvage ?
Les capacités d’analyse de nos laboratoires, Afssa et Girpa, permettent de mesurer l’incidence d’une utilisation excessive, avec accumulation de ces produits dans la lutte contre les ravageurs et nous invitent à envisager d’autres méthodes de culture ou d’autres moyens de lutte. En termes économiques, nous voyons flamber le coût des traitements de l’eau. Faudra-t-il demain aborder celui des sols, pour limiter les résidus dans les plantes ?
Permettre à l’Abeille d’exister est réjouissant, mais que l’essaim puisse se développer sereinement et amasser une récolte est plus ambitieux, et notre Environnement ne se portera que mieux.
Travaillons tous pour la santé de nos abeilles.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D
Editorial du numéro
215
L'Abeille, demain ?
La prise de conscience par les autorités françaises et européennes des incidents environnementaux, tels que disparition d'abeilles, qualité de l'eau, appauvrissement de la biodiversité faunistique et floristique, confirmés par de nombreux travaux scientifiques, se manifeste actuellement par une réorientation des actions des hautes administrations.
Confier l’évaluation des risques et des bénéfices sur l’utilisation des intrants végétaux, soit les produits phytopharmaceutiques et les matières fertilisantes, à l'AFSSA devrait entraîner une plus grande réactivité, une meilleure responsabilité et efficacité. L’éparpillement des organismes évaluateurs d’hier était une des causes des lenteurs et du manque de réactivité.
La mise en place sur le terrain de jachères apicoles ou fleuries n’est qu’un aspect visible des mesures et des démarches que l’autorité met en place progressivement pour préserver et améliorer la qualité environnementale dans le cadre de notre développement durable.
Ce petit pas qualitatif sera-t-il suffisant pour enrayer le déclin de la biodiversité face à l’hyperactivité humaine dans la quête du Toujours plus ? Sera-t-il suffisamment convaincant auprès des autres autorités de la planète, rebelles à toute modification de leurs us ?
Notre mérite sera de l’avoir tenté aujourd'hui, et notre espoir sera de voir dans quelque temps le résultat de ces mesures, l’inversement de cette courbe négative.
Bon hivernage apicole, selon les bons usages.
Travaillons tous pour la santé de nos abeilles.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
214
Quelles perspectives après la récolte ?
Dès la récolte effectuée, nos abeilles, de plus en plus dépendantes de notre action, nous réclament des garanties de survie.
Il est important que toutes les colonies soient visitées après la récolte et la présence de la reine doit être constatée par une bonne surface de ponte. C’est aussi le moment de détecter les loques et d’agir en retirant les cadres incriminés et en les remplaçant par des cires étirées ou gaufrées. Au début, une partition isolante sera bénéfique pour resserrer la grappe et la dynamiser. La reprise de la ponte est favorisée par un nourrissage, 2 à 3 jours après le diagnostic, ainsi une surveillance qualitative du couvain doit être assurée durant 3 à 5 semaines.
Pour une colonie mycosée, il faut changer la reine et les cires avec couvain, et leur destruction ; celle-ci ne vous apportera que des déboires.
La qualité des réserves, miel et pollen, sera estimée et, si nécessaire, l'apiculteur doit prévoir le complément, avant les grands froids, en le notant sur la fiche de ruche.
Pour toutes les ruches saines, une à trois stimulations, de 1 litre de sirop, après les visites estimatives, et tôt en saison, seront bénéfiques car permettant d’augmenter le nombre d’abeilles d’hiver qui vous feront de belles colonies en mars.
Ensuite, il est indispensable de traiter les colonies contre la varroase. Pendant la visite estimative du couvain, pratiquez le test sur 4 à 5 nymphes d’ouvrières. Ceci vous donnera une idée de l’infestation de vos ruches par Varroa destructor et de la nécessité de traiter avec des produits ayant une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) assez tôt en saison, sans vouloir attendre novembre. N’oubliez pas qu’entre août et novembre, il y a au moins 10 semaines que les femelles varroas vont exploiter pour leur survie et que l’importance de nos colonies va en s’amenuisant au fur et à mesure que l’on s’avance dans la saison froide.
Et, pour vous apiculteur, relisez les pages du Praticapi, qui vous donneront demain, au pied de la ruche, la note tonique à vos gestes.
Agir ainsi, c’est permettre à ses colonies de mieux repartir l’année suivante et c’est apporter à l’apiculteur quelques joies, même si l’on n'ignore pas que l’environnement est chargé.
Pour la nosémose, on attend toujours l’autorisation d’utiliser le Fumidil.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille..Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
213
Un réveil qui s’est fait attendre
Les rigueurs de l’hiver passé et le bilan des colonies effondrées, il nous faut analyser les causes multiples qui ont conduit à de telles pertes. Il n’est pas à exclure tous les problèmes liés à notre environnement.
Le plan de stratégie national pour la biodiversité devrait entrer en phase concrète au mois de novembre de cette année (du moins en partie). Si les rapports agriculture et biodiversité sont complexes, l’on peut imaginer combien il faudra de temps pour convaincre nos partenaires agricoles d’une cohabitation plus harmonieuse et à bénéfice mutuel entre agriculteurs et apiculteurs.
Une question d’actualité : les abeilles et autres pollinisateurs trouvent-ils encore dans l’espace agricole les ressources qui leur sont nécessaires ?
Par ailleurs, nous souhaiterions aussi plus de transparence dans les choix de nos élus quant aux OGM. à ce propos, au congrès FNOSAD d’épinal, Jean-Marie PELT me disait que l’on piétine et dévaste le magasin du Bon Dieu, le transfert de gènes sur les plantes est trop récent, et qu’en plus, aucun généticien ne peut réellement prédire le meilleur ou le pire. Que fait-on du principe de précaution, lorsqu’on jette, sans suivi sérieux, en plein champ des gènes nouveaux, il est vrai aussi que la nature saura toujours nous surprendre.
Oui, la santé des abeilles nous importe, parce qu’elle est tributaire de l’activité agricole et humaine en général, la FNOSAD ne saurait être absente des colloques et conseils scientifiques touchant de près ou de loin à la vie et la santé des abeilles. Il devient urgent pour la profession de tenir un même langage, il ne faudrait pas nous disperser dans les sables des lendemains de défaites, les GDS ont leur part de responsabilité, aussi leur soutien nous est précieux.
En 1975, Aline Grenier-Sargos (Presses Universitaires de France) écrivait dans la défense de l’environnement : Agriculture et environnement un combat commun qu’en est-il aujourd’hui ?
Konrad Lorenz place au troisième rang, parmi les huit péchés capitaux de notre civilisation, la dévastation de l’environnement : l’homme civilisé qui dévaste avec un vandalisme aveugle la nature vivante qui l’entoure, dont il tire sa subsistance, attire sur lui-même la menace d’une ruine écologique, lorsque les conséquences économiques de ce vandalisme commenceront à se faire sentir, l’homme reconnaîtra peut-être son erreur, mais il est à craindre qu’alors il sera trop tard.François Tabak
Vice-Président de la F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
212
La saison 2006 est repartie
Notre Assemblée Générale en mars 2006 à Paris a permis la rencontre de tous les présidents actifs des Groupements de Défense Sanitaire Apicole qui nous ont fait remonter les difficultés rencontrées sur tout le territoire afin de nous permettre de prendre de nouvelles initiatives.
Connaître les problèmes, les évaluer et agir.
Lutte contre la loque américaine. Une recherche sérieuse, dans les mois à venir, suivie de mesures énergiques, est primordiale, transvasement sur cires neuves en ruches ou ruchettes dès la découverte, désinfection immédiate des ruches vides, ramassage des cadres incriminés en sacs plastique pour destruction chez soi...
Un traitement varroas et/ou un dépistage sur 10 % du cheptel, printanier, doivent être envisagés pour estimer la pression parasitaire avec contrôle des chutes. Vérifier manuellement leur présence dans les cellules du couvain vous donnera une idée de l’importance d’un bon traitement estival, agréé, en temps voulu. La mauvaise qualité des traitements effectués est une de causes des fortes mortalités hivernales.
Faire partager nos angoisses apicoles à nos partenaires de l’agriculture sur la nécessité d’enrichir la biodiversité actuelle pour retrouver un meilleur équilibre environnemental. Une action : que tous les GDSA offrent cette revue à toutes les DDA, les Chambres d’Agriculture, les autorités administratives départementales et régionales, aux associations de chasseurs et de l’environnement. Ceci leur permettra de prendre avec justesse les sages décisions dans la gestion actuelle environnementale et culturale.
Travaillons tous ensemble pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
211
Meilleurs vœux pour 2006
Qu’apportera cette nouvelle année à l’apiculture, à l’abeille ? Nos attentes sont grandes en ces périodes difficiles. Verra-t-on une juste poursuite des travaux de réflexion des tribunaux aux plaintes des apiculteurs ?
La commission d’homologation des produits phytopharmaceutiques sera-t-elle dotée d’outils reconnus pour l’évaluation de l’impact des produits, nouveaux et anciens, sur les abeilles, sur leurs comportements, sur le développement larvaire ?
Le ministère sera-t-il sensible aux conclusions de cette commission et aux souhaits d’une population sensible à un développement sain face aux pressions des lobbies culturaux ?
D’autres aspects fragilisent notre abeille : la présence des varroas et les résidus de nos cires. L’action pathogène des varroas est souvent mal appréciée par de nombreux apiculteurs. Les traitements doivent être effectués à temps et avec mesure. L’efficacité de l’Apivar est à l’étude. Les résidus de nos cires perturbent gravement le développement vital de nos colonies. Certaines molécules ne se dissipent qu’au bout de nombreuses années (déballez vos paquets de cire gaufrée et placez-les sur vos étagères). Des refus d’étirement de cire gaufrée, de ponte sont constatés. Il y a lieu d’avoir une saine conduite dans la livraison des brèches au cirier, dans les traitements et en parallèle d’élaborer auprès de nos chercheurs des procédures de purification.
Les visites au cœur de la colonie et dans les ruchers devront être plus rigoureuses et régulières. Une réponse sanitaire adéquate doit être apportée à la colonie et, en cas de problème grave, une information doit être portée à la connaissance des DDSV et des GDSA.
Recevez mes meilleurs vœux et souhaits pour 2006.
Travaillons tous ensemble pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
210
Bilan et action
L’année 2005 s’achève et l’heure des bilans est arrivée.
Bilan sanitaire
Après une recherche dense dans les élevages apicoles concernés, les services de la DGAl nous informent que le petit coléoptère est absent de notre territoire.
Par contre, les loques américaines sont persistantes et ont une incidence majeure sur les affaiblissements et les mortalités de nos ruches. Sont-elles les conséquences d’un environnement enclin à conserver les matières actives des produits utilisés en agriculture et en industrie, d’un amoncellement de ces résidus dans les matrices de nos colonies (cire, propolis, miel, pollen…), d’une pression trop grande de varroas en fin d’été, due à une efficacité réduite des traitements effectués, d’un contrôle sanitaire insuffisant de l’apiculteur ?
Au congrès Apimondia de Dublin, ceci constitue une des problématiques majeures en Europe. Le cheptel apiaire allemand serait contaminé à plus de 50 %. Il est donc important pour l’apiculteur français de bâtir pour 2006 ses moyens de lutte (transvasement ou destruction) pour son propre cheptel, en relation avec les GDSA, tout en produisant un miel 0 résidu.
Bilan économique
L’état sanitaire de nos ruches réclame une plus grande présence de l’apiculteur qui n’est pas toujours compensée par une production à la hauteur des attentes économiques. Cette astreinte fait baisser le nombre de ruches suivies par jour et par apiculteur.
Les coûts des déplacements, la concurrence des prix à l’intérieur des marchés européens et internationaux font que les prix de revient au kg de miel deviennent conséquents. La marge bénéficiaire sera-t-elle suffisante pour faire perdurer nos entreprises apicoles occidentales sans une aide européenne ou s’achemine-t-on vers une activité de loisirs, réservée à quelques initiés ? à nous de tirer le bilan de l’organisation de notre propre activité.
La prise de conscience d’un besoin de qualité environnementale, générale dans la population, sera-t-elle suffisante pour exiger de nos responsables politiques français et européens une action à responsabilisation à l’usage des produits phytopharmaceutiques et une décision de retrait des matières actives dont les effets pervers sont connus ?
Nous voulons le croire. C’est sur cette note d’espoir que nous vous souhaitons une bonne et heureuse année pour 2006.
Travaillons tous ensemble pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
209
Hivernage
Le bon hivernage de nos abeilles est assuré par la sécurité de l’habitat, par la sécurité alimentaire et par la sécurité sanitaire.
N’attendons pas que la mauvaise saison soit bien installée pour donner à nos colonies la tranquillité nécessaire face aux intempéries et aux tentatives d’intrusion des prédateurs.
Les réserves alimentaires doivent être prévues suffisamment tôt en saison. Il y a adéquation entre celles-ci et le redémarrage au printemps et la future récolte.
Pour varroa, l’hôte indésirable, les traitements sont effectués selon la posologie des produits utilisés et en temps utile. Quant aux autres pathologies, nous ne pouvons pas compter, actuellement, sur l’aide réparatrice des molécules, car la recherche scientifique dans les filières mineures n’est pas florissante. Ce sera pour demain, et elle ne sera efficace que dans la mesure où de nouvelles conditions environnementales d’homologation et d’utilisation des phytosanitaires seront mises en place. Supprimer les causes favorisantes de certaines pathologies, c’est améliorer les défenses immunitaires de nos abeilles. Profitons donc de nos heures de tranquillité pour lire et relire les deux études pathologiques de ce numéro, ainsi que les pages du praticapi et parlons-en autour de nous. Un bon suivi des colonies, tel que nous le décrit Yves, est la condition primordiale d’un développement harmonieux de nos colonies.
Travaillons tous ensemble pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
208
Les mois des bilans
Juillet-Août sont pour l’apiculteur les mois des résultats dans la productivité des miels, des essaims… Les frais engagés sont-ils largement absorbés ? La rentabilité s’améliore-t-elle d’une année sur l’autre ? C’est aussi la période où il est urgent et nécessaire de préparer ses colonies pour le meilleur hivernage possible. Une bonne visite sanitaire aidera à éliminer quelques cas tardifs de loque américaine. La FNOSAD (question fréquemment posée) n’est pas favorable à l’utilisation des antibiotiques.
Un nouvel arrêté sanitaire, en projet, sera prochainement publié. Quelques points. Les agents sanitaires apicoles verront leurs actes réévalués et seront assurés comme collaborateurs occasionnels de l’état. Les déclarations se feront en mars et serviront de formulaires de transhumance. Un seul et unique groupement sanitaire par département… Attendons sa publication.
Des intoxications ont eu lieu. Les analyses toxicologiques, comme les pathologiques, sont payées par les DDSV. Demandez à leurs responsables de budgétiser ces nouvelles obligations, si nous voulons un plus grand respect de la qualité environnementale. Faites-nous part, à notre secrétariat, de vos difficultés. Ceci nous permettra d’améliorer les procédures. Et n’hésitez pas à porter plainte pour destruction de biens d’autrui. Si les analyses sont confirmées, cela permettra de responsabiliser les auteurs.
Travaillons tous ensemble pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
207
Etre ou ne pas être
Telle est aujourd'hui la question existentielle, primordiale de nos abeilles, après le Congrès d’Évreux. Demain, pourront-elles encore s’ébattre dans tout l’environnement sans crainte d’intoxication ou devront-elles se contenter des espaces Natura 2000, îlots préservés exempts d’agressions chimiques, que l’homme réserve de-ci, de-là, à la faune et à la flore sauvages sur tout le territoire. To be or not to be…
Le temps des belles paroles sur l’agriculture raisonnée, sur le développement durable est passé. Les citoyens attendent des mesures d’application pour stopper la dégradation continue de la qualité de l’air, de l’eau, de la biodiversité… La France peut-elle réduire les effets néfastes de l’agrochimie sans perdre sa productivité ? Les pays de l’Europe du Nord l’ont fait, pourquoi pas elle ? Serions-nous moins compétents ?
Nos apiculteurs, nos abeilles ne sont pas les seuls à alerter les autorités du pays. Utilisons la semaine de l’environnement, début juin, pour concrétiser nos attentes. L’apiculture ne serait-elle plus qu’un élément secondaire, histoire de conforter l’éducation de nos enfants ?
Etre ou ne pas être, c’est le défi de demain que nous avons à gagner aujourd’hui.
Le perdre, c’est un peu nous perdre nous-mêmes. Gagnons-le.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille..Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
206
Aethina tumida, où es-tu ?
Notre congrès d’Evreux, organisé par les apiculteurs de l’Eure, nous a permis de faire le point sur nos soucis majeurs : Aethina tumida, risques phytosanitaires, traitements sanitaires, biodiversité. Que les apiculteurs de l’Eure soient vivement remerciés pour cette organisation !
Dès les beaux jours, en zone sensible, des spécialistes apicoles iront détecter le petit coléoptère dans vos ruches. Chaque apiculteur recevra par la suite une fiche signalétique lui permettant de le reconnaître et de déclarer sa présence à la Direction Départementale des Services Vétérinaires. C’est une maladie réputée contagieuse.
Seule la DDSV est autorisée à ordonner la destruction de la ruche ou du rucher infecté. Toute autre décision est sanctionnable civilement et pénalement.
La biodiversité peut être une chance pour l’apiculture, même si elle ne résoud qu’en partie nos problèmes. C’est un moyen de communication et de responsabilisation entre les différents acteurs de l’agriculture. Sachons utiliser les aides en ce sens pour créer des jachères fleuries mellifères et pollinifères.
Un sanitaire fort doit permettre de retarder l’arrivée de ce second parasite, c’est l’avenir de la filière qui est en jeu. N’hésitez pas à nous faire part de vos observations et de vos centres d’intérêts. Lire La Santé de l’Abeille, c’est être au top pour la défense de ses ruches.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
205
Meilleurs vœux pour 2005 et Espoirs pour une apiculture durable
Nous sommes heureux de vous souhaiter une bonne année 2005, – la tradition veut que l’on y joigne la santé, nos pères et mères avaient raison –, et une bonne santé. Cela aide beaucoup pour affronter les difficultés : contexte économique, qualité environnementale, arrivée possible d’un autre ravageur…
Notre Congrès à Evreux, qui deviendra ainsi la capitale de l'apiculture française, nous permettra d'aborder au mieux l'avenir, dans cette belle Normandie qui fut et est une grande et riche région apicole. Nous serons heureux de rencontrer les différents responsables de la région, du département et M. le Maire d’Evreux, qui partagent avec nous leurs soucis de qualité environnementale.
OUI, l’abeille est une des sentinelles les plus visibles de notre qualité de Vie. C’est elle qui vient d’attirer l’attention de nos responsables sur les accidents de parcours de notre développement agricole et industriel. C’est pour elle que nos mesures concernant l’agriculture durable sont prises pour une meilleure répartition des responsabilités individuelles dans notre communauté de vie, notamment les mesures de prévention des incidences phytopharmaceutiques dues à nos progrès vertigineux.
Une abeille en pleine forme, n’est-ce pas une bonne garantie pour notre santé ? Faisons donc en sorte que l’apiculture soit durable dans toutes nos belles régions de France !
Bonne année et bonne santé à vous, à votre famille et à votre Abeille.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
204
Bilan
L’année 2004, en santé humaine, a été marquée par les interrogations des professeurs de CHU de Bordeaux, Montpellier, Paris,
Rennes… sur le lien éventuel de causalité entre l’utilisation massive de certains produits, pesticides et chimiques, et la
fréquence croissante de certaines graves maladies ou dérèglements hormonaux chez l’enfant, chez l’adulte.
En apiculture, nos abeilles connaissent le même chambardement : des reines défaillantes après un an de ponte, des mâles de
plus en plus stériles, des abeilles atteintes par de fréquents troubles, pathologie et intoxication.
Mais, comment cela ne serait-il pas ainsi ?
L'équilibre environnemental habituel a subi la pression des effets de cette course folle, depuis une bonne vingtaine
d’années, vers une surproduction en tout genre à faible coût et sans discernement. Les défenses immunitaires des organismes,
adaptées pour un milieu connu, sont ébranlées dans cet environnement nouveau, inconnu et hostile.
Devant un tel bilan, notre étonnement est plus dans le manque de volonté de nos responsables de ne pas évaluer l’impact de
toutes les productions chimiques sur la VIE.
À quoi cela servirait-il de parler de développement durable, si on venait à perdre l’Essentiel ?Face à de telles interrogations, à de tels paris sur l’Avenir, inscrivez-vous nombreux en Février 2005 au Congrès d’Evreux
pour y trouver une réponse ou y apporter vos inquiétudes ?En venant nombreux à Evreux, vous ferez œuvre utile, car vous aiderez la France, l'Europe à développer une apiculture durable
pour les générations futures.
Bonnes fêtes de fin d’année.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
203
Hivernage
Mettre en hivernage est l'expression qui définit l'aide que l'apiculteur apporte à ses abeilles pour leur permettre d'être présentes et actives au printemps suivant. Dès les récoltes stockées, il faut vérifier la qualité de chaque ruche : importance du nombre d'abeilles, présence de la reine, quantité de nourriture, absence de maladies.
Dès les récoltes stockées, il faut aussi traiter contre les varroas avec des produits ayant une Autorisation de Mise sur le Marché. On ne garde pas des valeurs nulles. Il faut donc réunir les ruches ou ruchettes faibles. Ceci limite les pertes et les frais. La réponse à tous ces problèmes vous est donnée dans ce numéro : lisez-le attentivement.
En outre, demandez à vos responsables d'organiser des journées de formation (voir pages 347 à 349) dans votre département. Pour une bonne pratique apicole, à l'heure européenne, il est urgent de se tenir informé, de se recycler. Ne l'oubliez pas : le premier bénéficiaire, c'est vous.
N'hésitez pas à m'informer de vos besoins et de vos difficultés ; un stage sanitaire pourrait être organisé pour les apiculteurs isolés.
La ville d'Évreux nous accueillera du 11 au 14 février 2005 pour le 38e Congrès de la FNOSAD. Grand merci et bon courage à tous les organisateurs. Facilitez-leur la tâche en vous inscrivant dès la parution du bulletin d'inscription dans La Santé de l’Abeille.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille.
Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
202
En Août, pense Hivernage
Le ministre de l'Agriculture vient de suspendre l'utilisation du Gaucho sur maïs jusqu'à sa réévaluation par la Commission Scientifique Européenne en 2006. La décision est tardive, mais satisfaisante. Néanmoins, il reste encore quelques produits commerciaux de la même famille à usage aérien, qui ne manqueront pas d'attiser nos inquiétudes.
L'historique longue de ces affaires, Gaucho et Régent, montre que l'espoir d'une rentabilité économique, facile et immédiate obscurcit les jugements quant aux nuisances réelles. En tiendra-t-on compte pour établir les nouvelles conditions d'homologations et de leurs suivis sur le terrain et dans le temps, pour les futurs produits commerciaux, y compris à des doses sublétales pour nos abeilles ?
Souhaitons-le, mais comptons plutôt sur notre vigilance, afin d'aider les scientifiques et les décideurs à les appliquer.
Ne confions pas à la génération future le soin de le faire.
En outre, cette mesure donnera à l'apiculteur du temps et des moyens pour lutter efficacement contre la loque américaine sans antibiotique et d'effectuer les traitements appropriés contre varroas, donnant ainsi plus de chances à ses abeilles de passer le cap de l'hiver.
Lisons et relisons ces pages de notre revue et faites-les lire à vos voisins apiculteurs. C'est en améliorant progressivement la communication autour de son exploitation que l'on bonifiera l'état sanitaire du cheptel. La loque américaine n'est pas une maladie honteuse. Elle n'est honteuse que si on ne se donne pas les moyens de l'éradiquer.
Communiquons donc. Bonnes miellées.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
201
Juin, en avant toute !
Notre saison apicole bât son plein. La qualité de nos récoltes espérées est en adéquation avec nos conditions d’hivernage, et celles-ci dépendent, entre autres, de la richesse, de la qualité des réserves en pollen et miel et de la pratique des traitements estivaux et hivernaux.
Les études récentes sur l’acide oxalique nous permettent d’espérer son usage prochain tandis que la recherche américaine avec le sucroside nous étonne. Les apiculteurs, pressés de connaître les résultats dans la détection de la loque américaine ou européenne, peuvent désormais utiliser les tests mis au point par la Société Swarm.
Apporter toute notre attention au maintien de la qualité sanitaire de nos abeilles est louable, mais il nous a paru nécessaire d’informer les apiculteurs, en contact permanent avec l’environnement, des risques encourus à la suite des piqûres de tiques. Plusieurs des nôtres ont été victimes gravement de la maladie de Lyme.
Cet été, l’AFSSA et l’Agence Nationale du Médicament Vétérinaire feront le point sur la disponibilité des médicaments vétérinaires, notamment en apiculture, dans les filières orphelines ou mineures…
Notre agriculture et notre apiculture sont en marche pour une pratique plus responsable de tous, particulièrement dans l’utilisation des produits phytosanitaires dans l’environnement.
Travaillons tous pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro
200
Encore un tour de plus !
Je veux parler de l'année apicole. Les conseils d'Yves, c'est bon à la fois pour vos ruches et pour le moral de l'apiculteur. Le savon, une solution pour la toilette de vos varroas ? Demandez en nos bureaux la nouvelle fiche Traitement de la loque. Vérifiez et re-vérifiez au cours de l'année la qualité du couvain et soyez réactif, en cas de loque américaine. L'antibiotique n'étant plus accepté, transvasez !
Après un long travail estival et difficile, les arrêtés sanitaires du 11-8 1980 et 1981 vont encore être revisités. La liste des MRC (maladies réputées contagieuses) et les MDO (maladies à déclaration obligatoire) est en réflexion. La varroase sera-t-elle maintenue en MRC ?
Périodiquement, l'institut technique apicole refait surface et nous interpelle. Et, si dans un premier temps, l'institut sanitaire apicole avait plus de corps ? Ne serait-ce pas un moyen adapté pour obtenir une aide européenne conséquente dans les traitements anti-varroas ?, pour mieux gérer le risque de la venue d'Aethina ?, pour museler davantage le développement de la loque américaine ?, pour optimiser un plan de formation adaptée et pérenne ? Une abeille en bonne santé ne rapprocherait-elle pas davantage les points de vue apicoles ?
La valse des arguties pour le maintien des phytosanitaires suspectés par les apiculteurs se poursuit. Le risque paraît réel. Le doute ne profite pas au principe de précaution. Pourquoi l'avoir alors créé ? Chaque nouvelle information nous déstabilise un peu plus ? On est si rapide pour homologuer, pourquoi est-on si lent pour dés-homologuer ?
Travaillons tous ensemble pour la bonne santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro 199
Transparence, quand tu nous tiens…
Bonne Année, bonne santé à tous en 2004…
Avant que le Comité Scientifique et Technique ne rende ses conclusions sur les déperditions d’abeilles du fait du Gaucho, un autre produit, le Régent TS dont la matière active, le fipronil, nous est devenue familière, nous apportait son lot de surprises.
Pourtant, c’étaient deux matières actives dont on attendait beaucoup, aux dires de la publicité ; nouvelles par leur pouvoir, – quelques grammes suffisaient pour traiter un hectare –, nouvelles pour leur aptitude à reconnaître les bons et mauvais insectes, nouvelles pour leur innocuité sur l’environnement et la santé humaine…
Bref, deux matières actives modernes qui, avec leur frappe chirurgicale, allaient assurer une lutte propre contre les ravageurs !
Le Fipronil allait aussi nous étonner : surprise quant à sa mise sur le marché, surprise quant au manque de suivi à différentes étapes de sa fabrication, de son utilisation sur le terrain, surprise quant à son devenir dans le sol, surprise quant à la nocivité de ses métabolites, surprise quant à sa possible toxicité sur les mammifères et sur l’homme…
Mais, chut !, on tourne… Silence, car il ne faudrait pas que l’agriculture connaisse une autre crise, un silence si lourd qui empêche l’application du principe de précaution.
Confier à un seul ministère l’obtention des homologations et l’application du principe de précaution est manifestement dépassé. Le silence des Ministères de l’écologie et du Développement Durable et de la Santé est inquiétant, trop lourd même… Vite, on vient à espérer que l’Autorité Européenne prenne ses responsabilités.
Recevez mes meilleurs vœux pour 2004 et bon courage dans la poursuite de la recherche des responsabilités.
Travaillons tous ensemble pour la bonne santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro 198
Peut-être un espoir avant Noël ?
Ce 18 septembre 2003, le Comité de pilotage vient de rendre publiques les conclusions de la Commission Scientifique et Technique, reconnaissant un risque significatif pour l'enrobage semences Gaucho-Tournesol, et un risque préoccupant pour l'enrobage semences Gaucho-Maïs. Si les règles ne sont pas changées, significatif et préoccupant devraient inciter le ministre, au nom du principe de précaution, à suspendre l'utilisation du Gaucho sur Maïs. Veillons.La seconde étape de la Commission Scientifique et Technique étudie l'incidence du Fipronil sur nos abeilles. De récentes analyses de laboratoire le responsabilisent grandement. Espérons que l'expérience acquise lors de la première étape nous permette d'apporter une réponse plus rapidement !
Une consigne : en cas de suspicion d'intoxication, portez plainte à la gendarmerie pour destruction de biens d'autrui.
Que ces informations ne vous détournent pas des travaux hivernaux, préparatoires de la réussite de la future saison : préparation des cadres de cires gaufrées, re-lecture des revues de La Santé de l'Abeille et des fiches techniques.
Faites-les lire à vos voisins apiculteurs et invitez-les à s'abonner. La santé de vos abeilles en dépend.
Travaillons tous ensemble, chacun à notre manière, pour la santé de nos abeilles.
Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro 197
Inquiétudes et interrogations
Nos inquiétudes sont les mêmes que les années passées : intoxications et pathologies. La biodiversité a-t-elle un avenir dans notre système économique ? Son avenir est-il d'ordre économique, écologie ou éthique ? Pour notre abeille, quelle place lui réserve-t-on ? Sa présence est-elle perçue comme un signe positif pour notre Environnement, pour la qualité de vie de l'homme ? Quels sont les moyens mis en ¦uvre pour lui permettre d'exister dans cette économie en constant mouvement ?
Intoxications. Les nouvelles dispositions pour réduire les risques d'intoxication des abeilles lors des demandes d'homologation de nouvelles molécules sont-elles efficaces? N'ont-elles pas un temps de retard sur les nouveautés chimiques ? Lisez notre article.
Devant les informations alarmantes des apiculteurs sur la nocivité des molécules systémiques, les conclusions scientifiques qui s'amoncellent sur cette permissivité, combien de temps faudra-t-il attendre encore pour qu'une sage décision de suspension soit prise ?
Pathologies. Les apiculteurs ont-ils conscience des sérieuses conditions de prophylaxie qu'il faut appliquer pour limiter les cas de loque américaine ? Les avantages économiques attendus lors des échanges internationaux sont-ils encore bénéfiques face aux risques sanitaires encourus ?
Ne serait-il pas plus sage de satisfaire nos besoins sur notre territoire ? Lisez notre article.
Dans cette situation difficile, les apiculteurs doivent rester éveillés, et ne pas hésiter à déclarer leurs pertes aux autorités du pays et à leur groupement sanitaire.
Déclarer, c'est vouloir exister.
Bon courage.
Travaillons tous ensemble pour la santé de notre abeille.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro 196
Réflexions estivales
L'espoir d'une bonne récolte, d'un cheptel sain, indemne de maladies ou d'intoxication sera-t-il au rendez-vous cette année ? C'est le souhait de tout apiculteur. Notons cependant que les deux sont liés, même si le troisième élément, le temps , est un facteur important tantôt aggravant, tantôt favorisant.
Prenons connaissance de notre page praticapi qu'Yves Layec nous concocte maintenant avec c¦ur et compétence. Mes remerciements vont à notre ancien président et ami, René Vié, qui a rédigé pendant de nombreuses années avec amour, régularité et technicité ces conseils. Bon vent à vous deux, l'un dans ses nouvelles activités de retraité et l'autre pour sa nouvelle rubrique praticapi !
Que ces pages nous fassent réfléchir sur nos pratiques : tel est notre souhait. Sachons ainsi évaluer leurs risques comme ceux liés aux importations d'abeilles que Jean-Marie Barbançon nous a esquissés, et donnons-nous les moyens de résoudre nos problèmes dans le cadre d'un institut apicole, d'une meilleure formation individuelle, de mesures favorisant les élevages de souches locales ou européennes sous contrôles sanitaires harmonisés.
Et, enfin, si vous avez des difficultés, communiquez-les à votre groupement sanitaire et à votre Direction des Services Vétérinaires pour qu'une aide ou
une réponse vous soient données.
Bon courage pour votre récolte et pensez aussi hivernage.
Travaillons tous ensemble, chacun à notre manière.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 195
Espoirs et appréhensions
Le 37e Congrès FNOSAD de Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence, sera marqué dans les mémoires des apiculteurs d'une pierre bleue, - couleur lavande, bien sûr -, tant la qualité des prestations (y compris climatiques) et de l'accueil était remarquable. Toujours Digne. Merci aux organisateurs, aux autorités de la ville, du département qui ont su nous montrer leur attachement aux vraies valeurs de la Vie, qualité Environnementale, protection de l'Abeille.
Revoir Digne-les-Bains, revoir les Alpes-de-Haute-Provence pour un séjour plus long, face hiver ou face été, n'hésitez pas à reprendre contact avec l'Office de Tourisme de Digne-les-Bains.
A l'image de la technicienne de l'Accueil des Gorges du Verdon, si bien contées par le poète local, Mars nous a fait quelques cabrioles thermiques agréables, mais Avril nous a vite rappelés à la raison. Voici donc une année nouvelle ! Les bilans des pertes hivernales sont effectués, le renouveau crée chez l'apiculteur deux sentiments contradictoires, espoir d'une bonne récolte, espoir de repeupler toutes les caisses vides et appréhension des beaux jours, due aux risques d'intoxications que nous serinent, ici et là, les médias. C'est la cuisine moderne qui nous fait découvrir à la fois le sucré et le salé. Telle Pénélope qui défaisait sa tapisserie la nuit pour échapper à ses prétendants, en quelques heures, toute l'activité reconstructive des apiculteurs-artisans est détruite. L'espoir d'un gain juste pour une vie familiale paisible est brisé, car les indemnités réparatrices sont rares, longues et difficiles à obtenir. Aussi, j'invite l'apiculteur à chaque fois à déclarer ses pertes à la DSV et à son GDSA. Ceci est important, car c'est ainsi que l'on fera bouger les choses.
Bon courage et bon Miel.
Travaillons tous ensemble, chacun à notre manière.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 194
Le Précis de Pathologie a été publié en 1992 avec comme éditeur la FNOSAD.
Tiré à quelque 3 500 exemplaires, il fut rapidement épuisé, victime contre toute attente de son succès, ce qui peut surprendre pour un sujet indispensable mais tout de même rébarbatif.
Depuis, nombreux sont les apiculteurs, les Présidents de Groupement de Défense Sanitaire, les débutants en apiculture français et étrangers qui réclament le Précis de Pathologie, le considérant comme un des éléments nécessaire à une conduite optimale de leurs colonies.
Une nouvelle édition doit obligatoirement être revue et corrigée, enrichie des connaissances scientifiques actuelles. Cela est fait pour la varroase et en cours pour les intoxications, les loques et les viroses.
Les techniques d'édition ont fortement évolué. La cellule de Presse Assistée par Ordinateur (PAO) en charge de l'édition de La Santé de l'Abeille bénéficie d'excellentes compétences techniques, assorties d'un matériel des plus performants. Autant d'éléments pour une présentation tout en couleurs avec de nombreuses photos.
![]() |
Renouant avec la tradition des numéros spéciaux (le dernier datant de Mai-Juin 1995, n° 147, Les Intoxications), La Santé de l'Abeille publie dans le n° 194 le chapitre du Précis de pathologie consacré à la varroase. D'autres chapitres seront publiés ultérieurement. Un grand merci à Yves Le Conte (INRA), Clément Aurières (AFSSA) et Georges Larroque (DSV du Tarn-et-Garonne) qui ont apporté leur contribution positive à l'élaboration de ce document. |
Jean-Paul Faucon, Directeur de La Santé de l'Abeille
Editorial
du numéro 193
2003 à Digne-les-Bains
2003 sera-t-elle l'année des pratiques repensées ? Sur les routes, sur la mer, dans nos cités, nous sommes en marche vers plus de responsabilité, vers une présence citoyenne chronique plus grande, de tous les jours.
Pour vous aider dans cette démarche, la participation à notre Congrès de Digne-les-Bains est une belle occasion pour maintenir votre cheptel apicole ? Elle vous aidera, j'en suis persuadé, à faire le point sur les pratiques apicoles en France et en Europe, sur les risques environnementaux et industriels. Cette invitation s'adresse à tous les apiculteurs, néophytes et expérimentés. Dites-le autour de vous. Pour rejoindre Digne-les-Bains, par le train, des réductions pourront vous être fournies. Demandez-les à nos bureaux à Riez (Tél. : 04 92 77 70 34). Une plaquette peut être réclamée à l'Office de Tourisme de Digne-les-Bains.
Votre présence sera aussi le signe de votre préoccupation pour un environnement repensé, pour de nouvelles conditions d'homologation, avec prise en compte de l'Abeille, des produits chimiques et phytosanitaires dont l'étude devrait être élargie à plusieurs ministères.
La seule crainte que nous ayons est d'accueillir cette année sur notre territoire M. Aethina Tumida, car cela mettrait en difficulté, outre les dégâts immenses que nous connaissons, de nombreuses exploitations.
Votre présence à Digne-les-Bains sera aussi l'occasion de le dire.
A bientôt donc.
Travaillons tous ensemble, chacun à notre manière.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 192
Noël et les étrennes apicoles
Bien au chaud, dans leurs ruches bien garnies, les abeilles patiemment attendent le réveil de la nature, jadis accueillante. à l'image de leurs protégées, les apiculteurs préparent le matériel en attendant aussi le réchauffement d'une nature rendue périlleuse aujourd'hui en devisant sur l'espoir que leurs abeilles puissent butiner sans trop de pertes.
Ah ! Si Noël pouvait inspirer Monsieur le Ministre de l'Agriculture… Cela l'aiderait à régler aujourd'hui la problématique des produits systémiques et demain les conditions d'homologation des produits phytosanitaires avec leur actualisation. C'est une très lourde tâche pour un seul ministère. Pourquoi ne serait-il pas aidé par Madame la Ministre de l'Environnement ? De toute façon, c'est toujours l'environnement qui collecte les conséquences de ces molécules.
En tout cas, selon nos longues habitudes, nous avons invité à notre prochain congrès Monsieur le Ministre de l'Agriculture et Madame la Ministre de l'Environnement. Nous aideront-ils à retrouver un demain naturel ?
Le cadre des Alpes-de-Haute-Provence, si riche en histoires d'hommes et d'abeilles (nous y avons nos bureaux, pour les apiculteurs du nord de Valence) devrait y contribuer. J'en suis persuadé. Le site saura se montrer Digne de nos attentes. Espoir…
Travaillons tous ensemble, chacun à notre manière.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 191
Notre Cap Horn
Effectuer le tour du monde à la voile n'est pas donné à tout le monde. De solides préparations, tant humaines que matérielles, sont exigées, car les conditions climatiques déchaînées et le passage du Cap Horn notamment auront beau jeu de briser la témérité du marin et de provoquer le naufrage du navire.
Le Cap Horn de nos ruches, c'est l'hivernage, à la fois fin d'un parcours et préparation du prochain cycle. Les résultats de cette année, nous les connaissons. à nous de détecter nos points forts et nos revers. Cela servira pour tenter d'améliorer les résultats de notre prochaine récolte, largement hypothéquée par ces mêmes conditions d'hivernage. Les confronter à ceux de nos collègues est un bon moyen pour détecter nos propres lacunes. Il est étonnant de constater que les pertes hivernales vont de 0 à 40 % dans un même secteur. Le changement de reines, une bonne maîtrise de la varroase, de bonnes réserves en miel et en pollen, un site protégé des vents concourent à de bonnes conditions de redémarrage. Néanmoins, en cas de mortalités, de comportements inexpliqués, déclarez-les à votre groupement sanitaire, à votre Direction des Services Vétérinaires : l'ensemble des pertes dans une même région peut aider à la prise de décisions par les responsables de la Protection des Végétaux, par les écotoxicologues. La lecture et la relecture de La Santé de l'Abeille, la programmation d'un stage (Beautheil) sont des éléments positifs pour la prochaine année apicole.
Travaillons tous ensemble, chacun à notre manière, pour le bien de tous.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 190
Notre défi
Notre environnement subit depuis les années 70 de nombreux outrages à cause des développements industriels et agricoles tous azimuts et de certaines pratiques en dépit du bon sens.
Les conséquences n'ont pas tardé à se faire sentir au niveau de la qualité de l'air, de l'eau, de la mer... Les vallées industrielles sont devenues des vallées aux multiples allergies...
Pour freiner les pratiques néfastes, l'autorité a lancé l'idée de méthodes raisonnées en tous domaines. Cela a-t-il changé le comportement des auteurs des catastrophes écologiques récentes ? Que nenni ! Qu'attend-on pour responsabiliser davantage, préventivement, les auteurs, qui, en plus, nuisent à la grande majorité de leur corporation professionnelle ?
C'est là, dans l'alimentation notamment, un des rôles bénéfiques de l'AFSSA, souvent décriée par ces mêmes personnes. Certes, la compétitivité agricole, industrielle est importante dans et hors de la Communauté Européenne, mais cela ne justifie pas les nuisances portées à l'équilibre environnemental, souvent ébranlé par la longue liste du bal des LMR, étalées régulièrement en tous lieux...
Aussi, n'attendons pas cet effort des autres, commençons nous-mêmes par rationaliser, responsabiliser nos pratiques. C'est le geste que je vous souhaite de faire pour un demain naturel.
Travaillons tous ensemble, chacun à sa manière, pour le bien de tous.
Votre Président,Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial du numéro 189
Aller à l’essentiel...
Le Comité Scientifique et Technique, en mars 2002, soucieux de prendre connaissance des troubles des abeilles au début de cette saison et de rechercher leurs causalités, a demandé à la FNOSAD (devant l’absence de moyens pratiques, rapides de déclarations des apiculteurs sur tout le territoire) de mettre sur pied un réseau d’alerte des troubles des abeilles afin que
chaque producteur puisse agir.
Une fiche RéSATA vous a été remise avec le précédent numéro (et encore dans ce numéro) et peut être obtenue sur notre site Internet ou auprès de votre DSV. Pensez à la dupliquer. Elle doit être expédiée à chaque trouble à notre siège qui la répercutera au Comité Scientifique et Technique. Signalez également à votre DSV et à la Protection des Végétaux l’incident, si vous estimez qu’il est d’origine toxique pour un constat fait par un spécialiste sanitaire.
À cela s’ajoute dans cinq départements un réseau prospectif d’épidémio-surveillance, plus complet, où souvent de nombreux affaiblissements ont déjà été constatés.
Réserver l’étude et les seuls moyens de déclaration à ces seuls départements eut été inconvenant au regard de l’importance du cheptel apiaire français.
Ne pas informer, c’est accepter que ces troubles perdurent encore... et encore. Déclarer est un acte positif.
L’ensemble des déclarations aura le mérite de préciser, de révéler l’ampleur du problème, les mésusages de certaines pratiques culturales, la nocivité de certaines molécules, les causes favorisantes de certaines pathologies. En mettant sur pied ce réseau (RéSATA), la FNOSAD est pleinement dans sa mission en apportant une aide pratique à tous les apiculteurs
de tous les syndicats sans distinction.
L’essentiel est de dépasser les problèmes d’ego et donc d’informer sur les troubles pour retrouver une qualité environnementale et la santé de nos abeilles.
Travaillons tous ensemble, chacun à sa manière, pour le bien de tous.
Votre Président,Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 188
Mars, l'espoir
L'abeille aura-t-elle sa place dans cette année qui débute ?
C'est le souci premier de notre fédération en participant aux travaux du Comité Scientifique et Technique sous la tutelle de la DGAl.
Un groupement de défense sanitaire n'est pas un syndicat qui, lui à sa manière, cherche à défendre les problèmes des apiculteurs au quotidien.
Il n'existe que parce qu'il reçoit un agrément de la Préfecture et qu'il est sous l'autorité du Directeur des Services Vétérinaires, appliquant la politique sanitaire définie. C'est en quelque sorte une courroie de transmission des autorités sanitaires du pays dans le choix des traitements pour la pathologie, dans la gestion de la prophylaxie, et ceci à long terme.
La FNOSD fait aussi remonter grâce aux relations privilégiées qu'elle entretient avec la DGAl, les difficultés des apiculteurs, les inquiétudes sanitaires (pathologie et intoxication) afin d'adapter et de moduler les exigences de la réglementation.
La FNOSAD, et les GDSA, en tant que personnes morales, ne peuvent pas rompre le contact avec leur autorité de tutelle, ce qui explique la participation de la FNOSAD au Comité Scientifique et Technique. Ceci n'exclut pas que les responsables sanitaires, en tant que personnes physiques, puissent participer à des manifestations publiques de défense de l'apiculture comme par le passé.Travaillons avec tous pour le bien de tous.
Votre Président,
Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 187
Nouvelle année, nouveaux espoirs
La FNOSAD et La Santé de l’Abeille sont heureuses de vous souhaiter, ainsi qu’à votre famille, une bonne et heureuse année apicole. Sera-t-elle en phase avec nos attentes ? L’équilibre dans la qualité environnementale sera-t-il trouvé face aux exigences toujours croissantes de la rentabilité économique ? La mise en place du sanitaire européen sera-t-elle un frein ou un accélérateur de cette évolution ?
Notre fédération, consciente de son rôle, de sa raison d’être - le maintien ou l’amélioration de la qualité sanitaire de nos abeilles - oeuvrera en ce sens pour que la filière apicole soit plus aidée, car il n’est pas tolérable que les coûts des traitements atteignent (voire dépassent) les 15 % du chiffre d’affaires alors que, dans les autres branches, ils se situent autour de 6 %.
Savoir que d’ici quelques mois des centaines de molécules de synthèse dont les noms nous évoquent bien souvent des pertes seront retirées du marché économique, nous laisse espérer de beaux jours pour l’environnement, l’abeille, l’eau, à condition que celles-ci ne soient pas remplacées par de nouvelles molécules plus insidieuses.
Aussi, c’est avec plaisir que nous vous invitons à notre congrès d’Épinal, organisé par nos amis des Vosges sur le thème L’abeille a-t-elle une place dans ce siècle qui débute ?
Y être présents, c’est une façon de montrer notre attachement à la qualité de vie, à la vie... Je compte sur vous et vos relations.
Travaillons avec tous pour le bien de tous.
Votre Président,Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 186
Automne
Vent frais, vent du matin… Ah ! Si le vent d’automne pouvait faire tomber les varroas, cela résoudrait beaucoup de problèmes, mais pas tous !…
Dernièrement Jean Lou Etienne sur les ondes commentait la sortie prochaine de son livre La complainte de l’Ours. Savez-vous que les analyses scientifiques ont révélé la présence de pesticides chez l’ours blanc du pôle Nord ? Ces traces mettent, à terme, en péril l’existence et la fécondité du prédateur final. Enquête multifactorielle pour l’ours, pourquoi pas ? Se souvenir de ces découvreurs qui sont morts pour atteindre le pôle Nord et constater la rapidité avec laquelle nos déchets voyagent, il y a urgence…
Urgence pour nos abeilles…
En cinq à six ans, les apiculteurs français ont perdu pratiquement la moitié du cheptel, de nombreuses familles ont dû fermer l’entreprise. Et cela va continuer…
Les principes de précaution d’urgence n’ont pas été appliqués d’une façon générale. Ceci nous inquiète en tant qu’apiculteurs pour nos
avettes et en tant que citoyen pour la qualité de l’eau.
Le 28 septembre 2001, le Comité de Pilotage de l’Enquête Multi-factorielle, sur convocation de la Direction Générale de l’Alimentation, se réunissait à Paris sans que la FNOSAD n’ait été invitée. Nous avons réclamé notre participation et souhaitons nous rendre à la prochaine réunion pour prendre connaissance des différents protocoles et examiner cela en Conseil d’Administration pour une décision finale.
La santé de notre abeille est notre raison d’être.
Tant la France abeillera sereinement, Tant sa population vivra sainement.
Travailler avec tous pour le bien de tous.
Votre Président,Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 185
De l'action dans nos réflexions
Septembre, c'est le mois des bilans, des décisions. Toute la production est stockée et son estimation, tel un baromètre, nous teindra en tons chauds ou froids nos soirées tardives entre apiculteurs.
Les bilans dont les causes sont extérieures à nous.
Le temps n'a pas encore son maître. Ouf ! Comment nos abeilles ont profité des grands espaces emblavés et fleuris ou les ont subis ? Dans quel état et en quel nombre sont-elles rentrées (ou non) à leurs ruches ? Dopées, déboussolées, somnolentes, agressives, nombreuses mortes.
Avons-nous transhumé pour fuir telle culture fleurie ? Comportement de vos abeilles déplacées et de celles qui sont restées sur place. Ceux qui conjuguent à tous vents moult pulvérisations ne connaissent pas toujours les LMR sur les cultures ou plantes adventices et leurs conséquences lors de leur assimilation.
Aussi, AGIR, c'est faire connaître à vos responsables sanitaires départementaux et nationaux vos observations de terrain avec le maximum de précision, c'est faire des prélèvements. C'est permettre aux scientifiques d'être efficaces, c'est aider nos autorités et nos gouvernants à rester éveillés et à prendre conscience que le miel est plus qu'un noble produit, mais aussi une MESURE-ETALON de notre environnement. En cela, il n'y a pas de différence entre la ruche du professionnel et de celle de l'apiculteur du temps libre.
Les bilans dont les causes sont de notre fait.
Avons-nous effectué les bons traitements antivarroas suffisamment tôt pour que nos abeilles aient le dessus sur leurs parasites - (50 varroas par ruche au maximum) ? Avons-nous assez nourri ou stimulé pour qu'elles puissent se constituer une bonne réserve de corps gras pour supporter la longévité de l'hiver et être en nombre vital pour le démarrage du printemps ?
En outre, l'isolation de nos toits de ruches, la partition verticale isolante, une assise élevée (35-40 cm) concourent à un bon état sanitaire.
Les visites régulières et totales des ruches, le renouvellement des reines, la préparation des essaims, des nucléi augurent favorablement notre future réussite.
Un élevage intensif bien suivi est préférable à une exploitation extensive, au niveau sanitaire et production. Notre formation, par objectif, doit aussi être remisée : connaissances apiaires ou professionnelles, sanitaires et techniques, organisation méthodique de notre activité (fatigue du dos, qualité du combustible et de nos poumons) (sur le terrain, au laboratoire, dans le fourgon ou le camion). J'informe aussi mes responsables sanitaires de l'état de mon cheptel (maladies légalement contagieuses ou non). Leur fréquence peut être un indice.
Notre efficacité suppose des efforts réfléchis : la lecture de La Santé de l'Abeille est un bon moyen de progresser. Dites-le.
Savez-vous que de plus en plus les autorités territoriales (conseils généraux et régionaux) souhaitent que leurs subventions servent davantage à la formation et à l'information des apiculteurs plutôt qu'à abaisser le coût des médicaments, comme pour les autres GDS ?
C'est aujourd'hui que je prépare demain chez moi. Ma façon de faire a une action sur celle des autres. Elle est utile à tous. C'est ainsi que nous progresserons. Travaillons avec tous pour le bien de tous et le nôtre.
P. S. : Merci pour vos encouragements, je ne peux répondre à tous. J'espère que Biové aura repris ses livraisons d'une façon conséquente, en septembre.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 184
Bâtir ensemble
Un printemps décevant avec ses charges habituelles, - mortalités importantes, rachitisme des essaims, dû aux maladies, favorisées par les longues périodes de claustration en atmosphère humide sous la pression de varroas, et parfois au manque de nourriture..., a contribué à maintenir cette morosité chez les apiculteurs.
Le réveil brutal de la chaleur en mai a permis à nos abeilles de retrouver leur bruissement laborieux et les apports nectarifères et polliniques salutaires, ce qui a engendré l'espoir chez leur apiculteur, espoir d'une récolte salvatrice, espoir de remplir les ruches vides.
Ces difficultés montrent bien qu'il est nécessaire de veiller à la qualité sanitaire de nos abeilles. o Nécessité pour l'apiculteur de se former et de s'informer auprès d'une organisation sanitaire forte. La FNOSAD, regroupant près de 90 GDSA, assure le lien entre l'Autorité Qualité Alimentaire et la profession. Un pays moderne, qui revêtira prochainement l'ensemble réglementaire et législatif d'une entité plus large, l'Europe, et qui n'ignore pas les difficultés de la profession à appliquer les mesures sanitaires, saura le moment venu créer les mesures incitatoires. La Maison des Abeilles de Beautheil organise en octobre un stage sanitaire avec la participation du Docteur Vétérinaire J.-M. Barbançon pour tous les apiculteurs. C'est un moyen positif de se valoriser. Un autre stage (fabrication de l'hydromel, sous la direction de M. Faucon, hydromellier à Corbeny) a lieu également en octobre.
Les régions où les traitements avec AMM sont inopérants, qu'elles prennent contact avec nous, pour que nous puissions leur conseiller une technique.
Nécessité de travailler ensemble pour faire apprécier à notre tutelle les intérêts de notre filière apicole par rapport aux autres plus conséquents économiquement, notamment pour son action mesure-étalon de notre qualité environnementale. À l'époque de la délocalisation industrielle, le miel importé ne nous informera pas sur l'état chancelant des composantes importantes de notre espace vie. Mais nos abeilles et leurs produits le diront et une autorité avisée saura ajuster son action. Notre qualité de vie dépend de leur maintien dans toute la France.
Nécessité encore de travailler ensemble avec tous pour une meilleure efficacité de l'Autorité Alimentaire Européenne, mise en place au début de 2002. Une communication judicieuse devrait valoriser commercialement les différentes gammes de nos produits à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe et favoriser le développement harmonieux de la profession pour la satisfaction d'une population apaisée.Tant la France abeillera sereinement,
Tant son peuple vivra sainement.Travailler avec tous, - tous les apiculteurs et les syndicats nationaux, - pour le bien de tous et le nôtre. C'est notre objectif.
Bonne récolte apicole et bon courage.Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 183
L'espoir, tous ensemble
J'adresse à toutes et à tous mes meilleures salutations et mes amitiés.
Et je remercie particulièrement Jacques Perrier et son épouse qui l'a assisté pour tout le travail et le renouveau qu'il a su apporter à notre fédération et pour l'aide à venir. Merci à toi Jacques et merci à ton épouse.
Informés, nous le sommes...
Notre agriculture, aujourd'hui martyrisée, connaît des jours sombres : inquiétudes du lendemain, inquiétude des producteurs, inquiétude des consommateurs.
L'apiculture n'est pas épargnée. Notre abeille est malade de son environnement et dans son environnement. Les témoignages des apiculteurs, hommes de terrain, décrivant les circonstances, les modalités et la densité énorme de la perte de leurs abeilles ne sont à mettre en doute. Leur angoisse, leur colère sont humainement compréhensibles, mais en la circonstance, il faut savoir raison garder, respecter l'honnêteté morale des scientifiques, même si les résultats de leur travail fiévreusement attendus ne sont pas aussi sûrement au rendez-vous que le sont nos mortalités. La première molécule contre varroa n'a-t-elle pas été découverte par hasard, suite à un traitement sur les amandiers ?
Qu'on le veuille ou non, la pérennité de l'abeille et la qualité de ses produits sont à l'environnement ce que la vie de la truite est à la qualité de l'eau. On peut regretter le paradis terrestre biblique et en rester là...
Reconnaissons nos faiblesses : pas d'instituts techniques apicoles, pas de laboratoires indépendants ou de référence...
Oui, pour s'unir dans la rue, avec les pros et les apis du dimanche et pour défendre la vie de l'abeille. Mais, deux fois oui pour s'unir au pied des ruches pour bâtir l'apiculture de demain, celle qui rajeunira nos exploitations, développera la consommation du miel en France, et cette confiance horizontale entre apiculteurs et verticale entre l'autorité et les consommateurs. Oublions nos positions médiévales !
Il y a un temps pour se jeter des pierres, il y a aussi un temps pour les ramasser !
Ce temps est venu.
Il suffirait de quelques femmes et hommes de bonne volonté à travers nos nombreuses associations nationales pour faire le liant entre toutes ces pierres et bâtir à nouveau l'Espoir.
Osons ouvrir la porte de demain sur l'Europe !
Osons travailler avec tous pour le bien de tous !
Osons et agissons.
P. S. : Dans le renflouement de nos pertes, soyons prudents dans le choix de nos importations. Nous avons assez de soucis avec notre varroa, nos problèmes sanitaires et virus. N'augmentons pas les risques en introduisant d'autres parasites et virus dont les conséquences sont pour l'instant incommensurables !Michel Le Béchec
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 182
Avenir ? !
Cette fois-ci, nous sommes bien dans le nouveau siècle. Que peut-on souhaiter pour notre apiculture ? Que du bien. Mais regardons les problèmes de plus près.
Le varroa
Toujours présent, il a même pris de la graine comme on dit dans le Midi et nous ne pouvons plus avoir une confiance absolue dans les médicaments avec AMM. Pour l'un, une accoutumance importante et pour l'autre, une diminution d'efficacité.
Les autres médicaments que nous utilisons engendrent beaucoup plus de travail et une plus grande surveillance des ruchers. Et l'Apiguard n'a pas encore son autorisation de vente.
Il nous reste donc à souhaiter que notre abeille se prenne en charge et se défende contre cet intrus.Les pesticides
Ils sont toujours à l'ordre du jour bien que le principe de précaution ait été adopté pour certains.
En 2002, un nouveau Ministre de l'Agriculture n'aura pas forcément la même politique d'autant plus que nous sommes seuls dans ce combat.
Pour les écologistes, les pesticides ne sont pas assez médiatiques, le nucléaire a plus d'impact auprès du Grand Public.
Pour certains chasseurs, la mortalité du gibier importe peu puisque, de toute façon, le gibier manquant sera complété par les éleveurs.
Et pour terminer, les agriculteurs et surtout leurs syndicats ne donnent aucun conseil pour arrêter ou diminuer le semis de graines enrobées et l'épandage de pesticides.
Alors avec qui pouvons-nous nous associer pour faire le poids ? Nous ne sommes que 80 000 apiculteurs en France : c'est bien peu pour se faire entendre.
C'est pour cela que, dans nos réflexions et nos critiques, il ne faut pas se tromper de cible. Il faut accepter que les scientifiques n'aient pas un jugement péremptoire. Il faut avoir confiance en leur honnêteté et penser que leur but est de nous aider tout en cherchant à cerner la vérité le plus près possible.
J'aurai beaucoup de plaisir à vous rencontrer en mars au congrès du Blanc en souhaitant que celui-ci apporte des réponses aux questions que vous vous posez.Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 181
Nouveau siècle... Nouveau millénaire
A l'occasion de cette nouvelle année, je vous souhaite ainsi qu'à vos proches, santé et prospérité.
2001 est le début d'un nouveau siècle et d'un nouveau millénaire. Le fils sera-t-il mieux que le père ?
Peut-être s'il se fâche et obtient gain de cause contre ces faiseurs d'affaires et ces empoisonneurs qui sont bien souvent les mêmes et s'il continue à manifester sa révolte. Je pense aux manifestations de la majorité des apiculteurs, décidées l'an dernier par l'ensemble des organisations apicoles.
Si le modernisme fut important, le siècle dernier fut aussi très destructeur. Sur le plan humain, des guerres pour le pouvoir et l'argent où l'idéologie n'était qu'un prétexte ont ensanglanté l'ensemble de la planète.
Quant à l'agriculture, des apprentis sorciers, sous prétexte de nourrir le monde, ont mis en circulation des produits chimiques qui ont commencé à détruire la chaîne alimentaire il y a déjà des dizaines d'années avec le DDT. L'accoutumance est apparue, les laboratoires ont alors cherché des produits de plus en plus efficaces mais qui se sont révélés aussi de plus en plus néfastes et qui ont contribué à rendre l'homme plus vulnérable. Aujourd'hui, si une graine n'a pas sa dose d'engrais chimiques et de pesticides, son rendement sera moindre et, jusqu'à maintenant, on privilégie le rapport à la qualité.
Et pourtant, une partie du monde souffre encore de la famine. Mais pourquoi ces laboratoires ne pensent-ils qu'à faire de la science noire comme la mort, rouge comme le sang, au lieu de la faire de la couleur de l'espoir et de la sagesse ?
Et l'abeille dans tout ça ! On a retrouvé des fossiles d'abeilles qui vivaient au temps des dinosaures, elle a traversé des millions d'années malgré tous les bouleversements que l'on connaît et si l'on n'y prend pas garde, le troisième millénaire de notre ère verra peut-être son extinction.
Ne serait-il pas temps de réagir et de revenir, pour ce nouveau siècle, à des méthodes plus naturelles qui éviteraient de plonger les consommateurs dans la psychose et les agriculteurs dans l'angoisse de ne plus être rétribués pour leur travail. Pour l'instant, notre miel semble épargné, mais avons-nous des outils assez performants pour trouver aussi bien dans notre assiette que dans le miel des résidus de produits distribués largement en agriculture ?
De plus en plus d'associations citoyennes prennent la parole pour contraindre les politiques du monde entier à choisir une autre voie. Alors souhaitons un xxie siècle moins inquiétant et plus humaniste.
Je suis malgré cela très heureux de vous renouveler mes voeux et de vous souhaiter une excellente année apicole.Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 180
La saison apicole est terminée
Vient maintenant le temps de l'entretien et des travaux techniques pour préparer la saison apicole 2001.
Profitez de ce calme sur le plan apicole pour assister aux nombreuses réunions qui vous sont offertes en cette période : assemblées générales, congrès, etc. Votre présence encouragera les nombreux bénévoles qui donnent de leur temps, souvent sans compter, pour rassembler l'Apiculture et vous apporter de nombreux renseignements sans oublier les conférences sur le sanitaire que vous proposent de nombreux GDS.
Et ne dites pas que vous savez tout sur les maladies virales et autres, par exemple sur l'attitude à avoir face à une quantité d'abeilles mortes devant une ruche, ce qui pourrait signifier qu'il y a présomption d'empoisonnement.
Peut-être aussi prendre connaissance des moyens de soigner biotechniquement le varroa, d'employer des médicaments autorisés afin qu'il n'y ait aucun résidu dans les produits de la ruche.
Se poser la question Pourquoi retrouve-t-on des antibiotiques dans certains miels ?
L'utilisation abusive d'antibiotiques ne rendra-t-elle pas plus difficile la lutte contre la loque ? N'y aura-t-il pas aussi accoutumance pour l'homme ? Pour que notre critique sur l'utilisation de produits dangereux en agriculture et autres soit plus crédible, soyons nous-mêmes sans reproche.
Prenons aussi le temps de lire La Santé de l'Abeille par exemple et des livres qui nous parlent de conduite de rucher. Sous la plume de ces techniciens, on peut lire qu'une reine jeune et prolifique est le garant d'une ruche qui rapporte et se défend le mieux contre les maladies.
Ceci a été l'idée directrice de la Direction des Services Vétérinaires des Bouches-du-Rhône qui, avec le GDS-13, ont voulu faire subventionner l'achat de reines et de cadres de cire pour une bonne prophylaxie. Ce projet a été accepté et aidé par le Conseil Général et ce choix me paraît très judicieux.
Pourquoi ne pas souhaiter que d'autres DSV et GDS aillent dans ce sens ?Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 179
L'année apicole se termine. La dernière du millénaire. J'espère que pour chacun elle fut bonne. Les informations reçues me font dire que dans l'ensemble elle le fut avec des différences, comme toutes les années, dans certains départements.
Le miel est la récompense d'un travail qui commence à la fin de l'été par la visite d'automne où le sérieux est de rigueur. Tout d'abord, regrouper les ruches faibles, ce qui diminuera les pertes hivernales et donnera moins de ruches à soigner contre varroa. Ensuite veiller à ce que chaque ruche ait suffisamment de provisions. Ainsi au printemps, le redémarrage des colonies sera satisfaisant. Nous devons préparer nos ruches pour en faire des gagneuses et bien commencer le XXIe siècle. Une évidence que nous devons toujours garder à l'esprit : les ruches qui ont donné du miel étaient des ruches populeuses, en bonne santé, avec de jeunes reines fécondes.
Si vous ne le faites pas encore, vous pouvez inscrire sur le carnet d'élevage, qui est entré en fonction cette année, tout ce que vous avez constaté en faisant cette visite : quantité de miel récolté, année de la reine, provisions, nombre de cadres de couvain, etc. Ces renseignements, facultatifs, vous seront très utiles. Ce qui est obligatoire, c'est de noter les soins pratiqués sur le rucher, avec les noms des produits vétérinaires utilisés, leur provenance et leur prescripteur. Si vous désirez en savoir plus sur ce carnet d'élevage, sachez que chaque président de GDSA ou d'ASAD a reçu la copie de l'arrêté ministériel en date du 5 juin 2000, Journal Officiel no 146.
Ce carnet est obligatoire pour tout éleveur d'abeilles qui commercialise son miel, que ce soit en petite ou en grande quantité. Mais, pour les autres, ce carnet peut aussi servir de guide pour bien mener ses élevages.
Je me suis rendu au Blanc, chez le Président Roland Degorce. Le congrès 2001, premier du millénaire, aura lieu les 2, 3 et 4 mars 2001 et se déroulera dans un site merveilleux où se côtoient nature exubérante et châteaux. Nous marcherons dans les pas d'Henri IV et, plus près de nous, de George Sand et de Henri de Monfreid. Le Président Roland Degorce et son équipe, comme tous ceux qui les ont précédés, attachent beaucoup d'importance à la réussite de ce congrès. Nous sommes de tout cœur avec eux pour la préparation de cette grande manifestation et nous leur souhaitons bon courage.Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Editorial
du numéro 178
Il a fallu... il faut...
La saison apicole bat son plein.
Pour la majorité d’entre nous c’est l’heure de la récolte, de la récompense du travail de l’année.
Espérons que nos espoirs seront satisfaits et que chacun d’entre nous goûtera aux parfums de ses miels, s’émerveillera du travail de ses abeilles qui depuis toujours essayent de butiner au mieux pour perpétuer leur espèce dans un environnement ô combien évolutif.
Que de difficultés cependant pour arriver à ce résultat, à ce miel doré, dont le qualificatif de naturel a toujours la faveur des consommateurs pourtant sceptiques et méfiants pour bien des raisons :
- il a fallu s’adapter à une météorologie aléatoire,
- il a fallu traiter correctement le varroa et éviter les grandes pathologies,
- il a fallu passer entre les mailles des intoxications aiguës qui nous guettent au tournant d’un grand nombre de floraisons,
- il a fallu surmonter les intoxications chroniques, les pollutions diverses, les virus à l’affût d’une opportunité... et la liste n’est pas limitative,
- il a fallu pratiquer une apiculture performante et pour cela mettre à jour ses connaissances.
Sur un plan plus général, il est heureux que l’Abeille reste insensible aux discussions diverses parfois orageuses de son maître qu’est l’Apiculteur. Dans le cas contraire ne serait-elle pas tentée de jeter le nectar après le pollen, comme nous jetons le manche après la cognée, attristée d’ouïr autant de paroles, de constater tant de mésententes reposant sur des pas grand-chose. Il faut que le but d’une action commune pour l’abeille gomme les dissensions qui collent à l’apiculture comme un rémora à sa coque.
Le milieu sanitaire apicole a été sollicité ces derniers temps par le projet d’arrêté relatif au registre d’élevage, par la note de service de la DGAl sur les médicaments vétérinaires destinés au traitement de la varroase des abeilles, par les projets apicoles communautaires pour l’année 2001 (efficacité des médicaments ayant une AMM, mise au point du diagnostic des maladies virales et synergie avec les produits phytosanitaires...).
Des informations qui ont alimenté ou alimenteront les circulaires aux Présidents et La Santé de l’Abeille. Entre le passé et le futur, entre ce qu’il a fallu faire et ce qu’il faudra encore faire pour que l’apiculture perdure, l’énergie dépensée ou à dépenser est énorme. C’est malheureusement le prix à payer pour que toutes les idées soient entendues. Il faut que vive la diversité, gage de progrès.Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Actualités
Le printemps nous offre une nature agréable, très belle, avec des fleurs partout, arbres fruitiers et sauvages, c'est beau pour nous et bon pour nos abeilles.
Vous avez soigné vos ruches, changé vos reines défectueuses, traité contre varroas les essaims que vous avez ramassés, vous êtes en droit de penser que vous êtes prêts pour une bonne récolte.
J'ai envoyé le projet du carnet d'élevage à votre GDSA : vous pouvez le consulter. Les remarques qui avaient été faites par nos représentants Monique L'Hostis et Jean-Marie Barbançon lors de la réunion à la DGAL ont été prises en compte.
Je pense que ce carnet n'est pas une mauvaise chose. En plus du suivi des soins, il vous aidera pour vos élevages (sélection, suppression des non-valeurs...) Beaucoup d'écrits sur le virus du Cachemire et sur le petit coléoptère.
Faut-il s'en inquiéter ?
Pour le virus du cachemire, la majorité des apiculteurs a appris qu'il existait en lisant le petit livre de Bayer : intox ou réalité ?
Il est présent en Nouvelle-Zélande avec qui nous faisons commerce de paquets d'abeilles depuis bien longtemps. Déjà, certains de mes correspondants m'affirment ne pas avoir eu de problèmes, mais ils insistent bien sûr sur le fait qu'avoir des ruches fortes avec le minimum de varroas est une condition indispensable pour que la maladie ne progresse pas.
Quant au petit coléoptère dont nous ne savons pas encore s'il pourrait s'acclimater chez nous, nous sommes à l'écoute des chercheurs et des écrits sérieux qui peuvent paraître sur ce sujet.
Il est évident que dans votre magazine La Santé de l'Abeille, nous ne chercherons à vous informer qu'avec rigueur et sérieux et non avec des élucubrations tenues par des pseudo-chercheurs.
Néanmoins, votre Fédération reste vigilante. Nous avons débattu sur les projets européens 2001 en ce qui concerne la varroase. Ces projets me paraissent trop techniques et je voudrais, par la suite, qu'ils soient vérifiés par un conseil scientifique indépendant, ce qui éviterait toute discussion polémique entre nos collègues du Comité de Pilotage.
Je l'ai demandé, j'espère avoir été entendu.Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Après le congrès...
Le dernier congrès du siècle et du millénaire est terminé.
En Indre se tiendra le premier congrès du siècle.
Le rendez-vous de Brest fut de grande qualité.
Nous pouvons, une fois de plus, remercier le Président Yves Layec et ses collaborateurs pour l’organisation de ce congrès. Ayons une pensée aussi pour le travail effectué par les femmes d’apiculteurs qui se sont dévouées sans compter pour la réussite de cette manifestation. Sans elles, la fête n’aurait pas été ce qu’elle a été.
Bien sûr, Varroa en fut encore la vedette et c’est logique.
L’efficacité des médicaments avec AMM s’amoindrit et leurs résultats deviennent de plus en plus discutables. Les luttes intégrées reviennent à l’honneur. Préconisées par certains quelque temps après l’apparition de la varroase, elles avaient été abandonnées pour la lutte chimique (lanières) d’un emploi beaucoup plus facile et donnant moins de travail. Le comportement plus responsable des apiculteurs se traduit aussi par la recherche de produits moins toxiques.
Bien sûr, ces moyens de lutte seront d’un emploi beaucoup plus contraignants mais nous aurons la satisfaction d’offrir toujours des produits de qualité irréprochable. Il n’y aura pas de suspicion envers notre miel. D’après les contacts que nous avons avec le Ministère, nous savons qu’il veut nous aider et nous conseiller si nous fonctionnons dans cette direction.
Abordons maintenant le projet de loi sur le carnet d’élevage. La réflexion n’en est qu’à ses débuts. En gros, ce carnet sera obligatoire pour tout possesseur de ruches, qu’il soit professionnel ou non. Chacun aura pour obligation de préciser l’emplacement du rucher, son environnement, les soins apportés en cas de maladies, les médicaments vétérinaires employés avec le nom du prescripteur et les interventions du spécialiste sanitaire.
Ce sera un travail de plus pour certains apiculteurs, mais pas pour tous, car déjà les professionnels et d’autres emploient cette méthode depuis fort longtemps à titre personnel. Cette obligation de carnet d’élevage servira pour la traçabilité des produits de la ruche. Il est évident que, si vous soignez vos ruches dans les règles de l’art, vous n’aurez aucun problème.
L’Apiculture est en train de bouger, ne restons pas sur le bord de la route.
Notre Fédération reste vigilante afin que cette transformation se fasse avec des méthodes simples, facilement réalisables et sans trop de contraintes pour l’apiculteur.
Affaire à suivre...Jacques PERRIER
Président
F.N.O.S.A.D.
Mise au point
Une nouvelle année se présente à nous avec un chiffre que certains qualifient de symbolique. Pour nos abeilles, je pense que cela ne changera pas grand chose. Les ennuis seront Varroas, pesticides et autres. Pour nous apiculteurs, comme toujours, il faudra assurer. En attendant des jours meilleurs pour nos avettes, je vous souhaite pour vous et ceux que vous aimez une année pleine de joie et de santé.
Quelques départements m'ont demandé des explications sur la parution dans La Santé de l'Abeille des articles : Danger des pesticides sur les abeilles.
Il s'agissait de conférences scientifiques faites en langue anglaise dans le cadre d'un colloque réservé aux scientifiques qui s'est tenu à l'INRA de Montfavet du 7 au 9 septembre dernier.
L. Mathieu (emploi jeune de la FNOSAD) et pour l'AFSSA Sophia Antipolis : C. Fléché (Dr Vétérinaire) et A.-C. Martel (Ingénieur de Recherche en Toxicologie) ont participé à cette réunion aux côtés de nombreux chercheurs dont vous trouverez la liste à la page 84 de ce numéro.
Le résumé de ces interventions a été traduit en français par nos soins d'après le document distribué aux participants. Aucune interprétation des résultats n'a été faite. Il s'agit de l'exposé des problèmes des intoxications, du Gaucho en particulier, tels que le monde scientifique dans sa diversité les interprète. Pour Gaucho, les résultats donnés sont ceux de 1998.
J'ai assisté aux comptes-rendus des travaux 1999 sur Gaucho (aidés par l'Europe). Bien qu'ils ne soient pas complètement terminés, les résultats ne sont pas en faveur de ce produit. Le Docteur Bonmatin du CNRS d'Orléans a même démontré qu'il y avait de l'imidaclopride dans le pollen, ce qui pourrait provoquer des mortalités larvaires.
Je reviens sur les articles parus dans le no 174 de La Santé de l'Abeille. En ce qui les concerne, ils sont de tous ordres, certains favorables à Gaucho et d'autres démontrant la toxicité du produit sur nos abeilles.
Comme me l'écrit un apiculteur à qui je demandais ce qu'il pensait de la publication de ces rapports scientifiques dans notre revue : Je crois que ces comptes-rendus d'expériences sont à prendre comme des informations et rien de plus. Et il ajoute : D'ailleurs, notre Santé de l'Abeille ne doit-elle pas être plutôt une revue d'information qu'un digest monolithique ?En conclusion : depuis que j'anime la FNOSAD, je n'ai pas hésité à mettre en garde sur la toxicité de Gaucho et autres pesticides que ce soit dans mes éditos ou dans mes rapports moraux. Loin de moi la pensée de remettre en question l'unité de l'Apiculture sur le problème Gaucho. La FNOSAD est partie prenante dans cette lutte tant morale que financière. Des articles sont souvent passés et je me souviens d'un, parmi d'autres, que le Président Degorce avait écrit et qui nous faisait réfléchir sur le danger de ces produits sur l'abeille, l'homme et l'environnement.
A bientôt à Brest.Jacques