|
La Loque américaine |
|
La loque américaine, connue aussi sous la dénomination de loque maligne, loque
gluante, loque puante, est une épizootie cosmopolite du couvain d'abeille.
Seules quelques régions du monde semblent indemnes comme l'Afrique subsaharienne
et l'Inde. Sa gravité (la loque américaine est sûrement la maladie du couvain la
plus dévastatrice), et par là même ses conséquences sur le cheptel apicole, ont
amené les pouvoirs publics à s'en protéger par l’établissement d'une sévère
législation.
La loque américaine est classée en France maladie réputée contagieuse, ce qui
oblige à déclaration (auprès de la Direction Départementale des Services
Vétérinaires et auprès du maire de la commune où se trouvent la ou les colonies
malades) et à l'application des mesures sanitaires.
Sur le plan européen, la loque américaine est une maladie à déclaration
obligatoire. C'est la seule maladie des abeilles qui est prise en compte lors
des échanges et des importations (Directives 92/65/CEE).
La loque américaine est placée sur la liste B2 de l'Office International des
épizooties (OIE).
La terminologie de loque provient du fait que, bien avant la connaissance de la
cause de la maladie :
• les apiculteurs retrouvaient leurs colonies mortes avec les rayons détruits
par la teigne, donc en loques,
• les larves perdaient leur forme, se détérioraient, tombaient aussi en loques.
D'après les écrits d'Aristote et de Pline, il semble que la loque américaine
soit connue depuis la plus haute Antiquité. Ces auteurs baptisèrent cette
affection rouille en raison de la couleur particulière des larves. Une relation
erronée qui perdura jusque dans les années 1900, fut alors faite avec
l’humidité, l'eau étant agent de la rouille.
Entre 1760 et 1780, on parle de rougeole (Abbé Tissin), de gluant (Della Rocca).
En 1769, le naturaliste Schirach, dans son Histoire des abeilles, attribua
différentes origines à la loque américaine : mauvaise ponte de la reine,
mauvaise position de la larve. Cependant, il édicta pour l'éliminer des
techniques mettant en cause un agent contaminant.
Les méthodes de lutte préconisées par Anton Janscha, apiculteur de l'impératrice
Marie-Thérèse d'Autriche (mettre les abeilles à l'état d'essaim, les laisser
jeûner, leur fournir un autre habitat) ne sont pas sans rappeler celles
préconisées actuellement.
C'est en 1885 que fut soupçonnée par Cheshire et Cheyne la nature bactérienne de
l'agent de la loque, ce que confirma White en 1904. En étudiant la maladie de
New York, auquel il donna le nom de loque américaine, ce chercheur mit en
évidence Bacillus brandeburgiensis, bacille qui porte actuellement le nom de
Paenibacillus larvae.
La loque américaine fut décrite par la suite en Allemagne par Zander, Maasen et
Borchert.
Avec l'aimable autorisation de la revue
![]() |
|
|
| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2004 |
Haut de la page |